Leave me alone (PV Camilla)

le 15/1/2018, 08:22

Nouvelle journée, même vie. Déambuler encore et encore dans les rues, à la recherche de nourritures, sans autres buts précis pour l'avenir que la survie. Se fondre dans le décor, n'être qu'un être parmi tant d'autres, passer inaperçu. Attirer l'attention était un acte des plus inutiles, quelle personne sensée chercherait la compagnie? Se lier, avoir des amis, de la famille, tout cela n'apportait toujours que souffrances. Oui, être seul était la voie à suivre... Ou du moins c'est ce que croyait le petit Zéthos, du haut de ses huit longues années. Sa famille était morte, son seul ami disparu, il était bel et bien seul et ne souhaitait plus essayer de tisser des liens. Désormais, les livres étaient sa seule famille, sa seule passion, sa raison de continuer à parcourir cette terre désuète, à continuer d'exister.

Aujourd'hui ne faisait pas exception, encore une journée qui s'annonçait bien longue et inintéressante. Comme à son habitude, le jeune voleur se rendit au marché, dérobant deux ou trois fruits au hasard, n'ayant pas le loisir de faire la fine bouche. Après plusieurs mois d'entrainement, il était rendu plutôt pas mal pour passer inaperçu. Bon d'accord, il lui arrivait encore parfois, même souvent, de se faire attraper et passer un savon, mais avait-il réellement le choix? Les sermons, la violence physique à son égard, tout cela était déjà bien mieux que de se laisser mourir de faim. Avec le temps, son corps s'était endurci, de même que son esprit et tout cela ne l'affectait plus... Du moins, il essayait de s'en convaincre. En réalité, même si son âme était déjà des plus meurtries, c'était elle qui continuait d'absorber chaque blessure que recevait Zéthos. Son corps pouvait rapidement guérir, mais son esprit se déchirait chaque jour de plus en plus. Son seul baume, son seul pansement disponible était la lecture, un passe-temps des plus coûteux et juger inutile par plusieurs, mais pas par notre petit bonhomme: c'était un besoin.

Inconsciemment, il se retrouva devant la façade d'une librairie. S'arrêtant sur le seuil, il regarda le bâtiment, indécis. Pour lui, cet endroit représentait un endroit sacré, un temple de l'intellect. En tant que pauvre gamin des rues, avait-il réellement le droit d'entrer dans un tel lieu? Définitivement, non, mais la réelle question était plutôt: allait-il le prendre? Il savait bien qu'en mettant un pied à l'intérieur, qu'à l'exacte instant où le propriétaire des lieux le remarquerait, il devrait quitter. Il suffisait simplement d'un léger coup d’œil pour comprendre dans quelle misère se trouvait Zéthos, que celui-ci n'avait pas l'argent pour acheter quoi que ce soit. Cela était peut-être bien cruel, mais le sort des orphelins attiraient souvent bien peu de sympathies, les pauvres ayant déjà bien assez de leur petite personne et les riches recherchant simplement à toujours plus s'enrichir. Personne n'avait le temps, ni l'envie, d'aider quelqu'un qui ne pourrait jamais rembourser sa dette. Ainsi était la vie.

Un enfant qui voulait un nouveau jouet pouvait parfois se montrer insistant et déterminé, c'est dans cet état que pénétra finalement Zéthos dans l'antre des bouquins. C'était la toute première fois que celui-ci se permettait un tel affront, ayant longtemps profité de la générosité de Shill, qui lui avait fourni de précieux livres pendant un bon moment. Enfin, précieux seulement aux yeux de Zéthos, cela allait sans dire. Par la suite, il avait quelques rares fois réussit à dénicher des bouquins à des vendeurs de rues, mais sans plus. Une telle abondance à un même endroit était tout simplement un rêve. C'est avec les yeux brillants et la bouche ouverte que le gamin resta un moment à l'entré, admirant la vue. Par manque de chance, le marchand le remarqua rapidement et s'approcha. Un homme dans la trentaine, voir la quarantaine, et qui n'avait pas l'air sympathique le moins du monde. Celui-ci ne semblait pas aimé les pauvres, ni les gamins, et encore moins les gamins pauvres.

