Marhilou, ou l'excellence dans la médiocrité

le 14/12/2017, 14:21

Marhilou



Surnom / Titre Mazhilla-Constenzilla Rihillac de la Loubrevoise, alias Marhilou ou Lou pour les intimes
Âge 20 ans
Sexe Femme 
Orientation sexuelle Non définie
Corpulence Pas bien grande ( en dessous du mètre cinquante ), de constitution assez fragile
Signe(s) distinctif(s) Son chapeau de bouffon
Royaume & monde d'origine Gaïa, Oghma
Fonction Pire élève de l'académie de magie
Classe Villageois
Source de l'avatar Magilou, Tales of Berseria
Compétences

-... et c'est pourquoi les capacités d'hybridation des laguz ne peuvent, en théorie, se transmettre à la race humaine de façon naturellement héréditaire ( le procédé d'hybridation artificielle par intervention arcanique étant encore en étude ), du moins selon la théorie de Dar'huin, qui commence quelque peu à dater cela dit. Les débats arcano-biologiques se font d'ailleurs assez vivaces vis-à-vis de cette question depuis deux ans, quant à la possibilité d'une éventuelle incompatibilité totale de la physionomie humaine et des qualités polymorphiques des corps hybrides. Cependant les Marqués posent problème dans le raisonnement des nouvelles théories révisionnistes. Si les enfants de laguz et d'humains perdent à la naissance leurs attributs polymorphiques, il n'en demeure pas moins que leurs corps assimilent indéniablement une part de l'héritage biologique du parent laguz, d'où une masse musculaire plus développée et des sens plus aiguisés, presque bestiaux, ce qui tends à démontrer que laguz et humains ne sont pas diamétralement incompatibles génétiquement. Sinon ils ne pourraient tout simplement pas avoir d'enfants. Le champ d'étude reste donc large sur cette question, et je vous engage à vous pencher dessus en détail en consultant les ouvrages de votre bibliographie. D'ailleurs, qui ne l'a pas encore ?

C'est sans grand entrain qu'une quinzaine de paumes se levèrent mollement dans l'amphithéâtre, accablées par l'ennui et la fatigue. L'enthousiasme général était accompagné des murmures constants des bavardages des dernières rangées, de bâillements épars et d'un éternuement particulièrement sonore que personne ne prit la peine de relever. A dire vrai, personne n'écoutait véritablement le vieux Pass'ther, éminent professeur de biologie universellement reconnu pour avoir mis au point une demi-douzaine de vaccins contre les maladies touchant canidés, équidés et bovins. Véritable héros des terroirs et des éleveurs désargentés, Pass'ther faisait partie de ce qu'on pouvait qualifier de la crème de la crème des instituteurs de l'académie de magie, du moins si la crème avait sacrément tournée. Presque aussi affable que soporifique, il attirait autant la sympathie que l'exaspération des élèves : on l'aimait pour son caractère aimable, et l’exécrait pour sa complète nullité pédagogique et son enseignement d'arrière-garde, qui faisait déjà ses vieux os au siècle précédent. Mais à Oghma, gérontocratie notoire, les rides étaient autant de distinctions régaliennes qui donnaient aux plus âgés libre accès aux positions les plus importantes, et ce quelque soit leur degré d'excellence ou de mérite. C'est ainsi que Pass'ther, malgré son talent et ses compétences somme toutes relatives s'était retrouvé codirecteur du département d’Études Biologiques et Naturelles de l'Académie, ce qui lui assurait une chaire à vie, un fort beau salaire et aussi le droit et devoir de prodiguer quarante-cinq heures de cours aux élèves de première année d'études supérieures arcaniques, et ce sans aucune formation pédagogique de la part de l'Institut de Formation au Professorat Magique. En bref, il était devenu professeur sans avoir vu un seul élève de près en plus de cinquante-huit ans de carrière. La rumeur étudiante racontait qu'un jour, sur son lit de mort, le Sénat lui proposerait sûrement une place d'honneur pour le seul mérite d'avoir encore plus vieilli malgré ses quatre-vingt-dix ans révolus et sa santé absolument épouvantable, si l'on en croyait ses concerts de toux très fréquents.

