« Je suis le miroir de mon reflet sur l'eau ondulante. » || Joker [100%]

le 16/12/2017, 10:25

« Joker »



Surnom / Titre Joker
Âge 27 ans
Sexe Masculin
Orientation sexuelle Sans doute hétéro'
Corpulence Athlétique
Signe(s) distinctif(s) En voleur : Son masque si unique. En civil : Ressemble à n'importe qui.
Royaume & monde d'origine Oghma
Fonction Forgeron itinérant (Wtf ?) - Chef des Bandits
Classe Escroc
Source de l'avatar Kurusu Akira - Persona 5
Compétences

Si l'on avait à se fier à la série, il serait correct de résumer son avancement par "Escroc Lvl 10, Guerrier Lvl 15"

Toutefois, afin d'éclaircir davantage ses capacités, je me permets de vous décrire de façon plus pertinente ses ressources. En premier temps, bien qu'il n'est pas passé maître dans l'art de la discrétion et du déguisement, il s'est toujours montré efficace dans le domaine du vol et de l'escroquerie. Ainsi, il est capable de déverrouiller n'importe quelle serrure jusqu'à un niveau élevé tout en se faufilant dans les ombres. De plus, tiré de cela vient son jeu d'acteur très convainquant, lui permettant presque de se défaire des situations les plus mauvaises.

En dehors de ses compétences d'escroc, il est possible de remarquer un jeu de jambe agile accouplé à son maniement de la lame légèrement différente de celui d'un voleur classique. Sans pour autant se démarquer totalement, ce jeune homme tente de maîtriser les bases d'un art épéiste particulier afin de pouvoir évoluer dans ce domaine pour représenter une menace qui proviendrait d'un combattant hors paire.

Pour finir, ayant hérité de son paternel le savoir-faire et les doctrines de la forge, il se montre capable en tant que bon forgeron en quête de progresser. Bien qu'il préfère se battre à l'aide de son armement plutôt que de le créer, il n'oublie en rien le bonheur qui l'emplie lors de la création d'une fine lame.
Ainsi, en plus de vouloir forger une arme qui égalerait un niveau légendaire, il voudrait aussi pouvoir la manier avec perfection et en tirer tout son potentiel tout en étant le seul capable de la comprendre.

S'il démontre un niveau stupéfiant en général, il possède aussi beaucoup de défauts. Pour en citer quelques uns, bien qu'il distingue un arc d'une arbalète, jamais il n'arrivera à décocher une flèche avec l'un ou l'autre. De même que, même s'il manie grossièrement une lance, il n'arrivera jamais à lancer correctement un javelot, les armes blanches à distance semblant lui faire grandement défaut.


Caractère & anecdotes

Manipulateur - Espiègle - Joueur - Courageux - Ambitieux - Arrogant - Confiant - Désobéissant - Désinvolte - Envieux - Prudent - Patient - Jaloux - Méfiant - Rancunier - Sournois - Trop curieux - Résilient -
Astucieux - Audacieux - Autonome - Combatif - Indélicat - Digne de confiance - Éloquent -
Esprit d’équipe - Fidèle - Créatif - Obstiné - Optimiste - Protecteur - Réfléchi - Serein

Je vous épargne un roman qui parlerait du caractère de mon personnage, mais je vous décris tout de même quelques points importants que l'on comprendrait pas ou que l'on ne pourrait voir juste avec une liste de caractères.

Joker est une personne menant une double vie, ainsi il démontre son talent d'escroc lorsqu'il se dévoile au grand public. Sous les traits d'un "honnête" forgeron, il laisse évoquer une certaine courtoisie dans ses gestes et sa façon de parler assez formelle. Sous couverture, il ne fait aucunement distinguer ses capacités physiques hors de ses compétences de créateur d'armes. Par ailleurs, il agit en simple citoyen, cachant ses principaux traits malhonnêtes afin d'éviter les soupçons à son égard. Bien que sa nature quelques peu rugueuse reste visible, elle ne vient pas détruire sa réputation "bienveillante".

Au contraire, lorsqu'il porte son masque, littéralement, afin de se transformer en un méchant pas beau, il laisse naturellement parler sa malicieuse nature, si l'on pourrait dire cela ainsi.

S'il a décidé de jouer un double jeu plutôt que d'être pleinement un voleur, c'est uniquement parce que c'était plus amusant d'apprécier les réactions des soldats le pourchassant en étant à leur côté et en discutant avec eux plutôt que d'entendre le tout par des rumeurs.

Enfin, lorsqu'il est en présence d'individus connaissant son identité secrète, il n'hésite alors pas à abandonner son masque d'honnêteté pour rester pleinement lui-même.


Histoire

Lukifeira, Huit ans


« Papa, des clients attendent encore de pouvoir récupérer leur commande. Tu ne peux pas dormir en pleine heure de travail. Je veux bien aider, mais je ne peux faire l’absolu seul. Et puis… Ils trouveront ça étrange de toute façon… Aller papa, on va encore perdre des clients ! »

Les lieux n’avaient guère pour habitude d’accueillir une foule pareille, apportant les premières pierres d’une ambiance méconnue par là. Pour tout dire, ce n’était pas réellement réjouissant que cet air nouveau parcourait notre petit artisanat. De cela en résultait une mauvaise réputation qui n’était nullement bénéfique pour les affaires. Il m’était possible de concevoir l’idée d’un probable futur de notre forge et d’y modeler par avance des méthodes de réussite afin d’éviter les déceptions honteuses qui signeraient la fermeture définitive de celle-ci pour que l’on se consacre à des travaux qui nous procureraient un revenu stable et régulier. Toutefois, avant d’arriver à de tels extrêmes, notre petit atelier devait se créer un nom pour attirer la clientèle, mon paternel l’ayant ouvert que très récemment.

Pourtant, si les semaines primaires nous accordaient un temps libre faramineux en plus de celui que l’on réservait pour nous procurer les matériaux nécessaires à la création des armes et des outils les plus courants, ces derniers jours puisaient dans nos forces et notre énergie, autant mentale que physique, pour parvenir à l’aboutissement des commandes. De ce qui m’était compréhensible, il n’existait que peu de forgerons capables dans le royaume d’Oghma, et bien que cette période de paix n’arrangeait pas les affaires, les talents de mon père se révélaient être précieux malgré le fait que nos terres abritaient bien plus de mages que de guerriers.

Mon regard perdit son objectif pour voguer sans but, mon esprit ayant repris la longue réflexion que je mijotais depuis quelques jours, espérant faire faiblir ce sentiment de peine qui emplissait mon cœur, bien que je ne trouvais aucune conclusion concrète à cette tentative. Mon visage se miroitant alors dans la glace vitrée de l’étage, je finis par fixer cet extérieur qui semblait si différent tout en étant si familier. Dans le cadre se dressait une simple bâtisse à l’extrémité, où l’on pouvait contempler un rare feuillage qui faisait le charme de la rue. Outre cela, la terre subissait un éclat de pureté de la magnifique ondée dont les gouttelettes brillaient sous les lumières de la cité, alors que le sombre voile étoilée démontrait l’amorce de sa rarissime splendeur.

« Eeeeh, Luki… »

Un poids sur le haut de mon crâne me sortit de ce paysage pour le moins inhabituel, mais non pour le moins si captivant. D’un faible mouvement de tête, je fuis la fenêtre pour enfin faire face à cet ingrat personnage à la voix encore rouée dont la main était posée sur le sommet de corps.

« Surveille convenablement la forge quand les clients sont encore présents. Ne redonne pas tout directement à ton vieux père une fois l’avoir réveillé d’un doux rêve. Et… Arrête de penser à toutes ces choses qui te tracassent, soit un homme et évite les larmes. »

Comment pouvoir éviter les larmes lorsqu’un tel événement se produisait ? Je ne savais pas comment père arrivait à supporter un choc pareil, à croire qu’il n’était aucunement affecté de ce qui était récemment arrivé. D’autre part, je n’arrivais à concevoir l’idée de suivre ses traces et à m’occuper de notre place en étant aussi jeune. A mon âge, normalement, je devrais plutôt… Plutôt… Que font-ils déjà, les garçons de mon âge ? M’enfin, de toute façon, je n’étais pas un garçon normal. J’avais déjà l’esprit entaché par l’attitude de mon paternel, la résultante du récent bouleversement et de la façon dont on m’élevait en général.

Le responsable et principal forgeron se hâta de retrouver un état convenable afin de se présenter à la clientèle qui perdait peu à peu patience. Entre nouvelles commandes et récupération de celles passées, ce ne fut que lorsque crépuscule régnait en maître que prit fin notre malencontreux retard. Contemplant une fois encore cette couche de noirceur parsemée de vives lueurs à l’entrée de l’atelier, je finis par regagner l’intérieur, refermant derrière moi la porte et scellant l’accès. L’étage était notre lieu de vie, le rez-de-chaussée nous servait pour le travail… Mais pour ma part, l’un ne se distinguait point de l’autre. Même une fois fermée, je continuais à rester en bas pour apprendre le dur métier de forgeron, aidé par mon parent. Étonnement, la liste pour le lendemain était plutôt vide, ce qui semblait être un pur soulagement pour mon père. Ainsi, il s’était permis de se reposer bien plus afin de regagner en énergie pour les coups difficiles à venir.

« - Dis mon fils… Tu ne veux pas… Rencontrer ta maman, un jour ?

- Pourquoi cette question ? Tu penses que je ne pas bien ici… ?

- Tu ne veux pas en savoir plus sur ta mère ?

- Elle a choisi de ne pas être avec nous… Alors… C’est pas grave… Bonne nuit. »

Mère nous avait abandonné avant même que je ne pus faire connaissance avec elle. Ne l’ayant jamais connu, je n’avais que très peu de ressenti envers elle, si ce n’était du mépris. Aussi bonnes étaient les raisons qui l’avaient poussée à nous quitter, ce sentiment était déjà ancré en mon for intérieur. En ce moment, ce n’était pas d’elle dont j’avais besoin, non… C’était du temps, et la force d’avancer.

Le lendemain, l’aube se montrait aussi matinale que ma propre personne. Pour ainsi dire, mon père aussi étonnement s’était réveillé de bonne heure, ce qui n’était pas pour me déplaire. Suite à quelques préparations quotidiennes, je finis alors par débuter une légère conversation avec mon paternel.

« - Papa, toi… Toi aussi tu sais te battre pas vrai ? Est-ce que tu pourrais…

- La seule chose que tu apprendras de moi est comment forger compris bonhomme ?

- Mais ! Je veux me battre ! Je sais manier une lance et une épée déjà ! I… Il m’a appris tu sais ?

- Alors, exerce-toi par tes propres moyens. Je vais commencer à travailler là.

- … A croire que tu te fous de moi et de ce qui pourrait m’arriver… »

Un lourd soupir prit mon père alors que celui-ci vint m’enlacer à la suite de cela, ce qui réussit à me faire lâcher un soupir à mon tour.

« Écoute, tu sais bien que ce n’est pas vrai. Ton père est un peu à cran, excuse-moi. Laisse-moi le temps et je t’apprendrai. »


Bien que je ne doutais pas de ses paroles, j’aurais préféré qu’il passe un peu de temps avec moi, surtout en ce moment. Toutefois, je m’étais fait avec. Mon paternel était comme cela, et je m’étais fait à l’idée.

« … Je suis juste dehors si tu me cherches. »


Même si père ne souhaitait pas me voir combattre au fond de son cœur, c’était ce qui me passionnait, étrangement. Sans doute avais-je hérité cette affection de mon entourage, étant donné que notre petite ville portait des fonctions similaires à un repaire de bandit à grande échelle. En tout cas, je me retrouvais à l’arrière de notre bâtisse, armé d’une épée en bois. Dans cette place, j’étais sûr d’être tranquille afin de m’exercer. C’était avec chagrin mais entrain que je manœuvrais mon arme tout en me remémorant des mouvements que j’avais pu apercevoir plus tôt dans mon enfance. Je voulais lui ressembler, ne serait-ce qu’un minimum… Je ne pensais pas à devenir aussi bon que lui, mais j’espérais au moins gagner en puissance pour qu’il en soit fier. Malgré mes efforts, il était sûr que sans instructeur, je n’évoluais pas assez… Ou plutôt, je ne savais même pas si les gestes que j’effectuais étaient corrects.