La magie du moment fut vite brisée pour le jeune voleur et celui-ci se mit à paniquer: il ne savait pas du tout comment réagir. En bon gamin, il agrippa le livre qui se trouvait le près de lui, il était venu pour ça après tout, avant de tourner les talons et s'enfuir: une parfaite réaction qui démontrait toute son immaturité. Même s'il avait appris à se débrouiller et à vivre seul, il n'en restait pas moins un simple enfant, simple enfant qui venait de voler un ouvrage complexe de mathématiques... Il ne risquait pas d'y comprendre grand chose, mais il n'allait pas renoncer pour autant à le garder. Tant qu'à avoir déjà pris tous ces risques, il allait faire tout son possible pour échapper à l'homme qui le pourchassait.

À peine eut-il mit le pied dehors qu'une main agrippa ses vêtements, le faisant trébucher vers l'avant. Protégeant le livre de ses maigres bras, autant de la chute que de l'adulte, il sentit son front heurter violemment le sol. Se recroquevillant, il dégusta le premier coup de pied directement dans les côtes, entendant à peine les sermons en provenance de son agresseur. Au final, celui-ci le laissa bien vite tranquille, remarquant les regards que lui jetait les passants. Même si personne n'osa intervenir en faveur du gamin, des regards lourds de reproches se portaient sur la scène. Avant d'en prendre pour son compte, de se faire accuser de quoi que ce soit, le libraire retourna dans son échoppe, non sans avoir au préalable craché sur le voleur, question de bien montrer son indignation.

Aux limites de l'évanouissement, une vilaine coupure à la tête et une grande douleur aux côtes, Zéthos était tout de même heureux: il avait son bouquin. Pressé de disparaître, n'ayant pourchassé le voleur que pour la forme, l'homme n'avait pas pris le temps de récupérer son dû. Finalement, c'était plutôt une bonne journée... S'il y survivait, cela dit. N'ayant aucune notion de soin, il serait bien embêté si personne ne lui venait en aide: il ne saurait absolument pas comment arrêter le saignement. Déjà que sa conscience était aux bords du gouffre, sa situation n'était pas des plus enviables. Malgré ce qu'il croyait, un instant avant que la noirceur ne recouvre entièrement son esprit, la peur de la mort le gagna.
Zéthos
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le 22/1/2018, 07:19

Camilla était en convalescence depuis un petit temps désormais. Pas assez pour que sa blessure ne risque pas de se rouvrir au moindre mouvement trop brusque, mais juste ce qu'il lui fallait pour pouvoir marcher sans boitiller. Un état absolument parfait pour se dégourdir les jambes à travers les sublimes rues de Cerulis, et c'était sur cette pensée qu'elle avait filé en douce des appartements de Xander, dès qu'il s'était absenté.
Elle était habituée à passer son temps dans chez elle, lorsqu'elle n'était pas en mission à travers Nohr. Siroter du thé à longueur de journées ou chouchouter Corrin était presque devenu un rituel, à chaque fois qu'elle avait du temps libre et, si elle s'était longtemps contentée de cette simplicité et de cette affection, son arrivée sur Gaïa lui avait fait goûter à une liberté qu'elle chérissait sûrement un peu trop, désormais. Son besoin d'air frais et sa curiosité prônaient sur celui de rester au fond de son lit et c'était sans la moindre hésitation qu'elle s'était habillée pour une petite balade improvisée. Il la sermonnerait peut-être, ou pas. Au fond, le résultat resterait le même et ils savaient tous les deux qu'elle ne l'écouterait que lorsqu'elle estimerait elle-même la situation comme étant critique.

