On ne s'est pas déjà vu quelque part? [ft. Veena]

le 1/10/2017, 21:28

C'était un jour couvert et froid sur la capitale. Les nuages gris et épais s'étendaient à perte de vue et l'air venteux qui semblait déterminé à s’infiltrer à travers les vêtement nous donnait presque envie qu'il se mette à pleuvoir, ne serait-ce que pour nous donner une excuse pour nous mettre à l'abri de ce triste temps. Maussade, je resserrais mon col et ma capuche sur moi, pour préserver un peu de précieuse chaleur. Pas que nous ne sommes habitués aux variations de températures à Istus. Mais le froid de cette journée était inattendu et avait pris plusieurs par surprise, moi inclus.

J'aurais certainement bien moins frissonné ce jour-là, si je m'était paré d'une cape. Malgré son apparence humble, j'aurais bien apprécié qu'elle me couvre du vent. C'était d'ailleurs pour cette raison que j'étais dans les rues ce jour là: ma dernière parure avait récemment connu un sort funeste. J'allai donc vers le marché, en maudissant les aléas de mon métier. Pourquoi ne m'avait-on pas dit qu'il y aurait un chien de garde?! Encore heureux que ne soit que des vêtements qui n'aient été réduits en lambeaux...

Heureusement, tout n'était pas sombre. J'appréciais énormément d'observer les gens transis qui croisaient ma route. Tassés sur eux-même, frissonnants, de les voir ainsi les rendaient moins distants, plus humains. D'une certaine manière, cette vulnérabilité commune était particulièrement attirante, si l'on peut dure. J'en avais presque moins froid alors que j'arrivais enfin sur la place du marché. Je me suis donc aventuré parmi la foule en quête d'un tailleur, sans me douter que mes commissions ce jour-là ne seraient pas aussi banales que je m'y attendais...
Esteban
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le 3/10/2017, 19:08

Morose, Veena fixait les rues de Cerulis avec une mélancolie teintée de dégoût. Auparavant la capitale lui apparaissait comme un joyau brillant, faisait battre son coeur d’anticipation quand elle savait qu’elle allait en fouler les pavés. Sa tête tournait alors, ses yeux ne savaient où se fixer, avides de contempler les merveilles de la cité. Désormais la jeune fille voyait les ruelles grises, les mentons hautains que les nobles levaient pour ne pas voir ceux de plus basse extraction. L’or qui ornait les toits des plus belles demeures brillait insolemment quand le soleil brillait, mais les nuages et l’ondée qui s’écoulait sans discontinuer l’avaient terni. Istus était à l’image de sa capitale, un monde d’apparences.

Bien enveloppée dans sa cape d’un gris déprimant, la mage se frayait un chemin à travers la foule, se félicitant d’avoir choisi des vêtements modestes qui trompaient certainement sur son origine. Qui aurait pu la reconnaître ? Jeune noble auparavant qui ne se montrait que lors des réceptions guindées où elle ne brillait pas par son aisance mais plutôt pour sa discrétion et ses tenues sages, quoique toujours à la pointe de la mode ; elle était désormais une petite créature toute de gris et de noir vêtue, camaïeu à l’image de son humeur. Pourquoi se retrouvait-elle dans ce royaume si honni déjà ? Nul n’aurait su la contraindre à y retourner, si ce n’était l’homme à qui elle devait tout et qui la possédait corps et âme. Constantine lui avait demandé de récupérer pour lui quelques marchandises précieuses et elle avait obtempéré sans même chercher à discuter.

Fort heureusement, elle quitterait son pays de naissance le soir même, sa mission ici était terminée. Serré contre elle et bien emballé, elle ramenait à l’auberge un tome précieux qu’elle avait durement négocié avec un marchand peu enclin d’abord à le lui vendre à un prix décent. Son attitude avait vite changé lorsqu’il avait vu le sceau du roi marchand qu’elle lui avait alors agité sous le nez et le coût de l’objet convoité avait alors subitement baissé. Elle avait pourtant continué à négocier et était ressortie de la boutique avec un sourire satisfait et l’envie d’étudier ce précieux livre dès que l’occasion se présenterait. Avec ses acquisitions faites à Oghma, elle avait de quoi s’entraîner à botter les fesses des aventuriers dès qu’elle rentrerait à Trithereon. A la maison.

Toute entière à ses pensées, elle heurta soudainement un obstacle et tomba à la renverse dans un couinement de surprise suivi d’une litanie de jurons à faire pâlir un pilier de bar. C’était officiel : elle détestait Istus, elle détestait Cerulis et elle détestait les lundis.