-Quinze … seize … dix-sept. Dix-sept copies, marmonna Pass'ther, plissant les yeux pour essayer d'y voir mieux en rehaussant ses petites lunettes. Bien ! J'en ai assez. Que quelqu'un les distribue, s'il vous plaît.

Un petit rire mesquin traversa la pièce. Quelqu'un, dans ce cours, dans cette classe et dans cette promotion d'étudiants, ce n'était pas n'importe qui. Quelqu'un, c'était une personne en particulier, et pas des moindres. Trois redoublements, le double d'échecs successifs aux examens partiels de premier niveau, un maximum effroyable de quatre de moyenne et surtout une absence totale du moindre talent en matière de magie. La plus médiocre, la moins douée et la plus raillée des étudiantes ; véritable légende urbaine du campus universitaire ; la triplante en passe d'être quadruplante ; l'échec total et la très non-diplômée Mazhilla-Constenzilla Rihillac de la Loubrevoise, alias Marhilou, alias Lou, alias La pire des pires. « Nulle » ne suffisait en rien à la qualifier. Après tout, nul est synonyme de zéro. Non, ses compétences d'élève étaient bien plus basses que cela, dans le négatif le plus total sur une échelle purement mathématique. Personne ne savait pourquoi elle était là, et son admission à l'académie de magie tenait du mystère le plus complet. Elle y serait entrée soit par piston, soit par miracle, et écumait désormais les bancs de la prestigieuse école en tant qu'éternelle élève de première année des études académiques arcaniques, sans avoir passé, semblait-t-il, les examens d'apprentissage élémentaires aux écoles de magies pour mineurs et jeunes adultes. On la disait fille de noble, d'où son nom à coucher dehors, ou d'origine bien plus modeste, d'où son niveau complètement risible. Elle vivait des bourses accordées aux étudiants en difficulté, créchait dans les dortoirs de l'académie et passait le plus clair de son temps à somnoler en cours, mais sans jamais les sécher. Son assiduité était d'ailleurs fort remarquable, et on s'étonnait de la voir aussi souvent en classe tant elle allait de déboires en déboires, comme une véritable conquérante de l'échec scolaire enchaînant victoire sur victoire. Elle ne causait en classe que fort peu de soucis, ce qui expliquait pourquoi en général les professeurs l'avaient à la bonne. Et c'était le cas de ce bon vieux Pass'ther, qui adorait l'utiliser pour distribuer des copies dans son amphithéâtre poussiéreux. Après tout, c'était la seule chose dans laquelle elle excellait ( mise à part être mauvaise sur tout les points ) !

C'est donc tout naturellement que Mazhilla-Constenzilla Rihillac de la Loubrevoise se leva de son pupitre avec grande dignité, imprégnée de la majesté propre aux cancres, ignorant les quelques ricanements qui venaient saluer son noble service rendu. Elle en avait l'habitude. Elle passa rapidement entre les rangées, sa ceinture cliquetant au rythme de ses pas, son chapeau tape-à-l’œil remuant de droite à gauche à chacun de ses mouvements de manière quasi-hypnotique. Entre tous les élèves engoncés dans leurs robes ternes et retranchés derrières leurs lunettes opaques, Marhilou se démarquait indiscutablement. Manches bouffantes, col ceint de plumes d'autruche, couvre-chef de bouffon, les hanches encerclées de bouquins et jambes et torse recouverts d'un ensemble multicolore absolument chaotique, tiraillé entre le noir, le rose, le rouge et le violet, Marhilou ressemblait à un jeu de tarot ambulant, qui aurait été mal colorié par un enfant amateur de couleurs vives. A côté d'elle, n'importe quel bouffon de la cour paraissait être vêtu sobrement. Cette tenue lui venait d'un bizutage de ses débuts de deuxième année, où l'on avait mis sur son lit son chapeau de bouffon, comme pour lui signifier qu'elle était à la fois l'idiote et la comique de service, et que tout le monde se moquait d'elle. Depuis, elle ne s'en séparait jamais et s'était habillée en conséquence, comme pour prouver aux autres élèves qu'elle ne se laissait pas atteindre par de si basses moqueries, ou bien alors pour constamment se rappeler de ses échecs scolaires passés et à venir. Cette preuve de détermination ( ou bien d'autoflagellation ) n'avait en rien impressionné ses camarades, qui continuaient à se moquer allégrement de sa personne, comme en témoignait les petites piques qu'on lui lançait pour l'accompagner dans sa descente vers le bureau du professeur.