La plaie sur sa cuisse se refermant peu à peu, elle estimait être dans son plein droit de sortir. Si elle était loin d'être agréable à regarder, elle promettait néanmoins de convenablement cicatriser et ne lui laisserait sûrement qu'une vilaine marque qui disparaîtrait toutefois avec le temps. Ou se mêlerait aux nombreuses autres, éventuellement. Elle ne s'en préoccupait pas réellement, de toute manière. L'homme qui aurait la « chance » d'être son mari en verrait plus. Assurément plus.
Néanmoins, Camilla rangea cette éventualité dans un coin de son esprit et s'engouffra à travers les rues commerçantes de Cerulis, le pas léger en dépit de la douleur qui fusait dans sa cuisse. Elle forçait peut-être un peu trop après coup, mais rester couchée lui était bien plus désagréable que le tiraillement qu'elle sentait sous sa robe et elle aimait un peu trop la caresse du soleil d'Istus sur sa peau.

Vous avez vu ça ? Je ne cautionne pas les voleurs à la tire, ni les orphelins dans les rues, mais de là à aussi violemment leur taper dessus... !

Camilla inclina la tête, s'arrêta. Elle avait appris, au cours de sa vie, que les gens avaient toujours tendance à exagérer tout ce qu'ils voyaient. À donner des ampleurs un peu plus significatives à tout ce qui les faisait réagir ou à en amoindrir les causes et conséquences. Et de fait, elle avait également appris à un peu moins s'inquiéter, pour ne pas éventuellement étouffer les personnes pour qui elle le faisait.

Mais tout de même... Un livre. Qui irait envoyer un gamin voler un livre ?

La princesse de Nohr arqua un sourcil. Incrédule, elle s'avança innocemment en direction de la scène pour le moins inattendue qui se dessina sous ses yeux et... Sentît son coeur rater une série insupportable de battements. Sa réaction fût presque instantanée.
Son unique oeil visible luisant d'une étincelle d'inquiétude, Camilla accéléra le pas en direction du petit garçon apparemment centre d'une attention pourtant hypocrite puis glissa prudemment ses bras autour de lui, pour délicatement le redresser.

Tout va bien, trés--

Elle coupa court à sa question, le regard rivé sur la blessure à sa tête alors qu'elle sentait une rage sourde grimper en elle. Comment pouvait-on décemment infliger un tel traitement à un enfant ? Pire encore, comment pouvait-on simplement assister à la scène sans prendre la peine d'y réagir ?

Je t'emmène au temple pour te faire soigner cette vilaine blessure, d'accord ?

Que l'idée lui aille ou pas, elle comptait bien l'y emmener, de toute manière.

Tout va bien aller, je vais m'occuper de toi.

Elle ignora les regards et murmures que son geste soulevèrent, enroula un peu mieux ses bras autour de l'enfant pour le ramener contre sa poitrine en se redressant prudemment, son regard se glissant enfin sur le livre entre ses mains.

Tu sais lire ce genre de choses ?

______


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le 5/2/2018, 04:45

Jeune, mais pas stupide. Certes, Zéthos ne voulait absolument pas de l'aide de cette femme, il voudrait lui dire non, qu'il pouvait se débrouiller seul, mais il savait que ce n'était pas le cas. Sa blessure était trop importante pour ses maigres compétences et elle risquait de s'infecter, si elle n'était pas soignée correctement. Cela le frustrait, mais il ne pouvait se permettre de refuser. Et puis... Il fallait bien avouer que la poitrine de la femme n'était pas désagréable, loin de là. Un léger sourire niais se dessina sur les lèvres du jeune garçon. Ne vous méprenez pas, notre petit est loin d'être tombé en amour, il ne sait même pas ce que c'est, il n'est pas à un âge où ce genre de choses lui passe par la tête. Seulement, cela faisait bien longtemps qu'il n'avait pas reçus de preuves d'affections et cela lui réveillait de vieux souvenirs. Était-ce bien ou mal? Cela restait encore à savoir. Avec ce qu'il avait déjà vécu, il savait à quel point l'attachement pouvait se retrouver à double tranchant. Dans l'immédiat, il n'avait pas le choix d'obéir et rester tranquille de toute façon, sa tête le faisait atrocement souffrir, mais il n'allait pas pleurer, il ne devait pas. Il accepta l'étreinte sans se débattre, en étant bien incapable de toute façon, en ce disant qu'il pouvait bien profiter un peu.

