3615 Roi Marchand battu. - Ofelia

le 4/2/2018, 21:40

Constantine avait toujours détesté le climat de Pallas. Trop froid. Trop sec. Trop constant. Et voilà qu'il le détestait sûrement même encore plus maintenant qu'il y était confronté, nu comme un ver et démuni de toute possibilité de se réchauffer. Il avait souvent connu des situations embarrassantes, lors des trois années qu'il avait passées à s'entraîner à Thalarius, bien heureusement masqué pour éviter de se faire remarquer. Mais rien n'avait jamais été au niveau de ce qu'il subissait actuellement. En soi, le fait d'être dénué de ses vêtements n'était pas plus gênant que d'ordinaire et la plupart des habitants d'Aphreol savaient pertinemment que Constantine se fichait joyeusement de voir ses fesses affichées un peu partout dans la cité. Le plus dérangeant dans cette affaire était le froid, mordant, dont il tentait désespérément de protéger sa fierté, au détriment du reste.

Quant au pourquoi du comment il en était arrivé là...
Constantine grimaça. Ciel, qu'il haïssait les femmes de Pallas. Aussi frigides que leur pays ! Impossible de leur faire du charme sans se retrouver avec toute une armurerie sous le nez. Pourtant, il avait tenté sa chance. D'humeur sûrement masochiste, il s'était risqué à approcher une ravissante créature aussi sublime que trop peu habillée – c'était à se demander si certaines d'entre elles n'étaient pas douées d'une peau capable d'automatiquement réguler leur température – et... s'était retrouvé totalement nu dans la minute qui avait suivi. Et dans un contexte qui le déplaisait autant qu'il le refroidissait. Littéralement.
Dans d'autres circonstances, il aurait assurément adoré perdre ses vêtements dans un festival de coups de griffes et d'épées. Là en revanche... Il en avait presque envie de retourner à Aphreol sans même prendre la peine de se présenter au souverain de Pallas. Pourquoi était-il venu, pour commencer ? Pallas était la pire nation de Gaïa, après Istus. Mais il avait besoin de négocier un énième contrat qu'il n'avait aucune envie de déléguer à Veena.

Ruminant donc la frustration sourde qui le faisait trembler au même titre que les basses températures de Thalarius, Constantine reprît sa route à travers le palais et bifurqua presque automatiquement vers l'endroit où se situaient habituellement ses appartements. Sans prêter la moindre attention à qui risquait de le voir. Il avait besoin d'un bain brûlant, de vêtements, et d'un café au moins aussi brûlant que son bain. Pas de s'encombrer des regards étranges que les Pallois lui jetaient. Néanmoins, l'idée du café fût rayée de sa liste dès l'instant même où il passa par l'une des fenêtres du palais et, un peu plus frustré, Constantine se dépêtra maladroitement du tas de neige où il avait été jeté. Venait-il réellement d'être défenestré simplement parce qu'il avait demandé à une domestique de lui apporter un café ? Aimablement en plus ?

 Espèce de vieux pervers cinglé ! Allez vous habiller !

Difficile de mettre plus de dégoût dans un seul regard. Regard sur lequel Constantine ne s'attarda pourtant pas et, sans un mot, le roi marchand releva sa tête pour... La perdre au sein d'un paradis aussi chaud que moelleux. Un réconfort étonnamment bienvenu pour sa pauvre tête torturée.
Et s'il n'avait aucune idée de ce dont il s'agissait, la chaleur et la tendresse des deux choses qu'il avait sous son nez lui semblaient bien plus importantes que le reste. Où avait-il atterri ? Il n'en avait aucune idée, mais il aimait ce qu'il sentait.

— Je suis sûrement mort...

Oui c'était ça. Sûrement mort.
Constantine
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le 4/3/2018, 10:57

Parfois Ofelia passait une bonne journée... de manière toute relative. Si elle passait une courte nuit sans cauchemarder, elle considérait qu’elle pouvait commencer à travailler dans la joie et la bonne humeur, ce qui se traduisait par une attitude froide, neutre et silencieuse, pas vraiment différente de celle des mauvais jours donc. Prenant un soin extrême à ne rien laisser paraître, elle mettait sans doute davantage d’enthousiasme à s’acquitter de ses tâches quotidiennes, la plupart consistant en une suite ininterrompue de travaux à effectuer jusqu’à tard le soir. Elle s’était donc levée pleine d’énergie alors que le soleil ne s’était pas encore levé, n’avait même pas haussé un sourcil en se lavant à l’eau froide et avait pris une rapide collation avant d’aller faire ses exercices du matin dans une cour vide, seulement animée par les soldats faisant leur ronde. Puis elle s’était rendue dans la salle de repos, s’était brièvement entretenue avec la garde royale afin de préparer au mieux la future entrevue entre son souverain et le roi marchand arrivé la veille. Elle n’avait jeté qu’un bref coup d’oeil à la tête couronnée avant de retourner à ses tâches quotidiennes, suffisamment pour remarquer une attitude nonchalante dont elle ne parvenait pas à distinguer si elle était réelle ou simulée... et les regards intéressés qu’il jetait à toute femme passant à portée. La vassale s’était contentée de hausser les épaules et était partie au temple déposer son offrande du jour, avant de retourner au palais s’occuper de la pile de parchemins qui l’attendaient.