De petite taille, Marhilou mit presque une minute complète à parcourir l'ensemble de l'amphithéâtre pour parvenir jusqu'à la chaire de Pass'ther. Ce dernier, qui bredouillait quelque chose dans son épaisse barbe, lui tendit un gigantesque paquet de copies. Il s'agissait, en plus des dix-sept bibliographies supplémentaires, des corrigés du contrôle de biologie sur les manakete passé la semaine dernière. Le sang de Marhilou ne fit qu'un tour, et elle ne put qu'avaler sa salive péniblement, sachant ce qui l'attendait. Elle se saisit lentement du colis, frémit un instant, puis commença son office de distributrice de service. Très abruptement, les rires cessèrent à la vue des corrigés. Tout le monde allait passer un sale quart d'heure.


Caractère & anecdotes

Mieux que la dernière fois, sans doute. Elle avait l'habitude de jeter tous ses mauvais contrôles, si bien qu'elle n'en avait plus aucun en sa possession. Marhilou roula sa copie en boule, la jeta dans un coin du dortoir et s'affala sur son lit. Bientôt, un autre semestre de fini, avec une moyenne incroyable de trois et demi. Elle soupira, s'étira, soupira à nouveau puis contempla le plafond. Demain, elle aurait vingt ans révolu. Probablement le seul vingt qu'elle aurait de toute sa vie, par ailleurs. Tout cela lui faisait une belle jambe. On l'avait propulsée ici avec tous les espoirs de la famille sur ses épaules, et trois ans après le sacrifice financier que furent les frais d'inscription pour ses pauvres parents, elle n'arrivait qu'à grand peine à subsister à ses besoins. Tout cela grâce au gîte offert et aux bourses accordées par l'académie aux élèves en difficulté. Et en difficulté, elle l'était, pour sûr. Autant en moyens que dans sa scolarité.

Pourtant, de toute sa famille, elle était celle qui avait su lire, écrire et compter avant tout le monde ! Ah, n'était-elle alors pas au sommet de sa gloire, lorsqu'elle récitait l'alphabet devant les yeux ébahis de ses sœurs du haut de ses quatre ans ? Une vraie petite érudite ! Elle avait beau être la plus nulle de l'académie ; elle au moins avait pu y aller, contrairement à Magelleza-Laurenzilla qui s'était retrouvée blanchisseuse de linge dans les bas-fonds, et Murizella-Orthenzilla qui s'était reconvertie dans le banditisme pur et simple ! Ah, les hontes de la famille, ces deux-là … Mais pouvait-elle affirmer qu'elle-même était la fierté des Rihillac de la Loubrevoise ? Non. Sûrement pas. Marhilou soupira de plus belle. Demain, ses parents lui souhaiterait bon anniversaire. Alors elle devrait les remercier, leur mentir sur ses résultats, leur assurer que tout va bien et inventer des cours de quatrième année qu'elle ne connaissait en rien pour perpétuer le mensonge de sa réussite scolaire, créée de toute pièce. Elle ne pouvait faire autrement qu'affabuler son père et sa mère. Elle n'avait pas le droit de les décevoir. L'on avait fondé tant d'espoirs sur elle, elle ne saurait se permettre d'être une enfant médiocre là où tout le monde l'avait encensée comme le potentiel rai de lumière laissant entrevoir un futur radieux pour la famille. Non. Jamais ils ne devaient savoir la vérité, cela les détruirait.