Un soupir s’éternisa dans les airs, dévoilant mon fragile moral qui ne cessait de se questionner. Adossé au mur, un étrange sourire mélancolique se dessina sur mon visage, libérant les traits de mon visage de son sérieux habituel. Fermant doucement les paupières, je me laissai guider vers un monde haut en couleur, où mon cœur désireux de sociabilité se prenait dans un torrent de merveille aux côtés de formidables compagnons. Dans cet univers illusoire, nulle besoin d’affirmer le bonheur qui m’envahissait de toute part, au contraire de ce que je ressentais en réalité. Satisfaction ne faisait aucunement le bonheur…

Alors que je rêvais toujours de ce monde meilleur, de faibles gouttes perlèrent le long de mon visage sans que je n’y fasse attention. Petit à petit, mon corps glissa le long de la fortification pour finalement se poser au sol, laissant l’arme tomber au sol. A ce moment, je quittais la fantaisie qui s’était installée dans mes pensées pour revenir à moi. Même si je ne transposais jamais mes sentiments lors de mes actes, ni même lors de mes prises de parole ou de mon attitude général, j’étais bien triste en l’état. Vivre seul avec mon père n’était pas l’unique raison mais… « Je me sens seul… »

Une certaine intuition me fit lever la tête alors que je sombrais encore plus. La surprise s’établit en mon être lorsque je perçus un mystérieux jeune homme devant moi. Vivement, j’essuyais les larmes de mon visage avant de me relever et de tenir la lame boisée contre moi, fuyant le regard de l’inconnu qui me fixait étrangement.

« Q-que me voulez-vous ch… Cher monsieur ? »

Sa réponse se fit attendre longuement, ainsi, mes yeux le fit face afin de le dévisager. Dès lors que mon attention fut toute prise par lui, il sourit chaudement en gardant une posture des plus amicales. A nouveau, je vins à fixer le sol à ma gauche, déglutissant légèrement. D’une quelconque façon, son allure me déplaisait, ou du moins elle me gênait. Au fond de moi, je sentais qu’il me faisait de l’effet, d’une certaine manière. Un petit rire de sa part fit enfin taire le silence, alors qu’il se mit à me parler pour répondre à ma question.

« Tu es bien le fils du forgeron qui habite là, n’est-ce pas ? »


Ce fut avec étonnement que je réagis spontanément. Il semblait me connaître, mais je ne l’avais jamais vu auparavant. Rares étaient les clients que je ne connaissais point, et je doutais que l’on avait assez d’influence pour faire parler de nous à ceux qui n’étaient pas encore venu… Pour combler le tout, sans m’avoir vu une seule fois, il ne saurait guère que ce soit moi. Mon trouble fut alors remplacé par de la méfiance, ravivant le sérieux dont je savais faire preuve.

« - Êtes-vous là pour une commande, ou pour des raisons plus obscures… ?


- Non non, ni pour l’un, ni pour l’autre haha. J’étais juste un peu curieux de te savoir seul ici… Avec une arme. Tu veux aussi être un guerrier ? »

Que disait-il… ? Moi, un guerrier… ? Comme si cela risquait d’arriver. Ce que je voulais, c’était uniquement être comme… Comme… Attends. « Aussi » … ? Envisagerait-il de devenir un guerrier combattant la nation ? S’il était du coin, cela ne m’étonnerait point qu’il aimerait rejoindre ces fameux brigands, ce qui en ferait un potentiel client mais… Quelque chose n’allait pas. Pourquoi s’intéresserait-il à moi, pauvre apprenti forgeron, mais surtout pauvre enfant que j’étais ?

« - P-pas vraiment… Est-ce un but que vous envisagez ?


- Moi ? Oh, non ! J’en suis… En quelque sorte déjà un. Donc… Si tu ne veux pas nous rejoindre, pourquoi te promènes-tu avec ça ? Tu ne vas tout de même pas tenter un truc…


- Ne dites pas de choses idiotes je vous prie. Je m’entraîne pour mon propre… Bien, disons.

- Haha, je vois… Tu es bien sérieux, toi. C’est rare qu’un enfant choisisse de lui-même cette voie. Généralement, on y est obligé. »

Je ne le comprenais absolument pas. Ceci dit, au plus l’on discutait, au plus ce sentiment qui se manifestait en mon cœur s’agrandissait. Il le ressemblait tellement… C’était frustrant… Et agréable.  

« - Cela vous pose-t-il un problème ?


- Non. »

Encore ce sourire…

« Attend-moi, je reviens très vite. »

… Pouvais-je réellement le faire confiance ? Devrais-je vraiment rester ici à l’attendre paisiblement ? Ma raison me poussait à rentrer à l’intérieur de la forge, mais je ne fis point. Sans même savoir pourquoi, j’étais vraiment resté, sans rien faire, jusqu’à son retour. S’il fut surpris de me voir encore ici, j’étais le premier à l’être. Je n’avais pas la moindre idée de ce qui m’avait poussé à l’écouter.

Un long bâton dans sa main, il revint avec toujours le même sourire chaleureux. Sans attendre, il fit quelques mouvements avec son arme d’entraînement, puis se rapprocha de moi, doucement. Par réflexe, je reculai au même rythme de ses pas, gardant cette méfiance qui n’avait plus aucun sens pour moi.

« Et si tu me montrais ce que tu sais faire maintenant… »

A ces mots, la peur monta en moi sans pour autant me dominer. Au contraire, le frisson qui me parcourut intensifia mon courage, me faisant brandir mon épée pour me défendre, alors que l’individu au sourire d’ange commençait à accélérer sa course. Stoppant alors mes pas en arrière, j’en fis un en avant afin d’établir un coup d’estoc. A ce moment précis, je ne pensais à rien. A rien d’autre que… « Je ne veux pas mourir. »

La pointe de ma lame s’approcha dangereusement du torse de l’inconnu, mais fut alors déviée avec grâce lorsqu’il tournoya son arme pour frapper la mienne en son centre. Ne lâchant pas prise, je ressentis la force qu’il avait mis dans ce coup, mes bras étant presque emportées avec l’épée. Me servant alors de cet effet de balance, je l’attaquai de nouveau d’un pivot sur moi-même. Une fois encore, l’assaut n’aboutit guère, son saut en arrière lui permettant d’éviter le choc pour pouvoir répliquer d’un coup horizontal sec sur mes côtes. La douleur me fit grimacer, me faisant oublier la riposte. Mon adversaire en profita alors pour me faire tomber d’une balayette, se rapprocher et coller le bout de son arme sur mon front.

« Ce serait une vraie lance, tu serais mort. Ce serait un vrai combat… Tu serais mort. »

Il n’avait perdu son sourire de tout le combat, mais celui-ci redevint des plus doux une fois qu’il fut en posture gagnante. Il se moquait totalement de moi. Ce n’était même pas une véritable agression… Et j’étais sûr qu’il n’avait même pas forcé. Hors de moi, je repoussai le bâton d’un violent revers de bras avant de me relever comme si rien ne s’était passé.

« - Et alors ! Je… J’ai jamais prétendu être fort ! Je… J’apprends encore !

- Tout seul ?

- … Oui !

- Tu ne peux pas, ça. Tu ne peux devenir fort en étant seul et aussi peu souriant. Tu ne progresseras pas de cette manière.

- Et t’en sais quoi toi, hein !?

- Je le sais, c’est tout. Je ne sais pas ce que tu penses, mais je ne suis pas resté avec toi pour me moquer de toi. Je… Je vais t’apprendre à te battre… Je vais t’entraîner. »


Son sourire illuminait une voie qui m’était inconnue, faisant disparaître les ténèbres de mon cœur d’un coup de vent. Je ne savais pas qui il était, je ne savais pas s’il avait une arrière-pensée obscène, mais je finis par accepter son offre. Père n’était pas loin, en cas de problème, je pouvais toujours le rejoindre en quelques pas.

Même si j’avais décidé de le suivre pour le moment, ce n’était pas tant à cause de sa bienveillance, de son jolie sourire ou encore même d’une inconscience des plus mauvaises… Ou peut-être que ça l’était. Je ne savais pas pourquoi je ressentais cette pression, mais il me rappelait un être cher, il lui ressemblait trait pour trait tout en ayant une différence qui m’attirait davantage. Au plus je l’observais, au moins j’arrivais à comprendre ce phénomène. Il était clair qu’il était plus prudent de rester loin de lui, d’apprendre de mon côté et de laisser cet homme un poil trop louche jouer les enseignants à d’autres enfants. Pourtant, malgré mes efforts, je ne pouvais rien y faire. J’avais beau jouer les rebelles, je revenais toujours auprès de lui, comme si j’agissais inconsciemment. Il était tout de même effroyable qu’en sa présence, mon sentiment de solitude s’amplifier alors que j’étais en compagnie d’un nouvel « ami ». Cette situation était si compliquée que je décidais finalement d’abandonner à trouver une logique à tout cela.

Au bout de quelques heures à pratiquer aux côtés de cet homme, la curiosité me reprit. Après tout, je ne connaissais rien de lui, même pas son nom, alors que ce dernier avait l’air d’avoir de nombreuses informations sur ma personne. Qui était-il vraiment ? Comment me connaissait-il ? Était-ce un ami de mon père ? Sans réponse à au moins l’une de ces questions, je n’arrivais guère à me concentrer. Ainsi, je stoppais mes mouvements pour venir m’adresser à cet individu, espérant nourrir ma curiosité.

« Dis, tu vas cacher ton identité pour toujours ? Si tu vas devenir mon instructeur, j’aimerai au moins te connaître un peu. »

Sans montrer la moindre marque de surprise, le jeune homme dessina un sourire débordant presque de malice tout en gardant cette mystérieuse sérénité.

« Si cela t’empêche de pratiquer, tu peux te référer à moi sous le nom de… Joker. »

J’expirais un léger soupir de sa réponse. Évidemment, j’en espérais bien plus, mais pour l’heure je me contentais de pouvoir donner un nom à sa tête. Par ailleurs, en parlant de celui-ci, jamais je n’avais entendu de tel prénom, ou encore pseudonyme. Sans doute était-ce une appellation qu’il portait parmi ses camarades, mais cela ne me disait absolument rien malheureusement. Il faut dire, posséder une forge n’était pas le mieux pour accéder à des informations ou à des rumeurs.

Quelques heures durant, je continuais alors de m’entraîner en suivant les conseils de ce Joker. Bien que ses méthodes d’entraînement ressemblaient énormément aux miennes que j’avais apprise par la passé, elles étaient plus efficaces de son point de vue. Personnellement, je n’en voyais que peu de différences, mais je n’allais pas discuter sur cela. L’important était que je progresse.

C’était donc exténué que je rentrais à la maison sans pour autant être fier de mes exercices. La seule idée qui résultait de ce passage à l’extérieur n’était qu’un doute par rapport au choix que j’avais fait de le laisser m’aider. Cependant, je n’y revenais pas pour autant. Peu importe où me mènerait cette décision, j’allais en assumer les conséquences. Père me racontait souvent à quel point il était primordial d’assumer ses actes. Quoi qu’il en soit, il était l’heure d’apporter mon aide à mon cher paternel. Après un petit moment de repos, je rejoignais ce dernier pour faire tout ce qu’il m’était possible d’accomplir tout en apprenant davantage sur le métier de forgeron.

Cette routine dura un long moment, jusqu’à ce que je devienne assez âgé pour mieux comprendre le monde des adultes.


Lukifeira, Treize ans.