La question de la femme le tira de ses pensées. Portant son regard vers le bouquin, Zéthos se rendit compte qu'il n'avait pas encore pris le temps de bien regarder ce qu'il venait de voler. Pouvait-il lire un livre de ce genre? Bonne question... Grimaçant sous le coup de la douleur, il porta sa main gauche à sa tête, manquant échapper son bien au passage. Le rattrapant de justesse, il ferma un instant les yeux de soulagement, laissant échapper un léger soupire. Rouvrant finalement les paupières, il dirigea son regard vers le haut, essayant d'apercevoir les traits de sa sauveuse. Croisant finalement son regard, il choisit de répondre à sa question par la positive, d'un hochement de tête, affichant un air le plus déterminé possible. En réalité, la réponse était probablement non, mais comme il était fier, il n'allait pas l'avouer. Il se disait que, peut-être, la femme serait impressionnée. En quoi cela l'aiderait? Rien, mais bon... Il avait déjà un peu honte d'avoir besoin d'aide pour se soigner en ce moment, il n'allait pas empirer la chose en avouant s'être blessé pour un bouquin qui lui était inutile. De toute façon, elle ne pourrait surement pas comprendre l'attachement qu'apportait le petit aux livres, même s'il essayait d'en parler...

Rapidement, le visage du jeune garçon se décomposa. Celui-ci dut se retenir fortement de ne pas pleurer, ses signes de temps venaient d'empirer ses douleurs à la tête. Qu'elle brillante idée aussi... Sentant les larmes s'approcher grandement, il choisit de ne pas prendre de risque et se cacha le visage dans la poitrine de la jeune femme. Au moins, de cette façon, celle-ci n'allait pas voir l'humidité aux coins des paupières du gamin. Et c'était confortable, comme position... Cela lui atténuait un peu sa douleur. Bien sûr, la blessure n'était pas refermée et, sans s'en rendre compte, il laissait des traînées rougeâtres sur les vêtements la douce âme qui ne lui voulait que du bien.

Lorsqu'il le remarqua finalement, Zéthos se sentit extrêmement mal. Ce n'était pas parce qu'il refusait d'avoir de l'aide, qu'il volait pour sa survie, qu'il était foncièrement mauvais, au contraire. Chaque vol, chaque méfait, le détruisait encore plus intérieurement, mais il s'en sortait toujours en se disant à lui-même qu'il n'avait pas le choix. Cherchant le regard de la demoiselle, il pointa l'une des taches du doigt, avant de baisser honteusement les yeux en détournant la tête, avant de les reporter de nouveau vers ceux de son interlocutrice, cherchant à savoir si elle avait compris qu'il cherchait à s'excuser, qu'il était désolé.
Zéthos
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le 19/2/2018, 09:12


C'était à se demander si Nohr n'était, après tout, pas une nation bien plus accueillante que la plupart de celles qu'elle avait visitées. Certes le climat y était rude, autant que le règne de Ganor, jusqu'à il y a quelques temps, mais elle n'aurait jamais toléré un tel traitement envers une quelconque personne, et encore moins un enfant. Et c'était sûrement ce qui faisait d'elle une piètre candidate au trône, après tout. À vouloir le bonheur de tout le monde, elle risquerait certainement de mener Nohr à sa perte, et c'était une éventualité qui l'effrayait bien assez pour qu'elle ait sérieusement considéré l'idée de laisser le trône à Leo, si Xander se retrouvait incapable de régner. Elle resterait la figure maternelle de leur fratrie, et elle s'en contentait bien assez. Autant qu'elle appréciait le réconfort que le jeune garçon entre ses bras vint chercher contre sa poitrine.