La porte du dortoir grinça, annonçant l'intrusion immédiate d'une étudiante dans le cocon d'intimité de Marhilou. Immédiatement, la cancre se redressa, se mit les mains derrière la tête et sifflota faussement en fermant les yeux, mimant une apparente bonne humeur qu'on lui attribuait comme coutumière dans toute l'académie. Peu d'étudiants pouvaient se targuer de l'avoir vue abattue par ses résultats médiocres ( ou même par quoique ce soit d'autre ), elle se faisait une fierté personnelle d'avoir toujours un sourire en coin mauvais, plein d'arrogance feinte, et une pique acérée en réserve à quiconque oserait remettre en doute la légitimité de sa présence à l'école de magie. Cela ne manquait pas d'agacer les premiers de la classe, qui se trouvaient être les principaux responsables des brimades, bizutages et sévères moqueries à son encontre. Elle était La pire des pires, la plus nulle de toutes, après tout. Mais jamais elle ne se laisserait se faire marcher sur les pieds par des petites génies gâtés par une science infuse, ça non ! Que la vie semblait douce pour ces derniers, eux qui avaient une moyenne à deux chiffres décimaux ! Ils ne connaissaient rien de la douleur de l'échec ou de la médiocrité, de la pitié que l'on inspirait quand l'on était le plus misérable de tous, du regard moqueur et hautain des gens à la simple énonciation de votre nom. Elle valait bien mieux qu'eux, sans aucun doute !

-Oh, tu es déjà là ? Tu n'avais pas un cours de géographie, toi ? Demanda maussadement la nouvelle venue, une énième fille à lunettes dont Marhilou avait entièrement oublié le nom tant elle n'était en rien remarquable ( mais qui ne respirait ni la bonne humeur, ni la sympathie ).

-L'enseignant s'est défaussé à la dernière minute. M'est avis que cela est pour le mieux, la géographie étant d'un inconditionnel barbant et d'une utilité somme toute très relative. N'importe qui peut retenir une carte, ohohoh !

Elle se lança dans son habituel rire sonore, empreint d'une assurance totalement orchestrée.

-Ah oui ? Lui lança son interlocutrice d'un air un peu mauvais, comme agacée des éclats faussement joyeux de sa camarade. Capitale de Terra ?

-... Terraville ?

Le silence qui suivit fut plus éloquent que n'importe quelle réprimande. L'étudiante haussa les épaules, eu un petit sourire satisfait ( contente qu'elle était de confirmer la nullité de Marhilou ), puis défit son sac dont elle sorti une légion de cahiers, calepins, livres et copies dans le désordre le plus total. Marhilou continua de siffler d'un air faux, jouant maintenant avec son pied en le faisant balancer au rythme de sa petite cacophonie labiale. Puis elle s'arrêta, bailla très bruyamment, et recommença de plus belle, dans le seul but d'énerver sa colocataire ( vexée qu'elle était d'avoir été ridiculisée ). Cette dernière fronça les sourcils, grommela une quelconque insulte, et continua de déblayer la paperasse qui occupait toute son attention. Elle se saisit au hasard d'un petit tract au fond de son sac. Et soudain, son expression faciale passa de l'agacement à une grande pitié. Marhilou n'en prit tout d'abord pas compte, puis cessa de s'agiter, comprenant que l'ambiance de la pièce venait de passer de la chamaillerie badine à quelque chose de plus grave.

-Lou …

-Hmmm ? Marhilou écarquilla quelque peu les yeux : peu de gens l'appelaient ainsi ( bien que toute l'académie ou presque était au courant de ses sobriquets ). Cela ne laissait présager rien de bon.

-Tu sais, je te déteste pas vraiment, hein, je … enfin …

Oulah. Qu'est ce que ça voulait di-

-Désolée de t'apprendre ça …

L'étudiante lui lança mollement le tract, que Marhilou rattrapa au vol de ses doigts de pieds ( avec une habileté qui l'étonna elle-même ). Puis elle le lit, d'abord en diagonale et sans y porter grand intérêt. Puis elle récidiva une deuxième, troisième et quatrième fois, jusqu'à prêter attention à chaque mot formulé.