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le 7/10/2017, 03:06

Je n'avais guère eu le temps de poursuivre longtemps ma quête. Au moment où je m'arrêtai devant un étal, je fus subitement bousculé. Ou plutôt, vu la tournure des choses, carrément percuté. En un éclair, je me retourné, l'une de mes mains ayant déjà trouvé la poignée de ma dague à ma ceinture, l'autre s'assurant que ma bourse se trouvait toujours à sa place-- je m'y était déjà fait prendre auparavant. Je ne trouvai cependant aucun ennemi, ni brute ni voleur. Ce sont son petit cri de surprise et ses exclamation colorées qui me révélèrent la jeune femme affalée au sol: visiblement bien moins lourde que moi, et d'une constitution modeste comparée à la mienne, l'impact qui m'avait seulement surpris l'avait visiblement projeté au sol. Je remarquai également tout de suite que ladite constitution, malgré les habits ternes et discrets qui la couvrait, était ma foi fort bien formée! Toujours galant, je me tirai de ce fâcheux incident avec un sourire invitant et un ton plaisant dont j'avais le secret.

-Milles excuses mademoiselle! Un instant, permettez-moi...

En fait, je me suis moi-même permis de l'aider, profitant de son étourdissement (elle venait d'être projeté au sol, après tout) pour me glisser lestement derrière elle, et la remettre sur pied aussi gracieusement que possible, en la hissant par l'épaule et la taille vers l'avant. La jeune femme même sur ses deux jambes, était nettement plus petite que moi. Avec ses cheveux violets éclatants qui s'échappaient de son capuchon, et ses yeux de la même couleur profonde, elle aurait pu facilement faire tourner les têtes si elle ne se dissimulait pas de la sorte. Je me doutais que ces yeux ravissants allaient possiblement lancer des éclairs, vu comment elle m'injuriait quelques secondes auparavant.

-Vous n'avez rien? Comment puis-je me faire pardonner?

J'était bien sûr intéressé, mais aussi plutôt intrigué. Bien des jolies et jeunes demoiselles sont timides, mais elles aiment tout de même se faire admirer, pas se faire cacher ainsi. C'est sans doute pour ça que je gardais hors de vue comme un as dans ma manche, le paquet, petit mais plutôt lourd pour sa taille, que j'avais ramassé au sol en secourant la demoiselle. Vraisemblablement, l'objet lui appartenait et lui avait échappé lors de l'incident.
Esteban
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le 15/10/2017, 15:43

« Milles excuses mademoiselle! Un instant, permettez-moi... » C’était bien sa veine. Ne pas se faire remarquer pendant tout son séjour et, le dernier jour, percuter un type qui surgissait de nulle part et... Veena se figea en sentant les mains de son interlocuteur se refermer sur sa taille et ses épaules. Comment était il passé derrière elle si vite ? La jeune fille n’aimait pas les contacts physiques, encore moins avec les inconnus et ce fut plus rapidement qu’il s’était glissé derrière elle qu’elle s’écarta de lui, le coeur battant à tout rompre sous l’effet d’une peur bien ancrée dans son esprit. Marmonnant un vague remerciement, elle se hâta de rabattre sa capuche sur sa tête, gardant les yeux obstinément baissés sur le sol, refusant de croiser le regard de l’homme. Il fallait qu’elle file d’ici au plus vite. Le royaume d’Istus la rendait nerveuse et elle se sentait perpétuellement en danger. Toujours sur ses gardes, elle était comme un chat acculé qui montrait les griffes en feulant : il suffirait d’une étincelle pour qu’elle mette le feu à la ville et fixe le brasier dévorer ses habitants en riant comme une démente.

« Vous n'avez rien ? Comment puis-je me faire pardonner ? » La voix de l’homme la sortit de ses pensées qui commençaient à dériver dangereusement vers un fantasme d’annihilation pur et simple, et elle sursauta, revenant à la réalité. « Oui, non. Pardon, désolée. » bredouilla-t-elle en regardant les alentours pour voir si elle n’avait pas trop attiré l’attention. A sa grande surprise, les gens continuaient leur chemin sans les regarder, trop occupés à se mettre à l’abri pour échapper au froid. Bénissant la météo maussade et le vent cinglant, Veena se détendit suffisamment pour se rappeler. « Mon livre ! » A nouveau paniquée, elle regarda autour d’elle nerveusement à la recherche du paquet lâché pendant sa chute. « Oh non. Oh non non non non non ! » Où était-il ? Elle ne l’avait pourtant pas lancé à l’autre bout de la rue ! Complètement perdue, elle reporta son attention sur l’homme et le dévisagea d’un air de total désespoir. Et se figea à nouveau. Il lui disait quelque chose. Mais quoi ?