Alors, et comme si le geste était on ne peut plus naturel, Camilla glissa prudemment ses doigts dans les cheveux de l'enfant afin de tendrement les lui caresser. Resserra son étreinte autour de lui. Elle qui se languissait d'être mère se retrouvait incroyablement gâtée, depuis son arrivée à Gaia, et il lui fallait bien reconnaître qu'elle songeait sérieusement à s'installer quelque part, pour y ouvrir un petit refuge d'enfants abandonnés.

Je suis là, mon trésor.

Difficile de mettre plus de tendresse et de certitude dans un seul regard. Pourtant, l'enfant ne sembla pas réellement s'en rassurer. Visiblement coupable, il désigna l'une des tâches pour le moins inconvenantes sur la robe de Camilla et, lorsqu'il baissa la tête, cette dernière ne pût que sourire tendrement en caressant un peu mieux ses cheveux. Elle avait fait la guerre, s'était retrouvée couverte de sang plus d'une fois. Pourquoi se soucierait-elle de ça ?

Ne t'inquiètes pas. J'ai des petits frères et soeurs qui se blessaient aussi parfois. Ta blessure est bien plus importante que cette tâche.

Elle pouvait néanmoins dire adieu à sa robe, si elle ne trouvait pas un moyen efficace de nettoyer le sang qu'il y avait déposé mais, une fois de plus, elle ne s'en souciait pas. Elle aimait mieux qu'il soit soigné, et c'était actuellement tout ce qui l'inquiétait. Et si c'était un piège ? Son grand coeur la perdrait, mais elle savait utiliser la magie et il y avait là foule de boutiques où elle pourrait se servir au moins le temps de se dépêtrer.
Néanmoins, et au lieu de convenablement surveiller ses arrières, Camilla redescendit sa main dans le dos du jeune garçon et cala confortablement sa tête contre sa poitrine, avant de se redresser. Il était peut-être innocent, quel intérêt aurait-elle à inutilement se montrer hostile, ou même à l'inquiéter.

Préviens-moi si je te fais mal. Je t'emmène juste au temple, d'accord ?

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le 19/3/2018, 04:00

Un certain sentiment de nostalgie s'empara du jeune garçon, sans que celui-ci ne puisse réellement l'expliquer. Autant il ne se serait pas laisser approcher de cette façon si ce n'était de son état, autant il ne souhaitait plus que ce moment s'arrête. Il serait précipité de dire que le garçon avait confiance en cette jeune femme, mais il était prêt à refouler ses craintes, au moins quelques instants. De toute façon, avait-il le choix? C'était lui faire confiance ou risquer de mourir au bout de son sang sur les pavés, après de longues heures... Malgré tout, Zéthos essayait de garder une once de fierté, luttant contre ses larmes et l'inconscience.

Après tout, il restait un petit garçon comme un autre. Qu'avait-il d'étonnant à ce qu'il apprécit les marques d'affections? Le problème, c'est qu'il ne devait surtout, mais surtout pas, s'y habituer. Plus il prendrait plaisir dans les bras de cette femme, plus dur serait ensuite le retour à la rue. De toute façon, il était fort, il était au-dessus de ces futilités! C'est en s'attachant qu'on risquait le plus de souffrir, Zéthos l'avait compris malgré son âge, ayant perdu ses parents, puis la seule personne qu'il considérait comme un ami, un mentor.

Au moins, la dame semblait avoir compris sa gestuelle, lui affirmant que ce n'était pas grave. Elle lui dit aussi qu'elle avait des petits frères et sœurs... Que ressentait-on lorsqu'on venait d'une famille nombreuse? Étant seul depuis déjà bien longtemps, Zéthos se dit que cela devait être bien. Pendant un moment, il s'imagina avoir un petit frère, le défendre de tous les périls, comme cela fait du bien à l’ego! Pourtant, un certain malaise lui restait au travers la gorge, comme si quelque chose d'enfoui souhaitait refaire surface... Une image de flûte très grossièrement taillé fit brièvement apparition dans son esprit, avant de disparaître aussi vite. Cela eut pour seul effet de laisser le jeune garçon un peu confus et d'augmenter encore plus son mal de crâne.