« Nouvelles conditions d'admission aux aides financières des élèves en difficulté ».


Histoire

-Je conteste ! Il vous est tout à fait prohibé de m'écarter de l'académie sans motif valable, ce que vous faîtes tiens purement et simplement du crime ! Protestait-elle sans fin.

-Mademoiselle de la Loubrevoise, écoutez-moi quelques inst-

-Mademoiselle Rihillac de la Loubrevoise !

-Mademoiselle. Écoutez-moi, disais-je, quelques instants. Ce n'est pas moi qui suis responsable des nouvelles procédures d'admission, allez vous plaindre au rectorat ou au secrétariat d'aide aux bourses. Je suis conseiller pédagogique, pas administra-

-Je vous informe, Monsieur, que je me suis déjà dépêchée auprès du rectorat, qui m'a renvoyée à votre bureau pour m'enquérir d'un formulaire d'admission.

C'était, évidemment, un gigantesque mensonge.

-Un formulaire ? Lequel ?

-... Le formulaire A37.

-... Le A38, plutôt ?

-C'est cela même !

-Vous avez donc besoin de l'autorisation pour parquer votre wyvern aux écuries, Mademoiselle ?

-É-é-écoutez, peu m'importe les procédures ! Ce serait grande erreur que de me renvoyer, je représente l'âme de cette académie ! Tout le monde m'y adore !

Le gratte-papier qui lui faisait face semblait énormément en douter. Petit, rabougri, voûté sur un vieux parchemin sur lequel il ruinait ses yeux déjà à moitié attaqués par la cataracte, le conseiller pédagogique des premières années d'études supérieures s'adossa sur son siège et tira une moue contrariée. Ces quelques trente secondes d'entretien avec Marhilou l'avait déjà épuisé, tant elle était insistante. Elle braillait, s'agitait, argumentait faussement et surtout refusait de quitter la pièce tant qu'elle n'aurait pas d'explication claire quant à son potentiel renvoi. Le vieil homme soupira. Qu'est ce qu'il y pouvait, lui, à propos de cette réforme ? Elle avait été votée par le Sénat, à la quasi-unanimité, pour assurer l'excellence de l'académie de magie. Tout élève déficient ou redoublant récidiviste ( manière alambiquée du jargon sénatorial pour désigner un triplant ) qui ne validait pas un seul de ses semestres au cours de sa troisième année se verrait être exempté du régime spécial d'aide aux élèves en difficulté, pour des raisons économiques et de restriction du budget alloué aux bourses. On ne voulait plus de cancres sur les bancs de l'académie.

En résumé, on sucrait les bourses aux étudiants médiocres, car l'on jugeait que les triplants n'accomplissaient pas assez d'efforts pour assurer leur réussite scolaire, et devaient donc subvenir à leurs propres besoins pour continuer de fréquenter l'académie. Or, avec les frais d'inscription particulièrement élevés, le droit payant de gîte à l'internat et les diverses dépenses annexes en matériel scolaire, un élève aux moyens modestes sans bourse était condamné à être chassé de l'école, ou d'exercer un métier en parallèle ( ce qui, bien entendu, réduisait fortement son temps alloué aux révisions et autres travaux scolaires, diminuait donc sa moyenne et le vouait à se planter de nouveau, assurant donc son échec scolaire dans un inexorable cercle vicieux ). Sans le dire ouvertement, le Sénat jetait par cette loi un grand interdit sur l'échec étudiant : l'on ne pouvait plus se permettre d'être médiocre au point de redoubler deux fois la même année. Pour Marhilou, cela revenait à une condamnation à mort, elle qui était déjà en pleine quatrième année de redoublement. Le décret du Sénat prenant effet à la fin du semestre, elle n'avait guère plus qu'une semaine environ pour faire ses bagages et s'enfuir de l'académie avant qu'on ne la jette dehors manu militari. Or, elle ne pouvait pas se le permettre. Revenir devant sa famille les mains vides, même des mensonges plein les poches, risquait de définitivement la briser. Elle préférait de loin se complaire dans le mensonge pour rassurer son père et sa mère que d'assumer l'échec qu'elle était en tant qu'élève, en tant que fille et en tant que personne.