« Est-ce que... » Est-ce qu’on se connaît ? Non, ne pas poser la question, c’était dangereux. Elle devait lui demander autre chose. Quoi déjà ? Veena ne réagissait pas très bien soumise à la pression. Soit elle paniquait complètement et finissait par s’enfuir, le plus souvent. Soit elle prenait une très mauvaise décision qui consistait la plupart du temps à balancer une boule de feu pour faire diversion et se laissait happer par de curieux instincts destructeurs. Fort heureusement pour l’inconnu, elle semblait aujourd’hui plus encline à la panique et à la fuite. « Est-ce que vous... » Elle inspira profondément pour essayer de se calmer. « ... avez vu mon livre ? J’avais un paquet avec moi quand vous... » Elle se corrigea rapidement. « ... quand je vous ai percuté. » Elle repasserait pour l’éloquence dont elle était désormais cruellement privée. Décidément, elle détestait Istus.

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le 28/10/2017, 06:02

À peine la jeune femme s'était rétabli du choc, qu'elle dissimulait à nouveau son doux minois et sa chevelure améthyste sous son capuchon, tentant clairement d'éviter l'attention. Cela m'amusait un instant. Ce genre de comportement était certes utile pour se fondre dans les sombres décors, mais parmi une foule détendue, le contraste de ce comportement avait l'effet inverse à un œil averti. De plus, ainsi couverte, il n'est guère surprenant qu'elle ne finisse par foncer sur quelqu'un! Visiblement désireuse de se faire oublier, elle s'apprêtait à sans doute s'efforcer de disparaître dans la masse quand, sous l'effet d'une réalisation soudaine, elle fut prise de panique.

Après avoir cherché frénétiquement autour d'elle un moment, l'inconnue se retourna de nouveau vers moi, désemparée. Elle semblait surtout confuse; si je n'avais pas eu l'objet qu'elle cherchait si avidement, j'aurais été inquiet que sa chute ne l'ait ébranlée plus que je ne l'aurait d'abord cru. À court de solution immédiate, elle se résolut à me demander son aide. Mais clairement, ce n'était pas le genre de choses auxquelles elle semblait avoir l'habitude de se prêter:

« Est-ce que vous... » Elle inspira profondément pour essayer de se calmer. « ... avez vu mon livre ? J’avais un paquet avec moi quand vous... » Elle se corrigea rapidement. « ... quand je vous ai percuté. »

Je me prêtai au jeu. Si j'avais voulu mettre carte sur tables, je lui aurais probablement répondu avec un sourire espiègle en coin, presque narquois, pour lui faire bien comprendre que je l'avais pincée. Cependant, je n'avais guère "pincé" qui que ce soit pour l'instant: rien ne me prouvais que le comportement de la jeune femme était effectivement suspect, et je n'avais guère envie de me trouver à tourmenter une bibliothécaire particulièrement timide... Ainsi, c'est avec un air un peu soucieux que je lui répondis:

-Ah, c'est un livre? Je l'ai trouvé par terre, mais je n'étais pas sûr s'il était bien à vous. Pardon de vous avoir fait peur ainsi.

Bien sûr, je me doutais bien que c'était un livre: avec ce volume et cette masse, je ne sais trop ce que ce colis aurait pu contenir d'autre. Je révélai à sa vue le fameux paquet, et fit d'abord mine de lui tendre. Cependant, je pensai à quelque chose, et retint plutôt l'objet près de moi.

-Ce livre, il semble très important, non? Et porté par une jolie demoiselle qui se cache, et rôde dans des habits sombres, c'est louche... À se demander si ce tome ne serait pas... dangereux?

N'importe quel idiot saurait à ce stade que, effectivement, le contenu de ce paquet est vitale pour mon interlocutrice, mais ça peut être pour diverses raisons. J'emploie le terme "tome" qui désigne justement n'importe quel volume de cette taille, mais dont la connotation avec un grimoire de magie pourrait être alarmante si je visais juste. En gros, donc: je devinais complètement! Je comprenais rapidement que la demoiselle n'était guère rodée aux jeux d'intrigue; si je voyais juste, sa réaction allait me l'apprendre.