« - Dis-moi fiston, tu m’as souvent parlé d’un ami, mais je ne l’ai jamais vu dans le coin. Tu sais où il habite ?

- Pas vraiment, il me dit toujours que c’est pas le luxe chez lui et que ça n’est pas la peine d’y aller. Pourquoi tu veux tant le voir ?

- Non non, je me disais juste que je pourrais aller rencontrer le grand ami de mon fils. Depuis que tu me parles de lui, j’ai l’impression que t’es bien plus heureux. Tu sors pas avec une fille dans mon dos quand même ?

- Haha, tu crois vraiment que dans ce village de bandits, y’a une fille qui en vaut la peine ?

- On sait jamais, j’ai entendu dire que la fille du chef était vraiment mignonne.

- Quoi ? La fille du chef ? Arrête, ça risque pas. Aller, je suis en retard à l’entraînement !

- Oh, reviens assez tôt, j’aurais besoin de ton assistance après. Tu viendras te perfectionner, je t’aiderai à mieux manier le marteau. »

D’un hochement de la tête, je sortis alors pour rejoindre Joker qui apparaissait toujours de nulle part. J’avais tenté de découvrir comment il faisait, mais rien à faire, je n’arrivais à déceler ce mystère. Finalement, je laissais tomber l’idée même de surprendre mon enseignant pour me focaliser sur ses instructions. En un peu plus de cinq ans, celles-ci avaient quelques peu changé pour mieux s’accorder à mon âge et à mes ressources actuelles. D’ailleurs, ce n’était pas les seules choses qui avaient changé, Joker lui-même avait un tempérament différent. Son caractère avait l’air de s’être libéré d’un poids pour devenir plus libre, et plus agressif par la même occasion. Néanmoins, ce n’était pas pour autant qu’il avisait à me faire du mal, me touchant même que très peu de fois.

Malgré tout, il était clair que je pouvais percevoir ma progression. Il m’était beaucoup plus simple de manier un sabre tandis que j’arrivais à tenir correctement une lance, de sorte à ce que cette arme ne me pénalise pas plus qu’elle ne m’aide. Évidemment, ce n’était pas encore fameux, je ne pouvais toujours pas rejoindre les autres adultes et gagner un revenu en me risquant dans le désert à tuer des bêtes sauvages, ou encore à attaquer les fourgons plein d’ors et de bijoux. Cependant, je m’approchais du niveau des meilleures recrues selon moi.

En toute franchise, devenir un forgeron réputé comme mon père n’était pas mon rêve. Non, moi, j’étais comme mon idole, je rêvais d’aventure et d’exploit. Je ne voulais pas que l’on connaisse mon nom, mais que l’on reconnaît mes faits, mes actes et ma force. En tant que membre d’un village de brigands, il était presque tout naturel pour moi que de penser à en devenir un. Joker m’aidait grandement pour cela. Il m’apprenait les techniques qu’il fallait, les connaissances nécessaires ainsi que les diverses façons de palier un problème. En lui, je voyais mon grand frère. Chacun de ses mots résonnaient comme s’il l’était. Sa manière de procédé à certaines choses, son comportement envers moi… Presque tout me le faisait voir comme un vrai grand frère.

« - Tu deviens de plus en plus bon, Luki. Ça te dirait qu’on passe à la vitesse supérieure ?

- Je suis toujours prêt !

- Alors, que dis-tu d’accomplir ta première mission ?

- Q-quoi ? Je dois sortir du village et tout… ?

- Oh, non non, je parle surtout d’une épreuve, comme pour te prouver que tu es meilleur. Ca t’aidera même à le devenir par la même occaz’.

- Eh bien, dis toujours.

- T’as toujours détesté ce voleur qui te rabaisse en passant parfois à la forge, pas vrai ? Et si tu le défiais en duel ?

- … Comment tu sais ça ?

- Tu vas le faire ou pas ? Je te donne même l’autorisation de le tuer si tu veux.

- Quoi !? Le t-tuer ? Pourquoi je devrais le tuer !? Même si je l’aime pas, ça reste un allié…

- Laisse tomber, t’es pas prêt à entrer dans la cours des grands encore gamin. Va donc rejoindre cher papa docilement, ça ira pour aujourd’hui.

- … Qu’est-ce qui t’arrive aujourd’hui ? T’es étrange…


- Rien, je pensais juste que tu serais assez brave pour détruire celui qui se moque de toi depuis un peu plus d’une demi-dizaine d’années. Il semblerait que je ne t’ai pas assez bien éduqué… M’enfin, je ne te demanderai plus de tuer. Va petiot. »

Ce n’était pas la première fois que Joker se comportait étrangement, mais ce fut la première fois qu’il semblait aussi… Démoniaque, même si très vite son atmosphère habituelle revint lui tourner autour. Il n’était sans doute pas dans son assiette aujourd’hui, étant donné qu’il a raccourci l’entraînement. Sans chercher plus longtemps, je revins alors aux côtés de mon père pour qu’il rectifie mes mauvais mouvements.

« - Tu sais, je n’attends pas à ce que tu hérites de la forge… C’est juste que, le savoir d’un forgeron, c’est tout ce que j’ai à t’offrir Luki.

- Je sais, papa. Je suis heureux de l’apprendre auprès de toi. »

Je ne mentais pas. Si être un forgeron de métier ne m’intéressait nullement, je prenais toujours plaisir à aider mon paternel. De plus, pouvoir entrevoir la création finale alors même que l’on avait à peine commencer à forger était toujours quelque chose d’excitant, même si voir de nos propres yeux et toucher de nos mains le résultat procuraient une sensation bien plus unique et jouissive.

Jamais je n’abandonnerai l’envie de forger, même si je deviendrai un bel aventurier.


Lukifeira, seize ans.


Ma formation avec Joker rencontrait sa phase finale. Par la suite, je devrais m’améliorer en utilisant mes propres moyens. Même si le renforcement physique ne risque pas d’être très compliqué à mettre en place, c’était de trouver un style de combat qui m’était propre qui allait être plus difficile. Je n’apprenais que les bases en compagnie de mon cher ami qui avait l’air d’évoluer tout autant que moi. Par ailleurs, même si je m’étais forcé à mettre la découverte de son identité de côté lorsque j’étais plus jeune, quelque chose n’allait pas le concernant.

J’étais bien plus mature pour comprendre ce qu’il n’allait pas… Et ce type, Joker, était empli d’incohérence. Bien qu’il restait un professeur fidèle et un bon ami, je ne pouvais pas m’empêcher d’avoir des doutes sur lui. En premier lieu, personne dans le village ne portait le nom, ni même le surnom de Joker. De plus, personne ne semblait avoir remarqué sa présence ni même l’avoir vu une seule fois, comme s’il n’avait jamais existé. Pourtant, j’étais avec lui, et je le voyais de mes propres yeux. J’avais beau le questionner à ce sujet, il me répondait toujours vaguement, avec sa pointe d’humour personnelle.

Discutant un peu avec lui pour tenter d’à la fois découvrir qui il était, et savoir ce qu’il m’attendra comme prochain entraînement, je fus surpris de voir mon père vagabonder dans le coin. Il ne passait que très rarement par ici, venant me chercher uniquement lorsqu’il avait vraiment besoin de mon aide.

« - Oh Luki, t’es là. Avec qui tu discutais ? Oh attend, une fille c’est ça ?

- Non tu vois bien que c’est… »

Retournant la tête vers Joker, je m’apprêtais à le présenter pour la première fois à mon père quand je vus son corps s’évaporer tel un brouillard face à une coup de vent. La stupéfaction m’empêcha alors de réagir, tandis que mon père posa l’une de ses mains sur mon épaule gauche.

« Mon affreuse tête l’a fait partir hein ? M’enfin, je voulais juste te dire que j’aurais besoin de toi pour garder la forge ce soir. J’ai une affaire à régler à l’extérieur. Je serai de retour demain à l’aube. Aller, déçoit pas nos clients hein. »

Alors que je fixais idiotement l’endroit où avait disparu celui que je considérais comme mon frère, celui-ci réapparut un peu plus tard lorsque mon père ne se présentait plus dans la zone. Soufflant alors dans mon oreille droite par mon dos, je me retournai violemment tout en essayant de le frapper d’un revers de bras. Évidemment, mon coup passa à travers son corps sans même le blesser. De son sourire sournois, il vint à démarrer un dialogue.

« - Alors tu l’as finalement compris ? Ou pas… ?

- Toi… T’es pas réel…

- Oh, alors t’as vraiment compris.

- Mais, quand tu me frappais je ressentais les coups et…

- Faut dire, t’étais vraiment con avant. T’y croyais tellement que tu sentais des coups invisibles. M’enfin, c’était là-dedans, et ça restera tout le temps dans ta tête.

- Tu veux dire que… J’ai inventé tout ça… ? Que je t’ai inventé… ?

- T’aurais dû le remarquer plus tôt, mais t’étais vraiment désespéré sans moi que j’étais automatiquement appelé et tu remarquais rien.

- Alors…

- Oh, et je ne suis pas le fantôme de ton frère. T’as juste imaginé un type qui pourrait le remplacer. Et tout l’entraînement que je t’ai fait faire sort aussi de ta tête. En fait, tu le connaissais déjà vu que c’est celui que ton frère appliquait. Rien qu’avec ça, t’aurait dû te douter que quelque chose allait pas dans ta tête. Le pire, c’est que même en sachant que je suis une pure création, tu continues à me voir pas vrai ? M’enfin, comme je suis issu de ton imagination mais que je suis le résultat de tes expériences, on peut un peu dire que je suis un autre toi pas vrai ?

- Te fous pas de moi… »

Tentant à nouveau de le frapper par instinct, je ne fis qu’à nouveau brasser du vent.

« - Sérieusement…

- Hahaha ! Ça doit sûrement être trop tard pour te faire soigner, t’es gravement atteint sérieux. Mais bon, étant donné que je suis toi, ça te dirait pas d’échanger nos places ? Aller quoi, je sais plus que tout ce que tu es vraiment. Après tout, je suis ce que tu es au fond de toi hahaha !

- Je serai jamais comme toi enfoiré.

- Tu peux toujours nier juste pour me faire face, tu verras bien que c’est moi qui ait raison au final. En plus, je sais pas pourquoi tu nies tant vu que je t’ai à peine montrer qui j’étais, et qui tu es par la même occasion. M’enfin, il est vrai que je t’ai même pisté quelques fois. Il faut dire que c’est dur de jouer un rôle aussi noble et courtois que ton frère tous les jours…

- Ta gueule… Ta gueule ! »

Bouchant fortement mes tympans pour éviter d’en entendre plus, je finis enfin par coller tous les morceaux du puzzle. Ce qu’il disait avait tout son sens. Tout était là, sous mon nez, depuis le début, mais j’étais tout simplement incapable d’y voir clair. J’avais perdu mon frère très tôt, et j’avais retrouvé quelqu’un de très similaire peu de temps après, autant physiquement que mentalement. Je me sentais seul, alors mon subconscient construisit cette illusion pour affaiblir ma peine. Et tout cela arriva en premier lieu parce que mon cœur était faible, mais surtout que mon mental était… Instable ? Je suis donc… Fou ?

Adressant un regard meurtrier à Joker, je ne lui dis qu’un seul mot supplémentaire avant qu’il ne disparaisse de nouveau, toujours avec son sadique sourire.

« Dégage ! »

Je ne savais plus quoi penser de tout cela. Tout devenait flou devant moi, mais tout était si limpide aussi. C’était comme si je m’étais voilé la face depuis toujours, et que j’avais finalement décidé de retirer ce voile. Pour l’heure, j’aurais aimé pouvoir m’accrocher à mon but, mais je n’étais même pas sûr qu’il était correct. Était-ce mon esprit dérangé qui l’aurait créé, ou bien mon véritable fond ? Que devrais-je faire désormais ?