Le mouvement que fit la jeune femme en se relevant fit voir des étoiles pendant quelques secondes à notre petit bonhomme. Cette fois, le livre lui échappa bel et bien des mains, sans qu'il ne s'en rendit réellement compte. Il avait peur de sombrer dans l'inconscience, ou du moins se mettre à pleurer, au moindre mouvement. Il fit donc son possible pour rester immobile. De toute façon, la dame avait pris soin de le mettre dans une position confortable donc... Il pouvait profiter à loisir de merveilleux coussins.

Le temple, il n'avait aucune idée où il se trouvait, mais cela importait peu. Sa priorité personnelle était de se soigner, de survivre et à en croire les paroles de la femme, c'était ce qu'elle comptait faire, donc tout était parfait n'est-ce pas? Pour l'autre partie de la phrase... Il n'allait certainement rien dire, oh que non. Déjà, il ne pouvait pas, mais surtout, il n'était pas un faible. Il avait l'habitude de prendre des raclés, d'endurer la douleur pratiquement en tout temps. Même si celle-ci changeait d'idée et le blessait, intentionnellement ou non, Zéthos n'était pas le genre de petit garçon qui allait s'en plaindre: ce n'était que son quotidien. D'aussi loin que ses souvenirs remontaient, il encaissait régulièrement les coups, autant d'adulte que de jeunes de son âge. Malgré qu'il faisait le fier, il n'avait jamais été doué pour la bagarre... Mais chut, ça, il ne faut pas le dire.
Zéthos
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le 30/3/2018, 11:32


« Oh non... » Sa maladresse lui arracha un regard coupable, qu'elle tenta au mieux de voiler sous le masque de tendresse qui avait pris place sur son visage. Elle n'avait aucune réelle idée de la façon dont elle devrait s'y prendre pour récupérer son livre sans le blesser. Se pencher pouvait s'avérer risqué si le choc qu'il avait reçu à la tête était important et elle n'avait pas non plus envie de prendre le risque de négliger sa cuisse. Xander lui tirerait très probablement les oreilles, le cas échéant. « Je suis navrée trésor, mais... Je t'achèterai un autre livre, d'accord ? Et même deux, si tu veux. » Sa proposition s'accompagna d'un sourire encourageant et elle se mit en route sans plus attendre. Les livres de mathématiques devaient courir les rues de toute manière, et il trouverait peut-être même mieux, plus tard. En soi, elle pouvait comprendre le fait qu'il accordait une éventuelle valeur sentimentale à ce livre en particulier, elle pourrait également comprendre s'il souhaitait réellement le récupérer. Mais la situation ne le permettait pas et, de fait, Camilla chercha soigneusement ses mots afin de le lui expliquer sans trop l'accabler. « J'imagine que tu dois aimer ce livre, mais... J'aurais eu peur de te faire mal si je l'avais récupéré. Et je ne peux pas trop en faire moi-même. » À ses mots s'ajoutèrent un petit rire tendre et elle continua : « Tu seras remis en moins de deux, et je t'offrirai un cadeau pour récompenser ton courage, d'accord ? » Elle ne pouvait pas faire bien mieux, de toute manière. Quelqu'un récupérerait très probablement son livre, si personne ne le jetait. Et puisqu'elle n'avait pas conscience de l'ampleur du choc qu'il avait subi, elle aimait mieux ne pas se risquer à retarder l'arrivée des soins dont il avait besoin.