J'attendis un moment pour lui faire un peu peur avec mes insinuations, mais pas assez pour lui donner le temps de paniquer. Avec, malgré moi, ce sourire narquois que je n'avais pu réprimer, j'ajoutai donc:

-Je devrais peut-être le tenir un moment, ce serait plus sûr. Vous permettez que je vous accompagne? Je pourrais peut-être apprendre à vous connaître... ou même vous apprendre à mieux disparaître dans une foule!

Eh oui! Je n'allais tout de même pas rencontrer cette belle créature sans lui tenir compagnie, tout de même! Je suis au service du peuple, après tout. Mais il me faut davantage de temps pour savoir si cette demoiselle doit être finalement aidée... ou interceptée.
Esteban
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le 4/11/2017, 23:43

Paniquée, Veena était littéralement paniquée. Hésitant entre plusieurs options, elle ne savait pas laquelle choisir. Premier choix : partir en courant dans n’importe quelle direction en priant Trithereon que ce type hautement suspect ne la poursuive pas. Seconde option : balancer un bon coup de pied dans les bijoux de famille du suspect puis enchaîner avec une boule de feu et pourquoi pas mettre le feu à la ville pour faire bonne mesure. Troisième option enfin : se mettre à pleurer, s’évanouir, et pour finir tomber dans un coma dont elle ne se réveillerait jamais, voilà. Aucune n’était la solution, mais pour tout avouer, la jeune fille ne gérait vraiment pas très bien la pression, surtout dans son royaume de naissance. Et puis elle ne pouvait pas partir sans son livre.

« Ah, c'est un livre? Je l'ai trouvé par terre, mais je n'étais pas sûr s'il était bien à vous. Pardon de vous avoir fait peur ainsi. » Voyant que l’homme lui tendait son précieux paquet, Veena se détendit légèrement et s’approcha un peu, mais recula bien vite en voyant qu’il le gardait. « Ce livre, il semble très important, non? Et porté par une jolie demoiselle qui se cache, et rôde dans des habits sombres, c'est louche... À se demander si ce tome ne serait pas... dangereux? » La jeune fille ouvrit de grands yeux où pouvaient se lire aussi bien la surprise qu’une peur bien plus sournoise. Oh le... comment osait-il insinuer que... Si son premier réflexe aurait été de se mettre en colère, de gifler le vil coquin en criant « MECREAAAAAAANT », elle n’en fit pourtant rien, se contentant d’être scandalisée en silence et visiblement épouvantée.

Oui, elle devait s’enfuir maintenant, tout de suite, immédiatement. Avec un peu de chance, si elle se mettait à crier au pervers quelques bonnes âmes viendraient à sa rescousse et... Elle ne pouvait pas partir sans son bien. Si elle revenait sans ce tome, Constantine serait déçu, il ne lui ferait plus confiance et il la détesterait... « C... comment osez-vous... » De grosses larmes roulaient désormais sur les joues de la petite mage qui tentait à grand peine de les retenir, sans succès. Mais au moins fixait-elle désormais son interlocuteur dans les yeux, ses petits poings serrés alors que ses épaules tressautaient pour ponctuer ses sanglots. La simple pensée que l’homme qui lui avait sauvé la vie en arrive à la détester avait fait sauter tous ses barrages. Elle ne voulait pas, elle ne pouvait pas le décevoir ! Elle devait récupérer son bien et retourner à Trithereon pour lui apporter ses trouvailles ! Elle devait se montrer digne de la guilde des marchands, quand bien même un goujat osait s’en prendre à elle, si petite, si adorable et si innocente !

« J... j... je ne rôdais p... pas ! Je rentrais à... à... » Un nouveau sanglot la secoua et elle essuya ses yeux d’un geste rageur. « Et puis ce tome n’est pas d... dangereux ! Calomniateur ! Cuistre ! » Pour autant, même si ledit ouvrage contenait surtout des sorts de soin, lointain rappel de la valkyrie qu’elle aurait dû devenir, Veena savait parfaitement que n’importe quel sort pouvait être détourné. Et que si ça ne marchait pas, un bouquin de plusieurs kilos balancé en pleine face pouvait facilement casser un nez si on visait bien et suffisamment fort. « Je devrais peut-être le tenir un moment, ce serait plus sûr. Vous permettez que je vous accompagne? Je pourrais peut-être apprendre à vous connaître... ou même vous apprendre à mieux disparaître dans une foule ! »