Je laissais mon esprit se tourmenter durant quelques heures avant de décider de rentrer oublier tout cela en faisant ce que mon père m’avait dit de faire : tenir la forge au cas où d’éventuels clients passeraient. Les informations que j’avais reçu étaient trop difficile à digérer. Même si je souhaitais délaisser un moment ces conneries, je n’y arrivais pas.

« Hé oh ? Y’a quelqu’un là-dedans ? »

C’était cette douce voix qui me tira brièvement de ce malheur pour réussir à attirer mon esprit sur le travail.

« - T’es pas un peu jeune pour venir prendre des armes toi ?

- Et toi t’es pas un peu jeune pour tenir une forge ?

- C’est celle de mon père, je l’ai juste toujours aidé avec les clients et tout le bazar de la création.

- Ah vraiment ? Alors, récupère juste ma commande sans discuter hein ? Je suis jeune, mais je reste la plus douée dans le lot. Une véritable génie. Oh, par contre, c’est pas de tes armes que je veux hein, celles de ton père me paraissent déjà de meilleures qualité !

- T’insinue que je sais pas forger… ?

- Aller, fais pas cette tête d’enterrement, j’suis sûre que t’apprendras bien assez vite haha. Et en cas de coup dur, tu peux toujours venir à notre taverne oublier tout ça.

- T’es la fille du tenancier du bar c’est ça ? J’aurais dû le savoir.

- J’suis la plus mignonne pas vrai ? Haha, m’enfin, c’est sympa de discuter avec quelqu’un de son âge mais j’suis juste venu commander. Si t’as du temps libre, viens nous rejoindre, je te servirai un verre ou deux. »

Dans ma situation actuelle, il m’en faudrait au moins dix.

Le lendemain, Joker n’était pas apparu. J’espérais que la veille ne soit qu’une mauvaise blague, mais il semblerait que tout était réel. J’étais peut-être vraiment fou. Ceci dit, à froid, j’encaissais bien mieux l’idée que la veille. Quand j’y réfléchissais, ce n’était pas si grave. Si Joker ne réapparaissait pas, cela voulait dire que j’étais soigné en quelque sorte… Et mon monde ne s’écroulait pas pour autant.

Pourtant, j’avais quand même besoin d’oublier. Ce n’était pas qu’un prétexte pour aller voir la jolie damoiselle, j’avais vraiment besoin d’un verre. Ou deux. Ou vingt.


Lukifeira, Dix-huit ans.


Alors que l’aurore peinait encore à se lever, je me tirais hors du lit, observant les lieux une dernière fois. Père nageait toujours dans les songes tandis que je me dirigeais vers son chevet, déposant une lettre avant de disparaître.

« Père, j’ai pris ma décision. Je vais rejoindre la troupe nomade. Toi comme moi savons parfaitement que je ne tiens pas en place. J’ai toujours rêvé d’aventures et j’ai la chance de pouvoir en vivre si je m’éloigne. Je pourrais très certainement rester à tes côtés plus longtemps, mais je doute que d’autres occasions comme celle-ci se présente à nouveau devant moi. Ne t’en fais pas, je serai entouré d’amis. Oh, et oui, il y a une certaine fille, mais bon, là n’est pas le sujet pas vrai ?

Je ne sais pas si je reviendrai un jour, mais sache que t’as rien à te reprocher. Je suis pas parti à cause de toi ou quoi que ce soit. C’est sûr, t’as pas été un père parfait mais… Je préfère avoir un con comme toi plutôt qu’un papa poule bien ennuyeux. M’enfin, je repasserai très certainement un jour ou l’autre, je laisserai pas l’aventure m’avoir. Oh, et ne t’en fais pas, je garde aussi mon sang de forgeron, même si j’ai toujours plus été un combattant.

J’ai aucune idée de comment terminer ça alors… Prends soin de toi. »



à propos de vous

Je me nomme Kyle Lest Tempest / Lukifeira Aurora / Kokoro / Shaporo *toussote*. Il paraît que j'ai une vingtaine d'années, mais dans mon cœur l'âge n'est qu'indéfini tant qu'il peut être autant mature que puéril. Ma vie n'est sans doute d'aucun intérêt, aussi je vous pardonnerai de vous compter mon histoire. Je peux toutefois vous dévoiler que je connais votre splendide univers par le biais de certains de vos membres, eux qui autrefois brillaient dans le monde de "Faith" et plus loin "Rebirth". Voilà pour tout, c'est un plaisir que de vous connaître. J'espère évoluer en toute noblesse à vos côtés *effectue une noble révérence*.


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le 22/12/2017, 23:01

Lukifeira, Vingt ans


Ce n’était pas la première fois que l’on était confronté à des forces de l’ordre. Notre escouade avait toujours été sur le terrain pour ainsi être l’une des plus expérimentées parmi tous les autres groupes de voleurs. On y retrouvait à cela à la fois du bon, mais aussi du mauvais. Au plus l’on agissait, au plus on s’expertisait. Le problème dans tout cela, c’était qu’il devenait de plus en plus simple de nous traquait. On ne devenait pas plus prévisible. On ne relâchait pas non plus nos efforts. Toutefois, le monde commençait à nous connaître, à nous craindre. On ne doutait pas qu’un jour donné, notre troupe nomade serait attaquée pour rendre cette soi-disant justice. Pourtant, lorsque les moments propices s’étaient proposés à l’ennemi, ce dernier ne se montrait pas, ou du moins pas efficacement. Notre garde s’était donc adoucie, nos préparations se bâclaient tandis que notre confiance gonflait. Ce fut à cet instant précis, sur cette nouvelle charge qui nous paraissait si anodine que notre cœur s’était fracturé, que notre corps se brisait et que notre esprit se lamentait de cris d’agonie.

« Ne vous dispersez pas ! Restez près de vos équipiers et ripostez de toute votre force ! »

L’épaisse brume qui nous entourait n’était sans doute pas naturelle. Rater une expédition était une chose, mais réussir à se faire surprendre en était une autre. Notre avancée s’était terminée tout droit dans un traquenard camouflé de la plus merveilleuse des façons alors que notre cupidité nous empêchait d’y voir clair. Attaquer ce fourgon qui faisait une halte paraissait être une fabuleuse idée, juste avant qu’un épais brouillard ne se porte pour cacher l’assaut de nos ennemis.

Alors que notre champ de vision ne dépassait les deux mètres, il était possible d’entendre les meurs de nos compagnons, de ressentir la férocité de la bataille à laquelle on était le centre, de percevoir le bruit des lames s’entrechoquer et même de sentir le sang des victimes. Malgré cette tragédie, il était impossible de souffler une minute sous peine de se faire transpercer par l’épée d’un soldat. Je n’arrivais même pas à penser correctement, tant que je faisais un piètre guerrier. Néanmoins cette lamentable prestation, je survivais, défaisant les quelques mercenaires ou autres belliqueux qui tentaient de m’anéantir.

Dans cette pagaille sans nom, plus les secondes défilaient, plus je sentais l’espoir s’échapper de mon être. Je dérivais peu à peu, me perdant dans cet accrochage qui ôtait ma concentration et mon énergie. Ce fut uniquement à l’aide de cette voix familière que l’on tenait bon. Celle-ci se faisait assez forte et se distinguait aisément au milieu de ce désordre, nous guidant alors à travers ce dédale mental.

« Tenez bon ! Montrons leur qui nous sommes ! On ne périra pas de cette farce, on rira de cette mésaventure ! Découp-… Découpez les têtes de vos ennemis et hissez vous vers un terrain libre ! »

Dès lors que notre courage faillait, la brève intervention de notre chef suffisait à nous remplir d’ardeur pour éviter de trépasser. Cependant, malgré notre acharnement, l’adversaire était bien trop préparé. Il n’avait pas que l’avantage, mais aussi la certitude de remporter la victoire. Notre défaite était assurée, notre complète élimination n’était plus qu’une question de temps. Tous, absolument tout le monde en était arrivé à cette conclusion, j’en étais certain. Pourtant, ce n’était pas pour autant que cette étincelle d’espoir qui transformait nos pupilles en joyau s’éteignait. Au contraire, plus le combat s’éternisait, plus cette lumière s’embellissait.

Dos à dos avec ma chère amie Alena, je pouvais presque oublier mes blessures pour me focaliser sur les siennes afin de la couvrir d’éventuels coups mortels. Sans doute était-ce de même pour elle, mais notre entente et notre coordination avait pu être maintenu uniquement grâce à notre bon vieux capitaine qui portait sa voix pour nous diriger.

« Oubliez l’affront, dès que vous voyez une sortie, fon- Arg !! … »

Le long silence qui suivit confirma nos doutes, mais je ne voulais pas y croire, pas lui. Il ne pouvait pas se faire avoir aussi facilement. Sans lui, il ne resterait plus rien de nous. Nous étions complètement finis sans lui. Il fallait que je l’aide, que je le sauve, que je fasse n’importe quoi. En tout cas, je ne pouvais rester ici, je devais rejoindre notre chef. Alors que je m’élançais vers le lieu où l’on avait pu entendre pour les derniers mots de notre boss, je fus arrêté par ma camarade dont les pleures ne purent être retenus. La voyant si attristée, je ne pus me résoudre à l’abandonner, prenant en moi ce mal pour rester à ses côtés et nous évader au plus vite de ce malicieux piège.

Il était possible d’entendre les divers chevaux hennir de toutes les directions, signe que nos amis cherchaient à se dégrouper pour permettre à un maximum de personne de survivre. Bien que je n’avais pas idée si ces bruits étaient de bons présages ou non, je décidais de faire de même, chevauchant Éclair en compagnie d’Alena qui se tenait derrière moi. Je n’avais pas idée d’où fuir ni même quel endroit serait le moins risqué, mais je ne pouvais pas non plus me permettre de réfléchir. M’éloignant tout simplement de là où il était possible d’entendre notre leader en partant dans la direction opposée, j’eus la déplaisante surprise de remarquer une poignée d’archers se tenir devant moi qui, fort heureusement, attendaient la vue d’un ennemi afin d’encocher leur projectile.

« Éclair fonce ! »

Faire demi-tour maintenant était du suicide, il valait mieux tenter de se frayer un chemin à travers les guerriers devant nous que de nous retourner. Bien que je n’étais pas un grand cavalier, mon fidèle destrier montrait assez de hargne pour en donner cette impression, alors que je faisais tout pour garder mon équilibre sur son dos. Mes yeux ne perdant pas de leur lueur d’espoir, je me penchais en avant histoire de couvrir le maximum de mon corps pour éviter d’être une cible facile.

Si les archers avaient tirés leur première volée, aucune de leur flèche n’avait touché de points vitaux. Bien que je fus touché à l’épaule droite, il m’était tout à fait possible de continuer en m’accrochant à l’étalon dont la bravoure égalait la mienne. En de rapides chevauchés, il nous était alors possible de quitter cette maudite place et de surpasser nos ennemis. J’attendis d’avoir parcouru une bonne distance avant de regarder rapidement en arrière pour constater les dégâts de cette escapade.

Alors que je pensais pouvoir enfin respirer, mon beau cheval se mit à ralentir comme si une lourde fatigue pesait sur lui avant de s’arrêter de galoper, de trottiner puis de marcher avant de s’effondrer sur lui-même nous faisant alors tomber sur le côté. Je pouvais ressentir les derniers souffles de mon bel ami. Pour nous sortir de ce pétrin, il avait puisé dans ses dernières ressources, dans ses dernières forces. Les blessures qui lui avaient été infligé étaient trop grandes pour pouvoir être soignées sans matériel médical ou sans bâton de soin.

« Luki… »

La faible voix d’Alena me tira alors de ma peine pour me donner une peur terrible avant de venir amplifier cette précédente tristesse. Ma tête se tournant lentement vers la silhouette de ma camarade, je ne pus qu’observer ce dernier sourire qu’elle m’offrait, ce qui avait réussi à me briser. Je retenais tout juste les larmes en me persuadant que mon premier amour allait résister à l’appel de la faucheuse.

