Une compagnie autre qu'un verre de vin. [Pv. Azel]

le 21/11/2017, 02:32

Azel & Victorica
Une compagnie autre qu'un verre de vin.
Elle n’était pas à sa place dans cette soirée, voilà ce qu’elle croyait. Victorica regardait chaque personne passer, les groupes se former, les nobles parler entre eux. On lui avait fait une coiffure pour se mêler à eux sans soucis, et autant dire que celle-ci lui avait semblait douloureuse et peu pratique les premières minutes qu’elle la porta. Ses vêtements avaient été choisis avec soins par les servantes sous les directives de sa sœur. C’est ainsi qu’elle se sentie affublée d’un costume « ridicule » selon ses mots. Une robe rouge et blanche aux brodures d’or. Alors qu’elle se voyait dans le miroir, elle ne pouvait s’empêcher de détourner le regard, rougissante de gêne. Cependant, elle mit cela sur le compte de ce corset bien trop serré, ou de la teinte rouge pétante de son habit… Et sûrement pas du fait qu’elle se surprenait à se trouver elle-même jolie, ce qui devait être une bien belle erreur selon elle.

Et voilà comment elle était arrivée à cette soirée où elle avait été invitée. Un noble, ancien soldat du régiment d’infanterie maintenant sur le banc de touche qui souhaitait faire des festivités pour la naissance de son petit fils. On lui avait dit que refuser l’invitation serait mal vue, ce qui la poussa à se déplacer vers cet endroit en trainant les pieds. Les talons n’étaient décidément pas les chaussures les plus confortables et elle troquerait ces derniers contre des jambières sans hésiter. Beaucoup des hommes présents vinrent la complimenter non sans être intéressés par une potentielle propulsion dans la hiérarchie de l’armée, pariant bien plus sur leurs courbettes que sur leurs talents, chose qu’elle ne supportait pas. Elle-même venait de ce « gratin » de Pallas mais n’avait connu aucun traitement de faveur, c’était même tout le contraire. La jeune femme semblait bien plus comprendre ses soldats d’origine plus modeste qui avaient dû améliorer leurs talents à l’épée pour survivre et protéger les leurs qui ne pouvaient le faire eux-même que certains de ces prétentieux qui pensaient que se vanter avec un morceau de métal entre les mains suffirait à faire d’eux des officiers compétents au sein de son régiment.

D’un autre côté, il y avait des spécimens qui l’intéressaient encore moins : les commères. En effet, elle le savait, de nombreuses femmes de la haute-société ne voyaient pas d’un bon œil leurs homologues guerrières. Ce n’était pas forcément le cas de tout le monde, loin de là, mais certaines semblaient sous-entendre qu’il était impossible qu’une aussi jeune femme ait pu gravir les échelons de l’armée sans « payer de sa personne », et d’autres sous-entendus tout aussi mesquins et graveleux. Pour Victorica, ces femmes ne valaient pas plus que la moindre de leur parure sur un champ de bataille : rien. Elles n’étaient rien et beuglaient pour se sentir exister, espérant piétiner les autres car cela leur semblait plus simple que d’essayer de s’élever elles-mêmes par leur talent, chose dont elles devaient cruellement manquer au vu de la piètre qualité de leurs insinuations.

« Un peu plus et on atteindrait le niveau des blagues grivoises de la taverne de Venbell… » Lança-t-elle machinalement, comme pour se parler seule alors même qu’elle pensait ne pas être dérangée dans l’arrière-cour. Elle espérait simplement se calmer, oublier qu’elle était là par principe, un verre d’alcool à la main. Un vin venant d’Istus, selon les dires. Après tout, leur climat était bien plus accueillant pour les vignerons que celui de Pallas, c’était une chose qu’on ne pouvait pas leur enlever. Cette simple constatation lui rappela le souvenir d’un « vin » offert par un villageois Pallassien qui avait voulu offrir une bouteille à la générale qui était venue avec sa troupe débarrasser le coin de quelques raclures. Elle l’avait bu par politesse mais… Elle n’arrivait toujours pas à savoir si cela devait être du vin ou du vinaigre tellement ce goût lui avait laissé sur le visage une grimace affreuse pendant des jours à son simple souvenir. Ce petit souvenir laissa filer sur son visage un sourire presque nostalgique alors qu’elle regardait son verre. Là, maintenant, elle troquerait tout ce beau monde pour reprendre une gorgée de ce vinaigre chez elle, plutôt que d’être ici avec ce vin doux et cet accoutrement qui la laissait démunie. De son point de vue de soldat, la robe était bien trop ample et le corset bien trop serré pour pouvoir bouger correctement, les talons étaient une simple torture et son épée absente lui manquait que trop, mais voilà… C’était la convention et il fallait faire avec. Elle n’espérait qu’une chose, qu’on ne vienne pas lui parler… Et surtout pas l’une de ces cruches qu’elle se retenait d’encastrer dans un mur sous peine de faire un scandale.


Robe portée par Victorica lors de la soirée.
Victorica
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