La petite mage recula précipitamment, méfiante et la gorge nouée. Et voilà, des propositions indécentes en plus ! Cette fois, la peur se teinta de colère et de révolte. Absolument scandalisée, elle se planta face à son interlocuteur et pointa sur lui un index accusateur. « COMMENT OSEZ VOUS ! Pour commencer ce tome m’est précieux parce que j’ai eu du mal à le trouver et que je dois l’apporter à mon maître ! Ensuite je ne rôde pas ! Je ne suis pas une criminelle comme vous semblez le penser ! Et enfin je ne veux pas apprendre à connaître un vil coquin qui s’en prend à une jeune fille innocente ! VOUS DEVRIEZ AVOIR HONTE DE VOUS ! »

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le 12/11/2017, 22:17

Bon d'accord, je suis allé un peu trop loin. Vous vous demandez sûrement ce qui a bien pu me prendre de la pousser à bout comme ça. Honnêtement, je n'avais pas vu sous son capuchon qu'elle était aux larmes la pauvre. C'aurait pu être une boutade sans grande conséquences, mais j'étais tombé sur la mauvaise cible pour cela. Dans ces cas-là, on s'excuse bien gentiment, et on arrête d'embêter la demoiselle.

Malheureusement, comme je disais, je ne m'était pas rendu compte que j'étais en train de me comporter en odieux personnage. La jeune femme explosa donc en un flot injures et de justifications. Au moins j'avais raison sur un point: elle n'avait pas l'habitude des intrigues, et encore moins de subir un interrogatoire. Par contre, sur le reste, j'avais tout faux. Après, c'est un peu ma tâche de soupçonner ce genre de coup fourré. D'ailleurs, ce serait pas une si mauvaise idée d'utiliser des filles mignonnes comme messagères secrètes... À ce moment précis par contre, j'était loin d'avoir la tête à révolutionner le transfert d'information, puisque je me faisait haineusement traiter de... vil coquin? Sérieusement? On ne m'avait pas balancé d'insultes aussi faibles avec autant de hargne depuis que j'ai rencontré...

...Veena?

Je plissai les yeux, tant pour me concentrer que pour observer mon interlocutrice. J'avais échappé son nom sur le coup de la surprise, mais maintenant que j'y prêtait attention, c'est vrai qu'elle aurait l'air de cette jeune fille, que j'ai rencontré une fois, aurait maintenant... et probablement le même âge, d'ailleurs. La seule différence réelle que je pouvais imaginer, c'est que Veena n'avait pas les cheveux violets. ...Existe-t-il un sort pour atteindre cet effet? Den toute façon, entre ma surprise et l'assaut verbal que j'avais subi, je ne pouvais faire grand choses, surtout que les yeux autour commençaient à se tourner vers nous. S'agissait-il de la même jeune femme? Je me souvenais très bien de notre première rencontre...

Quelques années plus tôt...

L'Ombre a un rite de passage avant d'atteindre le dernier niveau de formation des recrues. Ceux-ci sont lâchés dans un quartier de la ville, et doivent intercepter l'un des autres concurrents, sans se faire intercepter à son tour. Les cibles sont mélangées, au point où l'un d'entre eux peut être poursuivi par plusieurs, ou par personne... Mais bien sûr, le vrai but n'est pas d'éviter de se faire prendre, et plutôt de démontrer son savoir-faire, face à des adversaire d'un niveau similaire.

À cette époque, une mode avait apparu chez les familles les plus riches. Plusieurs qui en avaient les moyens, et d'autres qui voulaient faire semblant de les avoir, s'installaient des fenêtres... sur le toit! Les grandes baies vitrées, parfois même posées avec des carreaux, ou chez les plus richissimes, en forme de rosace pour se la péter, permettaient de s'éclairer avec le soleil, et d'admirer les étoiles la nuit, sans le confort et l'intimité de s'asseoir sur un coin de toit. À quoi bon, me direz-vous, mais qui sait ce qui passe dans la tête des nobliaux?

J'était donc en plein milieu de mon épreuve, sur le toit d'une telle maison tentant de couvrir le plus de terrain possible, quand mon pied s'est retrouvé pris dans l'anneau d'une corde laissée là. Et bien sûr, puisqu'il fallait que je tombe, autant tomber sur une grande vitre, qui ne supporterait pas l'impact! Et c'est ainsi que je me retrouvai étendu par terre dans la vitre brisée, dans un appartement privé, d'un gout douteux, mais clairement dispendieux. En un mot, dans le pétrin.
Esteban
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