« N-ne force pas ! Je vais trouver un truc pour te soigner… Je vais… Bouge pas, je… »

La prenant dans mes bras, je ne pus que fixer avec effroi cette flèche qui s’était enfoncée dans son dos et qui retirait lentement sa force vitale. N’ayant aucune compétence médicinale, je ne pouvais courir le risque que d’agir imprudemment sachant que je pouvais difficilement bouger mon bras droit à cause du projectile ancré dans l’épaule.

« Haha… C’est la première fois… Que je te vois comme ça…


- Parle pas ! Économise tes forces… Je vais te porter jusqu’à un village et… »

Ma panique se faisait de plus en plus présente. Je ne voulais pas la perdre. Pas elle. Surtout pas. Dieux, démons, diables, n’importe qui… Que quelqu’un me vienne en aide pour la sauver…
Ma concentration revint vers ma bien-aimée, et je finis alors par lâcher ces larmes que je m’efforçais de retenir lorsque je sentis la peau de sa main entrer en contact avec ma joue.

« - Ça ne sert à rien Luki… C’est fini pour moi…

- Te fous pas de moi ! Tu vas t’en sortir, j’te le promet ! Tiens bon, je vais te sauver !

- Tu peux à peine t’en sortir tout seul, je suis une charge en trop pour toi… Et… Il se peut qu’on soit encore poursuivi. Tu dois partir, tu dois fuir et vivre.

- Ta gueule ! Je vais pas t’abandonner ici !


- Luki.

- P-pas question !

- Lou…

- Non… »

Je le savais très bien. Je ne pouvais la sauver. Je ne pouvais rien faire pour elle. Toutefois, je n’avais pas le cœur à la laisser. Je n’y arrivais pas. Je ne pouvais pas. Je l’aimais trop pour ça. Pour elle, je n’étais sans doute qu’un ami avec qui elle avait passé un temps fou, mais moi… Ça me déchirait de la voir partir tant elle signifiait pour moi.

« Je t’en prie, Lou… »

Alors que mes paupières se fermaient pour essayer d’échapper cette réalité et essayer de trouver une solution miracle à ce problème, un choc émotionnel me ramena à ce monstrueux présent. Une douce sensation s’était apposée sur mes lèvres, sensation qui décupla mon chagrin intérieur. Ouvrant donc doucement mes yeux, je pus de nouveau observer le doux sourire de la damoiselle après ce baiser qui aurait pu m’achever.

« Vis. »

Je ne pus refuser son ordre après un tel geste, après avoir vu la peine sur son visage. La déposant délicatement, je continuai ma route, seul, adressant un dernier regard à Éclair, puis un autre à Alena, avant d’effacer mon ombre de son champ de vision.

« Pourquoi… ? »

Quelques kilomètres plus loin, une écrasante trombe s’accaparait des lieux alors que ma sombre figure gardait position, sans même prêter attention au torrent émergeant. Ma chevelure ébène absorbait lentement le liquide tombant des cieux, avant de saturer au possible, relâchant d’épaisses gouttes cristallines le long de mon visage. Se mélangeant aux flots des nuages, coulèrent de lourdes perles de chagrin sur mes pauvres joues. Je n’arrivais à concevoir si mon ressenti se retrouvait entre complète affliction ou allégresse. Cette expression émotive trouvait en son centre une animation unique. Ces larmes aussi réelles qu’illusoires se déplaçaient d’une singulière vivacité. À la fois sémillant et affligé, ce sanglot portait tout droit de mon cœur. De cette simple exception trouvèrent refuges d’innombrables attachements.

Un geste latent dirigea ce regard émoussé depuis le sol en pleure vers la voile bleutée ornée d’éclats. Une ronde lumineuse cramponna une magie dans mes pupilles, accentuant cette balance contrastante qui résultait en ces sourds larmoiements, offrant davantage de mes cris internes à la manifestation limpide. Lourdement, mon bras gauche s’éleva en direction des firmaments, laissant ma main envelopper l’astre lunaire avant que l’éternel ruissellement ne perturba mes nouvelles paroles.

« Pourquoi le malheur et la malchance me poursuivent-ils ? »

L’ardeur qui me faisait tenir sur mes jambes s’estompa brusquement, assignant une faiblesse certaine au travers mon corps. Mes genoux heurtèrent sauvagement le sol, sans que mon visage ne change d’aspect, sans que mes pensées ne s’envolent vers d’autres idées. Mon attention gardait en vue la luminescence de la nuit alors que mon âme trouvait réponse à ce martyre déchirant. Mon bras, doucement, glissa le long de mon corps, abandonnant ma main sur le terrain mouillé. Ma poitrine émit alors une flamboyante douleur qui se renforçait à chaque écoulement de gouttelettes de ma tignasse au parterre. Une vaine tentative d’apaisement manœuvra ma main libre de mouvement qui empoigna fortement cette poitrine, froissant par la même occasion le vêtement empli d’eau.

« Était-ce l’unique issue… ? »

Me levant alors, tuant mes précédentes émotions, je perdis mon regard vers l’horizon derrière moi. Empli à la fois de rage et d’amertume, je n’arrivais guère à contenir ce choc qui persistait en mon esprit.

« Pourquoi tout doit disparaître maintenant ? Pourquoi…  »

Je ne savais même pas quelle force arrivait à me faire tenir en vie si ce n’était le dernier mot que je pus entendre d’Alena. Toutefois, même avec cela, l’envie de vivre s’était effacé. Je pouvais toujours avancer, sans aide je n’arriverais jamais à un lieu où je pourrais me reposer et me soigner. Réflexion passée, je vins à regretter d’avoir quitter mon charmant amour. Si j’avais à mourir, j’aurais préféré rester à ses côtés jusqu’à la fin…

Des bruits de galops suivi d’un hennissement attirèrent alors mon attention. Me retournant faiblement en la direction de ces sons, je pus remarquer quelques survivants de l’attaques, des alliés qu’il n’était pas de refus de voir en ces heures difficiles. Malgré cela, une seule chose me traversa l’esprit à ce moment. Pourquoi maintenant ? Pourquoi sont-ils arrivés uniquement maintenant ?

« Les gars, c’est Luk’ ! Il est mal en point, faut l’aider. »

S’ils étaient arrivés plus tôt, peut-être qu’Alena serait… Peut-être qu’elle serait…

« … Pourquoi… ? »

Ce mot fut le dernier que je prononçai avant de perdre conscience, n’ayant plus aucune force restante en mon être.

La lumière provenant d’un chandelier d’or me tira alors de mon obscurité. Lentement, mon esprit de remémorait l’instant tragique de ma vie alors que ma paume de main s’apposa doucement sur ma tempe pour y calmer la douleur momentanée. Par la suite, j’admirais d’un œil mauvais la fortune des lieux. Il était clair que je n’étais à un endroit habituel, ni chez moi, ni donc chez une connaissance. Ainsi, je me rappelais alors de ce bal lugubre pour y conduire nous autres mécréants au bord du Styx. Je ne savais pas dans quel domicile mes camarades m’avaient amené, mais ce n’était absolument pas ce qui me préoccupait.

Recouvrant la totalité de mes sens peu à peu, je quittais péniblement la formidable couchette où j’étais confortablement installé afin d’enquêter les parages. D’une sombre expression, j’inspectais les meubles sans aucune conviction. Tout était si luxueux, si rares… Cette vie était celle que mon paternel aurait souhaité avoir, pour nous… Et… Soudainement, mes forces m’abandonnèrent encore, au profit de gouttes cristallines se déversant le long de mes joues. Je n’arrivais à supporter cette terrible perte. Ce cauchemar était véritable, c’était indéniable. Ceci dit, comment et pourquoi vivre si plus personne n’était là pour moi ? L’idée de me donner la mort me venait encore et toujours, mais les mots d’Alena semaient un tourment assez important dans mon esprit pour m’empêcher de commettre l’irréparable.

Sous un air morne, je me dirigeais enfin vers l’unique porte de la pièce. Mes bottes s’éternisaient au sol à chaque pas, emportant avec elles une myriade de poussière jusqu’à la seule issue possible. Tirant alors sur la poignée, la vue d’un long couloir ténébreux me fut offert en compagnie de deux grandes cuirasses sur mes côtés. La stupéfaction pouvait se lire un bref moment sur le visage des soldats, avant qu’il ne reprenne leur visage perplexe à la limite du blasé. Un geste ample assorti aux paroles de l’un fit mouvoir son compagnon vers l’étage tandis que la montagne restante me fit face, barricadant de son corps l’accès vers l’extérieur. Avec assurance, et surtout en suivant un comportement impitoyable, ce géant me repoussa sans scrupule à l’intérieur de cette somptueuse prison. Complètement impassible, il m’adressa quelques mots, le torse bombé et le regard hautain, alors que j’étais tombé à la renverse suite au heurt.

« Patientez à l’intérieur. »


Aucunement je ne discutais de cet ordre, ne bougeant pas de ma place, ne changeant même pas de position. Le parterre gelé n’arrivait guère à me convaincre de m’animer afin de me déplacer, me concentrant uniquement sur la vue de ce magnifique plafond. Toutefois, malgré mon chagrin, je pus faire agir mon instinct intellectuel, et ainsi avoir une idée de ce qu’il se tramait. Si j’étais entouré de guerriers autres que mes amis, et que j’étais bloqué dans une pièce… Cela signifiait deux choses : soit j’hallucinais complètement, soit j’étais capturé, ce qui voulait dire qu’il y avait peu de chance que mes compagnons s’en soient sorti aussi bien que moi.

Suite à cette réflexion, étrangement, ma peine s’atténua légèrement pour laisser parler une envie sauvage de me sortir de cette mauvaise situation. A cela, je compris rapidement que je devais éviter de me morfondre davantage. Si je venais tout juste de sortir d’une tragédie, je n’allais pas la laisser m’abattre, pas maintenant.

Reculant alors jusqu’au fond de la pièce histoire de pouvoir réfléchir plus aisément, je vins à la conclusion que je me trouvais chez un noble. Une simple caserne ne serait pas aussi luxueuse, et je doutais qu’un marchand aussi riche soit-il possède un lieu aussi luxueux et aussi gardé. En tout cas, mes blessures étaient soignées et je n’avais pas été abattu durant mon sommeil. Il était fort possible que celui qui me détenait ne m’avait pas reconnu en tant que voleur. Après tout, je n’étais pas le genre à me démarquer par mes prouesses, et je n’avais pas non plus un physique qui renforcerait un quelconque aspect maléfique. J’avais donc des chances de me tirer d’affaire si je choisissais les mots adéquats. Tout allait se jouer sur mes capacités à embobiner les gens… Et j’étais plutôt confiant pour le coup.

« Besoin d’aide mon petit ? »

Me retournant rapidement pour regarder dans la direction de cette voix, un soupir m’échappa lorsque je reconnus totalement qui en était le propriétaire. Je l’avais presque oublié depuis le temps. Joker. Depuis que j’avais appris ce qu’il était réellement, il ne s’était plus autant manifesté, même s’il était resté actif pendant une longue période. Cela faisait tout de même presque une année qu’il n’était pas réapparu, et ce n’était pas plus mal.

Jetant un coup d’œil rapide vers les gardes, je me mis alors à converser avec cet avatar que j’avais créé de toute pièce.

« - J’ai pas besoin de toi, dégage.

lons allons, du calme petiot, les gardes vont s’affoler. Et tu sais très bien que t’as besoin de moi plus que quiconque.

- Ta gueule, si tu m’étais vraiment bénéfique, tu serais venu pour m’aider à…
, chuchotai-je alors.

- Sauver ta dulcinée ? Te fout pas de moi, t’sais très bien que ton état mental était stable avec elle. C’pas comme si je pouvais apparaître quand je veux.

- J’en ai bien l’impression pourtant…

- J’peux apparaître que quand ça va pas bien là-dedans, tu l’sais. J’apparais quand t’as besoin de moi, ne suis-je pas trop gentil ?