-Peu importe si tout le monde vous adore, reprit le vieux scribe d'un air las. Les directives du Sénat sont indiscutables, je ne peux rien faire pour vous. A la limite, pour prouver votre bonne volonté, vous pouvez rehausser vos notes et tenter d'acquérir votre semestre actuel, mais …

-Vraiment ? En ai-je l'occasion ? La coupa-t-il dans son raisonnement.

-Et bien, n'avez-vous pas un contrôle dans la semaine qui vient pour rehausser votre moyenne ?

-Point à ma connaissance.

En vérité, elle n'en savait rien, tant elle était peu regardante vis-à-vis de ses devoirs.

-Vous ne me facilitez pas la tâche, Mademoiselle, exprima le gratte-papier en laissant échouer sa joue contre son poing.

-Monsieur, je vous signale que ma piètre situation est fortement due à l'extrême sévérité des professeurs au cours de l'année actuelle, qui se sont empressés de me mettre en échec par pur excès de malice ! Veuillez consulter mon bulletin, Monsieur, pour vous rendre compte de l'ampleur de l'injustice qui m'accable !

Le scribe retint un râle d'agacement. Mais quand allait-elle le lâcher ?

-Mademoiselle, la notation n'est pas plus dure que l'année précédente, ni-même l'année d'avant. Je ne peux pas …

-Je vous en conjure ! Ayez pitié ! Beugla-t-elle dans le plus grand des drames.

Il comprit instantanément que s'il ne s'exécutait pas sous peu, il en aurait pour toute l'après-midi à l'avoir sur le dos. Il ouvrit un large tiroir, puis de ses petits doigts boudinés, trifouilla ses archives jusqu'à sortir un dossier fort compact, témoin de trois années d'échecs. Il le dépoussiéra, l'ouvrit lentement, puis rehaussa ses verres encrassés sur l'arrête de son nez pour commencer à prendre connaissance de l'effroyable bulletin de Marhilou.

-Une moyenne de 2 en algèbre. Une moyenne de 1,5 en géographie. Une moyenne de 6 en biologie. Une moyenne de … bon. Il se racla la gorge, quelque peu impressionné par les très mauvaises performances de son interlocutrice. Passons la théorie, voyons un peu vos examens pratiques. 3 en magie anima. L'on vous a notée hors-sujet. Pouvez-vous m'expliquer ?

-Ohohoh, mon meilleur sortilège. Contemplez ...

Marhilou dégaina à toute vitesse une carte de tarot, qu'elle éjecta en l'air avant de la rattraper au vol entre son index et son majeur. Puis elle en présenta les deux faces, une fierté improbable illuminant son visage.

-Regardez : d'un côté c'est un as de pique, de l'autre un as de cœur. Prit-elle la peine d'expliquer.

-... D'accord. Et pour cette année ? Vous comptiez faire un château de cartes ? Lança le conseiller, à peine ébloui par ce fabuleux tour de passe-passe.

-Déjà fait en première année. Mais le vent soufflait fort, ce jour-ci. Impossible de mener mon projet à bien ...

Le scribe en savait assez. Refermant lourdement le dossier de l'intéressée, il le laissa traîner négligemment sur son bureau, croisa les mains et laissa son menton reposer dessus. Que faire d'elle ? Il était impossible de rattraper le considérable retard qu'elle avait en matière d’enseignement magique ou même élémentaire. Elle était vouée à être éjectée de l'académie, qui faisait de l'excellence sa principale valeur, et de l'incompétence sa parfaite antithèse.