Sur cette pensée, elle s'empressa de regagner le temple en berçant l'enfant contre elle, négligea volontairement sa blessure qu'elle sentait de nouveau lancer au niveau de sa cuisse. Rien de grave ne pouvait survenir, de toute manière. Elle avait certes le risque de voir sa plaie se rouvrir mais les soigneurs pourraient s'en charger si elle commençait à devenir bien trop problématique.
Une fois sur place, Camilla se dirigea alors vers le premier prêtre à sa portée puis lui expliqua vaguement la situation. Mieux valait ne pas éventer les raisons pour lesquelles ce pauvre enfant avait été maltraité. Elle voulait simplement qu'il soit pris en charge, après tout, le reste n'avait aucune réelle incidence sur ce fait. « Je reste à côté de toi, d'accord ? » Elle ne savait pas réellement si c'était ce qu'il voulait. Au final, elle l'avait déduit en s'appuyant sur les expériences qu'elle avait eues avec ses frères et sœurs et s'en inspirait naturellement, déposant de fait le petit sur le lit vers lequel on le mena afin de le laisser recevoir les soins dont il avait besoin.

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le 12/6/2018, 18:37

Pourquoi cette femme était-elle si gentille envers lui? Elle ne lui devait absolument rien, alors pourquoi vouloir qu'il soit soigné et même lui offrir de lui acheter des bouquins? La gentillesse dont elle faisait preuve amenait notre petit héros encore plus proche des larmes, qu'il continuait de se forcer à refouler. Non, son attitude devait cacher quelque chose, n'est-ce pas? L'être humain est égoïste, malgré son jeune âge, il avait très bien appris cela. D'accord, certains inconnus lui offraient parfois un peu de nourriture, lui témoignait un minimum de civilité, mais à ce point? Jamais. Il n'allait sûrement pas s'en plaindre... Mais tout de même, c'était étrange.

Finalement, ils arrivèrent rapidement à destination, du moins du point de vue du gamin. S'était-il évanoui? Peut-être, sinon c'était tout comme. Lorsque la femme déposa sa charge sur le lit, par pur réflexe, Zéthos agrippa les vêtements de celle-ci. Malgré les belles paroles prononcées un peu plus tôt, il avait eu peur, pendant une seconde, qu'elle ne s'en aille et le laisse seul. Il n'avait jamais été soigné par quiconque, s'étant toujours occupé lui-même de ses propres plaies et cela l'effrayait un tantinet. Bon, c'était sûrement la blessure la plus grave qu'il avait eu, d'habitude cela se résumait à de simples ecchymoses ou écorchures.

Un peu honteux de son comportement, sa fierté en prenant un méchant coup, il détourna le regard et ferma les yeux. De toute façon, ses paupières étaient bien lourdes depuis un moment déjà et cela ne lui fit que du bien. Par contre, il ne put se résoudre à relâcher sa poigne. Il était déjà trop tard pour sauver son égo, alors autant continuer jusqu'au bout et rester un gamin quelques instants... Il espérait seulement qu'elle ne lui en tiendrait pas rigueur. Certes, cette personne semblait être la bonté incarnée, elle semblait réellement vouloir le bien de Zéthos, mais peut-être qu'elle n'allait pas apprécier l'initiative du jeune.

Gardant les yeux fermés tout le long de l'opération, perdu dans ses pensées, il ne remarqua aucunement ce que fit le prêtre pour le soigner. La fatigue, après toutes les aventures de la journée, commençait grandement à l'assaillir, mais il devait lutter. Sa fierté avait déjà pris trop cher aujourd'hui, il devait la préserver un minimum. Finalement, il rouvrit les yeux, cherchant à croiser le regard de sa sauveuse. Se pointant, il forma un mot avec ses lèvres, ne laissant bien sûr échapper aucun son. Si elle était assez douée, elle pouvait y lire le nom du gamin. Celui-ci pointa ensuite la femme, essayant d'incliner légèrement la tête, en signe interrogatif. C'était peut-être idiot, mais il souhaitait apprendre le nom de la personne qui avait été si gentille envers lui. Qu'est-ce qu'il ferait de cette information? Même lui n'en avait aucune idée.
Zéthos
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