- Un pur connard doté d’un caractère de merde, en effet. Prendre le physique et le tempérament de mon frère pour se jouer de moi, j’appelle pas ça de la gentillesse enfoiré.

- Et avec ton langage, c’est moi le connard hein ? Quoi qu’il en soit, laisse moi faire, j’vais t’sortir de là moi.

- Pas question. Je ne veux pas de l’aide d’un fantôme.

- J’suis pas un fantôme. Je suis toi. »

Bien que j’eus fortement l’envie de continuer à dénigrer cet être semblable à un esprit, je m’abstins de le faire en entendant quelqu’un approcher. Il fallait donc que je mette mes compétences à bien où je risquais fort de ne plus voir le levé du jour. Faisant alors face à cet homme, j’essayais d’adopter de bonnes manières bien que je n’avais aucune idée de qui il pouvait bien s’agir.

« - Navré que mes gardes aient eu un tel comportement. Comment vous sentez-vous ?

- Je dois vous avouer que j’ai connu des jours meilleurs… Mais je vous remercie de vous être occupé de moi.

- Je ne vais pas tourner autours du pot plus longtemps, qui êtes-vous ? Pourquoi des bandits se sont-ils pris à vous, et pourquoi paraissiez-vous si important à leurs yeux ? »


Je vois. C’était donc cela qu’il s’était passé. Tous mes amis ont risqué leur vie pour me protéger, mais comme j’étais dans un sale état, ces types ont cru que j’étais leur proie et que j’étais en quelque sorte un otage de valeur. Make sense. Que devrais-je lui dire ? Même si j’avais grandement envie de lui coller mon poings dans le visage, je devais me contenir. Adressant un rapide regard à Joker, je revins très vite confronter celui du noble.

« - Je suis le fils d’un très bon forgeron d’Oghma. Ils étaient à ma poursuite alors que je faisais escale dans les lieux afin de parfaire mes techniques. Sans doute cherchaient-ils à m’enrôler pour que je leur fabrique des armes de qualité, de gré ou de force et bien entendu, ce fut cette dernière idée qui fut appliquée. Je ne sais point si vous connaissez le nom de Aurora, mais c’est celui de mon père et du mien en conséquent.

- Cela me dit vaguement quelque chose en effet… Toutefois, il y a une chose que je n’arrive pas à comprendre. Pourquoi diable chercheraient-ils le fils plutôt que le père ? Sans vouloir vous offenser, vous n’avez guère l’air plus doué qu’un forgeron qui a pu se faire un nom. Et puis, votre père est sans doute meilleur que vous.

- En effet il l’est. Cependant, il ne faut pas oublier qu’il dispose d’une protection bien plus renforcée que la mienne. Mais pour être honnête avec vous, je ne doutais aucunement que ces brigands me cibleraient…


- Je comprends. Vous êtes la cible de malchance hein… Une dernière chose, aviez-vous idée de qui pourrait être l’origine de l’attaque du fourgon marchand qui s’est produit non loin ? Je veux dire, saviez-vous qui étaient vos ravisseurs par hasard ?

- Je… »

Le ton sur lequel il avait appuyé ne présageait rien de bon. J’avais l’impression qu’il me soupçonnait fortement d’être à l’origine de quelque chose, et qu’il cherchait à confirmer ses pensées avec cette dernière question. Il serait bien trop facile de lui répondre que je n’avais aucune idée de qui ils étaient, mais aussi… Cela pourrait me garder suspect. Tant pis…

Alors que je m’apprêtais à lui répondre, j’entendis les quelques mots que Joker me souffla à l’oreille, et instinctivement je ne pus que répéter ce qu’il m’avait susurrer.

« - Ils viennent du désert d’Oghma. Ils se disent être une troupe nomade pour faire davantage profit que ceux qui résident encore là-bas. Pourquoi cette question ? Se pourrait-il qu’ils vous ont échappé ?

- … Quelques uns ont réussi à s’enfuir pendant le combat. »

Tournant la tête vers Joker, je pus percevoir son effroyable sourire malicieux qui pouvait presque me mettre hors de moi. Malgré tout, vu que j’étais en présence d’autres personnes, je réussis à me contrôler pour revenir me concentrer sur l’interrogateur qui en avait vraisemblablement fini avec les questions. Après quelques formalités, je fus relâché sans contrainte à ma grande surprise.

Si j’en voulais encore à Joker de m’avoir manipulé, je pensais en premier temps à retrouver mes camarades restants. Bien que je ne savais pas où ils étaient allés précisément, j’avais quelques idées d’où ils auraient pu se cacher. Me hâtant presque pour examiner la zone afin de découvrir où je me situais géographiquement, mon alter-ego se montra une fois encore.

« Ne te dépêche pas, ne me réponds pas. Tu es peut-être suivi. Pour ces nobles t’es un leurre parfait pour attraper nos bons vieux potes encore indemnes. A moins que tu veux qu’ils crèvent, cherche pas à les joindre. Ils sont assez grands t’sais, ils sauront quoi faire. Rentre plutôt voir papa, ça paraît être une meilleure idée, moins risquée et moins douteuse. »

Comme si je pouvais les laisser… Même si j’étais en colère contre ce moi, je ne pouvais qu’approuver ses dires. Qu’est-ce qu’un jeunot comme moi pouvait faire pour les aider ? Je savais tout juste me battre, et je n’étais pas le meilleur pour concevoir un plan… Si je les rejoignais, je risquais fort d’être une menace et un poids supplémentaire qu’une réelle aide. Cependant, je n’arrivais pas non plus à concevoir l’idée de les abandonner à leur sort.

« Écoute, on abandonne pas les autres. C’est eux qui nous ont abandonné. A ton avis, si y’a encore des gens en vie, c’est que ceux-ci tenaient pas trop à toi. Un véritable ami n’abandonne pas ses proches, pas vrai… ? Comme tu l’as f-... »

Je ne pus m’empêcher de balancer mon bras sur Joker pour le faire taire. Je savais bien ce qu’il s’était passé. Il était inutile d’en ajouter.

« - Tu serais réel, je t’aurais déjà poignardé une centaine de fois, chuchotai-je.

- N’oublie pas que tu es moi, et je suis toi hehe… Aller, rentrons. A la maison. Père nous attend pas vrai ? Le voyage jusqu’à Oghma risque d’être long… »

Après un lourd soupir, je chassais de ma tête les divers endroits où je pouvais espérer revoir mes compagnons pour commencer à m’approvisionner pour effectuer le trajet jusqu’à ma terre natale.

« Pardonnez-moi… »
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le 30/12/2017, 15:10

Lukifeira, vingt et un ans


Mes pas me conduisirent alors vers la forge de mon cher paternel, le visage morne. Je ne savais pas comment je pouvais lui faire face, surtout après ces événements qui m’amenèrent à renoncer à une vie d’aventure, cette vie que j’avais tant recherché pour ne découvrir que peine et souffrance à la clé alors même que j’avais abandonné mes terres pour me lancer pleinement dans cette voie. Et au final, me voilà ici, revenu au point de départ, empli de chagrin mais surtout de désespoir.

En toute vérité, je ne savais même pas ce que je pouvais apporter de bon à la famille en retournant à ce village qui évoluait bien mieux que je ne le faisais. Toutefois, je ne savais pas non plus où aller maintenant que j’avais perdu de vue mon précédent objectif. Sans doute aurais-je dû simplement suivre le chemin que mon père traçait pour moi au lieu de suivre mon instinct… Peut-être que cela aurait changé beaucoup de choses, et que les événements qui venaient de se produire ne seraient jamais arrivés. Quoi qu’il en soit, il était impossible d’affirmer que je ne portais aucun regret ou remord en moi, mais j’allais tout de même faire face à ce qu’il m’attendait devant mon paternel.

Alors même que je m’approchais de l’entrée, je pressentais que quelque chose n’allait pas. J’espérais que ce n’était qu’une pure sensation fantôme, qu’un semblant parmi tant d’autres. Cependant, avec ce que j’avais pu vivre, il était possible que mon sens de l’anormalité se développa malgré moi. Lors de mon voyage, je me devais d’être vigilant presque à chaque instant. Ainsi, il se pouvait que je gardais en moi cette part de prudence qui m’indiquait lorsqu’une ambiance était inhabituelle. Ce n’était néanmoins pas ce faible sentiment qui allait désorienter ma conviction pour me laisser errer vers d’autres lieux inconnus. J’allais faire face à ce qui m’attendait, comme je le disais.

Le calme qui résidait dans cette bâtisse n’était guère des plus rassurantes. Pourtant, il est simple de savoir qu’une forge est naturellement bruyante lorsqu’elle est encore en activité. Je n’avais pas eu vent que mon père avait stoppé l’artisanat et ce n’était pas les nombreuses rumeurs infondées que j’allais croire. Et pourtant, lorsque je fouillais la maison afin d’y retrouver mon père, je n’y trouvais qu’un amas de poussière se bagarrant pour trouver une place ainsi qu’une lettre posée sur son lit, sans doute depuis trop longtemps.

« Lukifeira, mon fils. Lorsque tu liras cette lettre, je serai sans doute déjà parti. Non pas mort, mais pas non plus ici, auprès de toi.

Je ne sais pas si un jour tu récupéreras ces mots, mais je tenais à t’écrire moi aussi. Je t’aurais bien dit que je t’attendrais toujours, et qu’importe les situations, mais tu sais bien que je ne suis pas aussi patient. Presque tout mon caractère m’empêche de me comporter ainsi. Tout comme toi, je vis d’aventures. Je ne te l’ai sans doute jamais montré par peur que tu te remémores de la douleur que tu as eu en te souvenant de ton frère, mais tu es grand désormais, tu dois savoir vivre sans l’aide de ton vieux père. Tu n’as sans doute même plus besoin de moi à vrai dire. Tu ne l’as presque jamais eu besoin. En tout cas, si j’ai lancé le sujet à propos de ton frère, c’est uniquement pour te rappeler ses derniers mots. « Ne cherche pas à me ressembler ».

Je sais que tu suis les traces de ton frère Luki, et je ne t’obligerais pas à t’arrêter, juste d’y penser. Est-ce vraiment ce que tu recherches ou est-ce juste un moyen de fuir la mort de ton frère que tu idolâtrais ? Être un bandit n’est pas l’unique façon de voyager, je l’ai toujours fait et pourtant… Je ne suis qu’un simple forgeron. Il est vrai que l’on toujours vécu ensemble près des terres de brigands, si ce n’est dans leur village, mais ce n’est pas non plus une raison pour basculer du côté mauvais. Réfléchis longuement à ce que tu veux faire, et ensuite tu pourras agir. Ne sois pas si impulsif et tu verras un chemin qui te sera propre. Si tu planes dans le doute, prends un temps de repos et tout sera plus clair. Réfléchis-y, mon fils.

Je t’avoues que t’entendre dire parcourir le monde en exerçant une fonction de brigand a ravivé de mauvais souvenirs en moi, et je ne cache pas que je suis contre cette vie. J’aurais préféré que tu restes à mes côtés à évoluer en tant que forgeron pour me succéder plutôt qu’à risquer ta vie pour des broutilles sachant qu’il est tout à fait possible de voyager sans avoir à voler pour survivre. M’enfin, si cette fille dont tu parles te plaît autant, reste avec elle. Évite les erreurs que j’ai pu faire par le passé.

Si jamais mes mots t’ont touché d’une quelconque façon, j’espère pouvoir entendre ton nom dans les années à venir. Je sais que tu as le potentiel pour devenir un meilleur forgeron que moi, et si jamais tu décides d’embrasser cette voie, sache que j’attends de pieds fermes ton entrée dans la cours des grands. Ton père est peut-être un peu vieux, mais il saura vivre jusqu’à que ton nom résonnera jusqu’à lui. Pour l’heure, je vais tâcher de m’améliorer pour ne pas que ce soit trop facile. Je galoperais vers l’ouest pour y apprendre les diverses méthodes de forgeage pour améliorer mes techniques avant de voguer à travers le monde, là où le vent me portera.