-Vous m'en voyez désolé, mais je ne peux pas faire grand chose pour vous. Dans l'état actuel des choses, il vous faudrait une note au dessus de seize, avec un coefficient six pour que vous obteniez une moyenne positive.

-Et n'est-ce point dans le domaine du possible ? Risqua Marhilou.

-Non.

-Même en choisissant une option ?

-Il est un peu tard pour en choisir une, Mademoiselle, exposa impitoyablement le vieil homme.

-Et je ne puis-je pas soumettre à quiconque un devoir écrit pour rehausser ma moyenne, cible de tant d'acharnement ? Demanda-t-elle au bord du désespoir.

-Il faudrait qu'un professeur l'accepte, or ils sont tous préoccupés par un colloque extraordinaire sur la situation actuelle des royaumes. Personne n'a le temps pour vos déboires, Mademoi-

-Plaît-il ? Quel colloque ? Ne puis-je pas écoper d'une note en y participant de quelconque manière ?

Il souffla silencieusement du nez.

-A moins que vous ayez un rapport complet sous la main à propos de l'activité croissante des nouveaux portails magiques à apparition intempestive et une analyse en profondeur de leur utilisation et utilisateurs, je ne pense pas, non, expliqua le conseiller sur le ton de l'ironie.

Elle n'avait pas compris un traître mot de ce qu'il racontait.

-... Vous voulez dire que si je remets effectivement un dossier complet participant à l'activité dudit colloque, il est éventuellement envisageable que mon inscription à l'académie demeure valide ?

-... Pardon ? Osa-t-il la questionner, incrédule.

-Si je fais votre machin, est-ce qu'on me garde à l'académie ? S'adressa-t-elle à lui plus pédagogiquement.

-... Vous voulez essayer d'accomplir un travail qui est déjà hors de portée d'un doctorant accompli ?

-Un docto-quoi ? Bafouilla-t-elle en clignant des yeux.

Oh et puis zut. Si cela pouvait lui permettre de se débarrasser d'elle.

-Vous savez quoi ? Allez-y. Faites-le. Faites un dossier complet sur l'apparition récente des portails magiques qui sensibilisent tant l'opinion publique, et ramenez-le avant la fin de l'année scolaire. Je vous assure qu'on le notera, et qu'il comptera comme note d'examen final de votre semestre, avança-t-il sans le penser le moins du monde. En revanche, vous devrez aller sur le terrain, rapporter des témoignages écrits, attestés et signés des utilisateurs desdits portails, et vous débrouiller sans les bourses de l'académie, et laisser les clés de votre dortoir au bureau de l'internat. Ça vous va ?

-... Vous voulez dire que l'on me confisque chambre et assistance financière, n'est-ce pas ? Voulut-elle éclaircir.

-C'est cela.

-Mais je suis encore inscrite ?

-C'est cela, se permit-il sans trop y réfléchir.

-Quel soulagement ! Ohohoh, tout va pour le mieux en ce cas, s'exclama-t-elle en ponctuant ses propos de son habituel rire cacophonique.

-Vous avez bien compris que vous deviez partir de l'académie, Mademoiselle ?

-... Plaît-il ? Mais pour me rendre vers quelle destina-

-Sur le terrain d'étude. C'est à dire dehors.

-... Oh.

Et enfin, elle se tut longuement.



à propos de vous

Bonjour !

Avant tout, désolé d'avance pour les quelques libertés que je me suis permis, notamment sur le fonctionnement de l'académie ( un système de semestre/de cycle d'éducation supérieure/d'examens/de notes ), je peux changer ça sans problème. J'ai fait ça sans trop réfléchir juste pour me donner une sorte de contexte d'écriture, mais si ça ne va pas du tout je peux tout retaper, je veux pas causer de problèmes de cohérence. La fiche de présentation telle qu'elle est là en fait un gros jet d'essai sur le personnage ( j'arrive jamais à me tenir au caractère d'un personnage si je le décris avant de le jouer, uuurgh ).