Ne cherche pas à me rejoindre, fils, suis le chemin que tu auras choisi. Sache que je serai toujours avec toi, et que tu seras toujours surveillé. Je t’aime Luki, porte-toi bien. »


Je savais bien que mon père n’était pas quelqu’un qui tenait en place. Ses yeux s’illuminaient lorsqu’il me contait ses divers péripéties étonnantes. J’étais sans doute l’unique raison qui le forçait à restreindre ses envies nomades. Bien que je n’arrivais pas totalement à déceler celles-ci, j’arrivais à le comprendre. Et puisque j’étais parti, plus rien ne le retenait de faire de même. Maintenant que j’y pense, j’avais vraiment agi de façon égoïste. Père avait perdu un de ses fils plus jeune… Puis un autre d’une différente manière. J’aurais sans doute eu du mal à le supporter à sa place. Je ne savais même pas comment j’aurais pu réagir… Je n’arrivais tout simplement pas à y penser. J’étais trop blessé moralement pour ressentir quoi que ce soit d’autre. L’idée même que mon père n’était pas là ne m’avait pas directement traversé l’esprit. Je restais là, sur le lit, à ressasser mon passé et en essayant de voir ce qu’il aurait pu se produire si j’avais agi différemment à tel ou tel moment.

« Au final, je ne deviendrai jamais comme mon frère… »



Lukifeira, vingt-trois ans.



Voilà un peu moins de trois ans que mon escapade vers d’autres lieux s’était brutalement arrêtée. J’avais pu m’en remettre depuis le temps, même si je gardais toujours des séquelles de ce moment de malheur. J’avais aussi arrêté de convoiter une vie aussi tordue pour me consacrer à la forge. Je n’étais pas sûr de moi lorsque j’avais pris cette décision, mais je ne le regrette pas aujourd’hui. Vivre cette vie tranquille n’était pas si mauvais si je la comparais à celle d’un bandit. Bien que les sensations de combats n’étaient guère présentes pour me tenir en halène, je pouvais toujours faire taire mon impatience à l’aide d’exercices, et ce, même avec Joker m’attirant vers le côté obscur tout le long.

Ce dernier n’arrêtait pas d’essayer de m’insuffler une nouvelle fois cette envie de me battre et je devais effectivement me battre pour y résister. Ce n’était pas croyable qu’après tout ce que j’avais vécu, cela me manquait de jouer les brigands et de mener une dangereuse vie. J’avais fini par m’y faire de vivre avec l’idée que Joker provenait uniquement de mes pensées profondes, de ma tête et de mes envies… Mais je n’arrivais toujours pas à concevoir que c’était celui que j’étais réellement. Il me paraissait si… Malhonnête ? Peut-être était-ce ce que j’étais après tout… Je savais bien que j’étais bon pour toutes ces choses et qu’il était plaisant que de jouer un mauvais tour à quelqu’un. Peut-être que…

« - Oui, ton cœur est complètement noir. M’enfin, pas totalement en fait, il est sans doute plus lumineux que de nombreux autres connards du même genre… Il n’en reste pas moins que t’es un connard. Tu dois juste l’assumer maintenant. Embrasse cette vie que tu recherches tant, t’as juste à le faire complètement et comme il le faut. Tu dois penser de cela comme si c’était un jeu tu sais. Tes sentiments doivent pas te gêner mais juste t’aider. Genre, ta dulcinée qui est morte, la peine que tu ressens doit pas t’empêcher d’avancer, elle doit être minime, comme ce que je ressens moi. Et oui, tu l’sais peut-être, mais je suis toi alors j’peux te comprendre un peu mon vieux. Mais bon, au final, c’est juste une vie comme une autre, y’a pas qu’elle qui a crevé. Éclair aussi y a passé, et d’autres y passeront encore.

- Tu crois vraiment que je vais de nouveau joindre mes forces aux bandits avec tes… Tentatives de persuasion ?


- J’vais pas te mentir après tout, tu sais très bien ce que tu en penses. Et je sais que tu as vraiment envie de rejoindre ces types qui cherchent à secourir d’anciens camarades. T’es pas fait pour te tenir tranquille. Tu devrais mettre en application ce que t’as écrit ton stupide père et tu verras que tu es fait pour être de leur côté. Et qui sait, peut-être les mener haha.

- Je ne vais pas y aller Joker. Tout cela n’amène que malheur et-…


- Je sais que t’as pas oublié la poignante sensation d’un combat. Réfléchis avec moi, quand t’es-tu senti le plus en vie ? Maintenant, en forgeant des armes et en passant tes journées à ne rien faire… Ou avant, lorsque tu galopais fièrement à la recherche d’une nouvelle proie en compagnie de braves compagnons ?

- Je…

- Tu te sens mort actuellement ! Arrête de larver et partons jouer un peu. Tu verras bien que t’es fait pour cette vie. Tu feras pas que suivre les traces de ton frère, tu parcourras ta propre voie en faisant ça et t’en ai conscient. Arrête juste de te voiler la putain de face.

- Tu ne me dicteras pas ce que je dois faire…

- Je dis la vérité et tu ne sais plus quoi faire ? Avoue juste que t’es en manque d’actions. Ton sang n’est pas celui d’un simple forgeron. Il recherche bieeeeeeen plus que cela. Si tu l’as pas remarqué, tu le remarqueras très vite en allant faire un petit tour avec eux.


- Tu cherches juste à me faire devenir ce que tu souhaites que je sois, c’est-à-dire comme toi.

- Hahahaha ! Tu es moi. »

Dans le fond, je ne voulais juste pas l’admettre devant lui, mais il avait raison. Cette satisfaction n’était que factice, à peine superficielle. Elle m’aidait juste à fuir les affronts que j’aurais à faire si jamais je retrouvais une voie guerrière. Mon cœur n’était pas aussi fort que celui de Joker. Je sentais qu’il allait rapidement vaciller si une simple perte se montrait devant moi. Et pour sûr, je n’étais tout simplement pas prêt à supporter une nouvelle défaite, surtout si elle résultait sur de nombreux morts. Ou en tout cas, je ne me sentais pas prêt.

Toutefois, il était vrai que cela faisait quelques années que je n’avais plus noué de relations, ni même essayé. Et quand bien même certains pourraient me considérer comme leurs amis, je n’arrivais tout simplement pas à réellement sympathiser avec eux. C’était comme si un énorme blocage s’était installé dans mon esprit… Ou alors…

« - Joker, dis-moi, tu m’as fait quelque chose ces dernières années ?


- Étant donné que je suis uniquement le reflet de tes pensées, je vois mal comment j’aurais pu te faire quoi que ce soit, pas que je veuille pas mais bon…

- Alors, pourquoi donc-...

- Tu changes de toi-même sans même le remarquer, si c’est pas beau tout ça. Si tu le vois que maintenant, c’est que ça va bien plus grave que j’pensais. Essaye d’écouter mes conseils une seule fois, et tu verras que j’suis pas méchant. Du moins, pas envers toi. »


Vingt-sept ans


Au final, je n’avais pu résister à l’appel des armes. Je ne voulais pas donner raison à mon alter-ego, mais en même temps, cette irrésistible envie n’arrêtait pas de croître au point où je cédai tout simplement. Voilà quatre ans que j’avais rejoins de nouveau la troupe bandit des environs. Bien que ce fut difficile, on avait pu s’étendre sur bien plus qu’un simple village perdu au milieu du désert pour gagner une influence directe sur la région. Politiquement parlant, on était vu comme de simples malfrats, des ignares profanant les lieux sacrés ou encore de dangereux mécréants sans scrupules limitant le commerce entre les royaumes. Notre nom avait pu se démarquer pour faire parler de lui et inspirer une certaine frayeur dans le territoire, bien que personne ne savait exactement si la troupe bandit était bien la même à travers toute cette terre sèche. Beaucoup redoutait juste la force d’attaque des brigands des lieux en général sans jamais se douter d’une coopération entre eux. Moi dans tout cela ? Cela me plaisait, fortement même, et étrangement aussi. Peut-être avais-je vraiment sombré, mais plus rien de tout ce qui pourrait venir de cet ancien état dépressif ne m’importunait. Je m’amusais bien trop pour tout stopper, pour penser au passé.

Si mon but n’était pas celui de voyager à travers le monde comme à l’époque, il n’était pas pour autant plus précis. Vivant désormais au jour le jour, je ne m’étais pas vraiment fixé d’objectif… Si ce n’est ceux-là : devenir un guerrier assez redouté pour entrer son nom dans la légende et… Bâtir ma propre nation. Quoi ? Il est vrai que cela est un peu précis et ambitieux mais… Avec un peu d’effort, le génie que je suis pourra certainement trouver un moyen d’y arriver.

« Q-qu’est-ce que vous voulez ?! »

Ah, c’est vrai. Je ne devrais pas m’arrêter alors que je m’apprêtais à dépouiller ce pauvre marchand ambulant. M’enfin, ce n’était pas comme s’il risquait de me faire quoi que ce soit. Sa force de protection avait été anéanti, et il ne risquait pas de me reconnaître sous ce masque et ce déguisement. Mais bon, il était vrai que trop retarder la fin pour le plaisir n’était pas le meilleur à faire. Si je modifiais grossièrement ma voix pour cacher mon identité, je ne pouvais pas changer ma carrure. Et étant donné que je gardais mon profil de forgeron comme couverture, je ne pouvais pas me permettre de me faire remarquer. Après tout, il était bien plus aisé de se mouvoir en tant qu’artisan qu’en tant que voleur malhonnête. Les avantages étaient bien trop nombreux pour éviter un double jeu pareil.

« Et bien, tu dois bien savoir ce qu’on veut non ? T’en fais pas, si tu restes tranquille, on touchera pas à ton corps bien dodu. »


Alors que je surveillais l’avancement des choses, il était simple d’apercevoir quelques mouvements de résistance de la part du vendeur et certains rescapés. Je ne savais vraiment pas ce que les gens avaient à vouloir résister alors qu’ils pourraient tout simplement se tenir à l’écart le temps qu’on pille le tout… Mais ce n’était pas pour me déplaire. C’était toujours amusant de se confronter à d’autres forces. Bien qu’il fut facile de les vaincre, jouer avec eux un certain temps était une bonne source de plaisir.

Toutefois, toutes les bonnes choses ont une fin. Ma lame caressait alors la gorge du marchand sans défense qui s’excusait à répétition, plaidant pitié et autres conneries.

« - Je t’ai laissé une chance de vivre, tu as choisi de mourir, c’est aussi simple. Alors… Comment devrais-je te tuer… ?

- Je vous en prie… J’ai une famille, des enfants…

- Toujours la même réplique. Fallait réfléchir avant d’agir, on te l’a jamais dit ? »

Je vins alors couper les tendons de cet homme avant de lui sourire malicieusement, alors qu’il hurlait de douleur.

« - Voilà comme punition. T’vois, je t’ai pas tué.

- M-monstre ! Tu le paieras cher !

- Oh ? J’attends cela avec impatience. N’oublie donc pas contre qui tu t’es confronté aujourd’hui. Je suis le chef des bandits d’Oghma… Joker. »

Sous un dernier sourire, je partis des lieux, emportant les trésors et mon escouade avec moi, ne laissant que les ravages de notre assaut. Me remémorant le passé brièvement, je ne pus m’empêcher de murmurer ces mots, comme si je parlais à moi-même.

« I am Thou, Thou art I. From the Sea of my Soul, I came. »
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le 30/12/2017, 17:20

Et voilà, un autre poste pour dire que ma présentation est enfin terminée !

Je sais que y'a des passages importants qui pourraient être développé, mais je me les garde pour d'éventuels RPs.

Si jamais quelque chose gêne, je changerais à votre guise.
J'espère tout de même que ça plaira, enjoy !
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le 6/1/2018, 19:21

Bienvenue sur le forum, « Joker » !

Pour commencer, permets-nous de te présenter nos plus plates excuses pour l'attente. La fin de l'année a été très prenante et la taille de ta fiche tout aussi conséquente, ce qui a rendu sa lecture plus longue. Bien que c'est sans nul doute la présentation la plus chargée que nous ayons eu à lire, c'est la preuve de ton investissement et nous t'en félicitons.

Malheureusement, nous ne pouvons pas te valider en l'état, certains éléments nous laissant dubitatifs. Rien de grave, bien sûr, et j'espère que tu comprendras notre besoin de clarifier les choses.

- Par rapport aux compétences, ce ne sont pas des défauts, à nos yeux, de ne pas savoir utiliser des armes qui n'ont jamais intéressé le personnage en question — c'est un peu le cas de tout le monde (un adepte de la magie blanche se fiche éperdument de savoir lancer un shuriken sur une cible   ). Être habile et capable d'ouvrir n'importe quelle serrure est, en soit, une compétence logique pour Joker. Être doué avec une dague avec plusieurs années d'entraînement, aussi. En revanche, la magie nous semble complètement optionnelle, surtout s'il prétend pouvoir un jour forger une arme de qualité légendaire !

- J'ai du mal à cerner son caractère. J'ai compris qu'il aimait mentir et s'amuser aux dépens des autres, mais beaucoup d'adjectifs se contredisent : comment un homme manipulateur peut-il être digne de confiance, être méfiant tout en sachant faire preuve d'esprit d'équipe, ou être jaloux et serein en même temps ?  

- L'histoire est difficile à suivre. Lukifeira a perdu son frère très jeune et il a projeté les souvenirs de ce dernier dans une figure imaginaire appelé Joker, c'est ça ?    J'ai... bien du mal à comprendre comment il aurait pu s'apprendre lui-même à se battre, sans avoir eu un véritable mentor dans sa jeunesse. Je pense que c'est quelque chose à prendre en compte dans ses faiblesses éventuelles : son style de combat est peut-être chaotique, efficace pour surprendre, mais très peu adapté pour un duel en face-à-face avec un combattant à la technique plus traditionnelle ? De même, je doute qu'il soit possible d'être à la fois un excellent voleur, un épéiste capable de tenir tête à un guerrier hors pair et un forgeron légendaire en devenir. Développer ces trois compétences simultanément tout en étant le "chef des bandits" d'Oghma au jeune âge de 27 ans relève de l'utopie.

Comme tu l'as compris, notre principale inquiétude avec ta fiche est un souci d'équilibrage.  J'ai bien reconnu l'influence de Persona 5 à travers ton avatar, ton surnom et toutes les références à un autre soi-même, et aussi celle de ton personnage sur le précédent forum Fire Emblem que nous avions en commun ; et je ne peux m'empêcher de croire que tu voulais combiner toutes ces idées sans réaliser que l'ensemble est excessif.  

Nous te conseillons donc de reprendre tout ça et de garder ce qui te semble primordial pour Joker. Malgré ces remarques, il y a de l'imagination et des bonnes idées, et nous sommes certains que tu parviendrais à faire évoluer ton personnage dans une direction intéressante. Bon courage à toi ! Si tu as besoin d'aide ou d'explications, n'hésite pas à envoyer un message privé à une des administratrices.
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le 7/1/2018, 13:12

Hallow & Thanks !

Vous inquiétez pas pour l'attente, je peux comprendre ^^
Alors voilà pour clarifier les choses :

1/ Concernant les compétences, il est vrai que la magie n'a plus rien à faire là-dedans. Je comptais faire un truc avec au tout début mais au fil de l'écriture j'ai complètement oublié, je l'admets xD. Pour le coup j'ai supprimé son aspect magicien.
D'un autre côté, pour la forge, j'ai jamais dit qu'il était excessivement bon. Peut-être dans son histoire, tout en jouant son côté arrogant et sûr de lui, mais ça reste uniquement un forgeron capable de forger une arme, sans trop de plus pour lui hormis qu'il utilise quelques techniques héritées de son père. Et bien qu'il souhaite effectivement forger une arme légendaire, ça veut pas dire pour autant qu'il en a les capacités. Pour le moment il est loin de cela, à peine meilleur qu'un forgeron lambda.

Pour ses compétences de guerriers, là par contre je suis à moitié d'accord on va dire.
Dans l'histoire, il est sous entendu qu'il a perdu son frère tôt dans son enfance, mais j'ai laissé flou pour un futur RP / Prédef' ou je ne sais quoi, je savais pas trop encore comment j'allais y revenir plus tard donc j'ai préféré ne pas trop développer.
Donc pour plus de précision, lorsque je raconte l'histoire, il venait tout juste de perdre son frère (environ un mois auparavant à peu près). Son père en reste dévasté et lui aussi.

J'ai laissé sous-entendre par delà certains dialogues que son frère était un "Soldat" ou du moins une fine lame. Et lorsque ce dernier était toujours en vie, mon personnage suivait presque tout le temps celui-ci, autant dans ses entraînements que dans sa "vie sociale".
Par conséquent, Joker, le reflet du frère de mon personnage par son imagination "récupère" les mêmes mouvement que celui-ci qui lui transmet alors son "savoir".
Ainsi, son style, bien qu'il reste assez brouillant, peut-être assez "bon" pour pouvoir le qualifier d'un style guerrier au fil des années sachant qu'il n'a jamais arrêté de s'entraîner.
De plus, lors de sa campagne et de ses sorties, il a toujours préféré utiliser un style qui lui est propre, et non pas "le commun des voleurs" (si on peut dire ça comme ça) pour ainsi le forger tout au long de sa vie. Certes, pour le moment il n'est pas encore le "guerrier hors paire" qu'il souhaite être, mais il s'entraîne toujours.
(Et à mes yeux en ce moment je le considère comme un guerrier assez bon pouvant donner du fil à retordre sans se montrer trop au-dessus)

En soi, ses objectifs sont utopiques, je ne peux le nier. Il veut devenir un guerrier légendaire, ayant forgé son arme légendaire pour ensuite créer son royaume propre à lui, tout en étant respecté de tous. Ça reste des buts, et pas la finalité des choses en toute évidence. Il atteindra peut-être un seul de ses objectifs, voire aucun. Si ça avait été flou vous m'en voyez excusé.

(Oh, et pour le coup j'ai aucune excuse pour le côté "chef des bandits", je me suis juste dit qu'il pouvait être assez charismatique pour l'être et avoir vécu quelques aventures le permettant d'atteindre cette place. Je comptais surtout développer ça autour de RPs FB ou je ne sais quoi, mais si vous voulez vraiment des infos sur son élévation en tant que telle, j'irai la faire.)


2/ Pour le coup du caractère, j'admets n'avoir pas eu envie à l'écrire. De mon point de vue, c'est souvent long et chiant :c
Mais un mal nécessaire il faut croire.

Sachant que mon personnage porte en lui son attitude qu'il garde de son enfance, à savoir ce côté bon et serein qu'il laisse paraître, s'en mélange le caractère typique de "Joker", sa figure imaginative. Ainsi, en naît des contrastes dans son tempérament.
Par exemple, si je mets qu'il est digne de confiance, c'est plus par rapport à sa position de chef. J'ai pas vraiment trouvé l'expression qui correspondrait le mieux à cela, mais disons que ses subordonnés peuvent compter sur lui sans qu'il ne se retourne contre eux. Avec ses êtres "aimés", il ne va jamais démontrer ce côté machiavélique que j'ai pu décrire. De plus, il est aussi digne de confiance par delà ses autres caractères, et dans le genre des "capacités". Assez touche-à-tout en somme, il est facile de lui faire une requête etc...

Dans le cas esprit d'équipe / méfiant, disons plutôt qu'il se montre mmh... Coopératif ? Je ne sais pas, le cas d'esprit d'équipe, je l'ai surtout vu dans le cadre d'une bataille et qu'il "use" ou perçoit les personnes autours de lui et va bouger dans leur sens ou en utilisant leur compétence de façon "harmonieuse" pour que leur capacité soit optimale (ou en vouloir). Et méfiant dans le sens "chef des bandits", un peu parano' envers tout.

Dans le sens jaloux / serein, serein n'est pas totalement accordé. Il montre plutôt une façade de lui très "sereine". Il répond peu aux provocations dans l'immédiat, il montre peu ses véritables sentiments etc... Je savais pas trop où je pouvais mettre ça, ni comment le dire avec peu de mots du coup j'ai laissé /dead.


Du coup, si vous voulez vraiment que je développe tout son caractère après ces quelques infos, je le ferai donc.

Voilà, en espérant que cela vous ait éclairci au mieux.
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le 15/1/2018, 21:44

Bonsoir à toi Joker !

Merci d’avoir posté pour clarifier les choses, nous allons donc reprendre point par point afin que ta validation soit rapide.

1/ C’est judicieux d’avoir supprimé l’aspect magicien, cela n’avait en effet pas lieu d’être. Concernant ses capacités de forgeron, si ce n’est pas précisé, nous ne pouvons pas deviner que ton personnage est « à peine meilleur qu’un forgeron lambda ». Et visiblement, comme il n’a pas non plus passé son temps à la forge, nous ne voyons pas pourquoi il serait même à peine meilleur. Concernant les armes légendaires, cela est de toutes façons hors de question car cela déséquilibrerait trop le jeu de laisser de tels objets en libre circulation sur le forum.

Le gros souci selon nous est dans ses compétences guerrières. Certes il a pu observer son frère et copier ses mouvements. Mais personne n’est parfait : non seulement sa mémoire est biaisée (les souvenirs ne sont jamais neutres et toujours liés à l’affect) mais en plus elle s’altère avec le temps. Si on ajoute à cela le fait que son entraînement n’a été supervisé par aucun maître d’arme qui aurait pu corriger ses postures, sa classe et son niveau sont bien trop surestimés. Pour te donner un exemple, Ofelia -vassale du roi de Pallas et entraînée à être soldat depuis son enfance- a une classe de second rang. Il nous paraît donc tout à fait hors de propos que ton personnage puisse avoir des compétences le plaçant à ce niveau là sans entraînement adéquat (et par cela nous souhaitons te signifier que tout seul dans son coin cela nous paraît tout à fait utopique). A toi de voir donc si tu souhaite le faire passer en classe de rang 1 en voleur, ou bien si tu souhaites conserver la classe escroc, introduire une influence extérieure qui aurait pu l’aider à s’améliorer et à corriger ses défauts.

A propos de ses objectifs, il est bien entendu que cela reste de l’ordre du rêve et non pas du possible (du moins pas sans notre permission). Car cela nous a paru flou et peu clair. Pour son statut de chef des bandits, sans développement et justification de ta part, cela ne passera malheureusement pas.

2/ Oui le caractère est indispensable, tout le monde se plie à cet exercice aussi tu ne seras pas validé sans cela. Le fait que tu doives nous préciser toutes ces informations dans un post à part montre à quel point ta fiche est nébuleuse. Le style est fouillé sans aucun doute, mais nous ne sommes pas devins (sinon on aurait eu les chiffres gagnants du loto depuis un bout de temps), aussi il aurait été judicieux de préciser tout cela dans sa fiche au lieu de nous laisser nous perdre dans des hypothèses quant au caractère de ton personnage.

Pour conclure, c’est une fiche intéressante avec plein de bonnes idées. On sent l’effort que tu as fait en l’écrivant et c’est tout à ton honneur. Malheureusement elle est très longue (trop peut être ?) et par conséquent difficile à suivre. Il en ressort que ton personnage gagnerait à être épuré, simplifié ainsi que ton histoire. Peut être devrais-tu prendre le temps de noter ce qui te semble vraiment important dans ton personnage et ce que tu souhaites développer plus tard en rp, comment tu souhaites le faire évoluer afin de construire quelque chose de moins excessif et de plus cohérent.
Gaïa
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