Comme la première partie était pas mal descriptive et parlait de la médiocrité du personnage, je me suis dit que ça ferait office de portrait physique et d'inventaire de ses compétences, la deuxième révélait plus ou moins bien sa personnalité ( donc caractère ) et la dernière expliquait les raisons de son départ de l'académie, donc je me suis dit que ça collait très vaguement aux trois catégories de présentation de fiche de perso ( vraiment à peu près ! ). Mais encore une fois, maintenant que j'ai pas mal incarné le personnage : je peux changer ça si ça vous gêne, y'a pas de soucis !

Sinon, j'ai 20 ans, je suis à la fac, et pour tout vous avouer j'ai fait que Awakening ... Donc j'ai qu'un vague aperçu de l'univers de Fire Emblem, alors je vous demande pardon d'avance si je ne comprends rien à rien !


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le 15/12/2017, 12:32

Hi !

J'ai qu'une chose à dire... MAGIKAZAM ! /PAN/ Magiloooouuuu je t'aime déjà d'amour  (Non ne fuis paaas D:)

Blague à part... Bienvenue à toi ma chère, j'espère que tu t'amusera bien ici Bon courage pour ta validation
Liam
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le 28/12/2017, 16:13

Bonjour Marhilou !

Après une lecture attentive de ta fiche (et pas mal de fou-rires) nous devons bien avouer que nous avons beaucoup aimé ! Les ajouts concernant l’Académie sont très drôles (les noms, l’absurdité de l’administration, la critique sous-jacente de la sélection des élèves huhuhuhu !) et très bien amenés. Pourquoi n’avons nous pas encore validé ta fiche ? Il reste un petit détail que nous souhaiterions que tu modifies : en effet, mis à part les dirigeants et les vassaux/généraux, le reste de la population n’est pas au courant de l’existence des portails… pour le moment. Normalement, à la fin du chapitre 1 de l’intrigue, la population devrait être pleinement au courant de ces portails. Deux solutions se présentent à toi :

1) modifier le sujet d’étude de Marhilou qui pourra étudier des « phénomènes étranges basés sur des rumeurs grotesques visiblement nées suite au débarquement impromptu d’hurluberlus » plutôt que des portails.
2) Garder les portails comme sujet d’étude, mais attendre la fin de l’intrigue pour pouvoir rp.

Nous espérons que ces changements ne t’embêteront pas trop et sommes à ta disposition si tu as des questions !
Gaïa
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le 7/1/2018, 01:20

Bonjour/bonsoir et pardon pour le délai de réponse.

Merci beaucoup d'avoir lu ma fiche et tant mieux si cela vous a plu, et tant mieux aussi si la forme vous convient à peu près ! Je pense pencher pour la seconde option proposée, car de toute façon la période de Janvier étant tapissée d'examens, ma disponibilité ne va pas être extraordinaire avant que l'event ne se termine je pense ( et comme ça m'évite de retravailler ma fiche, par pur excès de fainéantise ).

Néanmoins : est-ce que les RP flashback seraient tolérés ? ( Si d'aventure j'avais du temps de libre et des gens partant avec qui RP ).
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le 7/1/2018, 13:38

Oghma te souhaite la bienvenue !

Bienvenue dans mon royaume !

Félicitations Marhilou, tu es validée !
Papi Oghma est très euh... heureux de compter une recrue aussi... douée ?   dans ses rangs. Il espère que tu seras prudente dans ta quête de réponses ET QUE TU PASSERAS ENFIN EN SECONDE ANNÉE !  (et oui bien sûr tu peux faire des rps flashback !)



Un nouveau monde s'ouvre à toi ! Tu peux dès à présent commencer votre aventure dans les zones rp ou gérer ton personnage (fiche de liens, journal et demandes de rp, etc.) ici. N'oublie pas de recenser ton avatar ici ! Si tu t'es montré timide pour le moment, c'est avec plaisir que nous t'invitons à nous rejoindre sur la chatbox ou dans le flood. Dans tous les cas, amuse-toi le plus possible en notre compagnie !


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