Ce qu’elle pensait des invités de son roi, elle n’en disait rien. Elle n’en pensait pas grand chose d’ailleurs, si ce n’était en terme de sécurité de son seigneur et maître. Elle s’était renseignée sur le roi marchand, avait froncé les sourcils en lisant toutes les informations contradictoires qu’elle avait pu rassembler et était arrivée à la conclusion qu’elle devrait donc se méfier de lui et ne pas le laisser approcher sa majesté de trop près. Néanmoins, comme sa vassale avait fait bonne impression sur le roi et son fils -chose qu’elle tenait pour un miracle quasi divin- elle tenterait de rester d’une neutralité de bon aloi durant l’entretien des deux souverains, sans sortir son épée dès le début. Après tout, n’oublions pas qu’elle était d’excellente humeur. La journée était belle, les températures agréables -du moins pour quelqu’un de Pallas- et au sein du palais elle pouvait se permettre de ne pas porter son armure en permanence, ce qui était non seulement confortable mais en plus agréable (cela ne l’empêchant pas cependant de garder son épée à portée de main, elle n’était après tout pas dénuée de bon sens). Plongée dans ses rapports jusqu’en milieu de mâtinée, Ofelia estima qu’une petite pause serait la bienvenue... pause consistant en réalité à faire le tour du palais pour s’entretenir avec les soldats et avoir connaissance du moindre incident.

Cela aurait dû être une journée agréable, elle avait après tout si bien commencé. Jusqu’à ce que la guerrière n’aperçoive une scène curieuse ponctuée d’un « pof ! » sonore, signe que la personne visiblement nue qu’elle avait vue passer par une fenêtre (fort heureusement à une hauteur modeste) venait d’atterrir dans un tas de neige, et était a priori vivante et entière. Ça n’était absolument pas habituel et Ofelia n’aimait pas ce qui entravait une routine bien huilée. Aussi se dépêcha-t-elle de s’approcher de... l’homme volant et fronça les sourcils en entendant l’une des domestiques crier par la fenêtre « Espèce de vieux pervers cinglé ! Allez vous habiller ! ». Ah. Elle qui essayait de ne pas se faire une opinion trop rapide sur le pourquoi d’absence de vêtements de la personne présentement dans la neige, se demandait si elle ne devait pas sortir de sa neutralité légendaire pour... « Je suis sûrement mort... » La tête de l’homme -car oui, visiblement ç’en était un, aucun doute là-dessus- venait de rencontrer sa poitrine dévoilée par les lacets de sa chemise qu’elle avait desserrés après l’entraînement. C’était inattendu, c’était un accident et c’était inconvenant. Mais ça faisait beaucoup de choses pour une journée qui aurait dû se dérouler sans la moindre anicroche.

Repoussant fermement celui qui avait l’air de passer un bon moment, la vassale s’apprêtait à le tancer vertement jusqu’à ce qu’elle se rende compte que ce n’était pas un soldat qui se tenait face à elle nu comme un ver, mais celui qui était sensé rencontrer son roi dans quelques heures. « ... » Muette de stupeur, Ofelia se figea. Qu’était-elle sensée faire dans ce genre de situation ? Les relations sociales n’étant pas du tout sa tasse de thé, elle n’était pas préparée à faire face à ça ! Ses yeux firent un rapide aller-retour et elle décida que c’était sans doute plus correct de le fixer dans les yeux que sous la ceinture. Et que s’agenouiller pour le saluer pourrait sans doute prêter à confusion. Après une interminable minute à le fixer dans le blanc des yeux, elle soupira et retira sa cape pour la draper sur les épaules du roi nu. « ... vous n’êtes visiblement pas habitué à ce genre de températures votre majesté. » Un petit soupir s’échappa de ses lèvres. Elle devrait sans doute le mettre au chaud, histoire qu’il n’attrape pas des engelures non ? Et dire que sa journée était déjà bien trop chargée à son goût... « Rentrons ou vos extrémités vont geler et tomber. » Rassurante, comme toujours. Et visiblement imperméable à l’interprétation que l’on pourrait donner à ses propos.

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le 7/3/2018, 08:52

La journée pouvait difficilement s'aventurer vers de plus mauvais auspices. S'il était arrivé à Pallas en un seul morceau et rayonnant d'une bonne humeur trop chaleureuse en comparaison au climat glacial de Thalarius, Constantine ne doutait absolument pas de voir tout son enthousiasme s'effriter avant la fin même de la journée. Tout y était bien trop dépaysant et déprimant, froid et agaçant. Aphreol était une ville pleine de vie, de sourires et de personnes dangereuses et stupides certes, mais elle vivait bien assez pour vendre du rêve à tous ceux qui aimaient leur liberté. Rien à voir avec la prison glacée où il avait atterri.
Et la perspective lui déplaisait bien assez pour le renfrogner un peu plus alors même qu'on l'arrachait du paradis dans lequel son nez s'était retrouvé.
Il attendît le coup qui était supposé venir lui cueillir la mâchoire un moment. Un trop long moment, même. Sans broncher. Sans même s'en effrayer, d'ailleurs. Il le méritait et il ne s'en plaignait pas plus que du fait qu'il avait sûrement l'air terriblement ridicule, à l'heure actuelle.
Pourtant, et en dépit de ce qu'il pensait, le poing qui aurait dû le sonner fût employé à couvrir ses épaules et il releva des yeux ronds comme des billes à la détentrice de la poitrine de rêve dans laquelle il avait atterri.

... vous n’êtes visiblement pas habitué à ce genre de températures votre majesté.
Il est vrai, mais vous ne comptez pas me frapp--
Rentrons ou vos extrémités vont geler et tomber.

Constantine se redressa presque instantanément. Qu'elle parle de ses doigts, de ses orteils ou même de son nez, tout lui allait, mais si ces extrémités-ci pouvaient tomber alors pourquoi pas celle du bas ? Quand bien même il la protégeait farouchement de ses mains, le froid ne l'épargnerait sûrement plus pour longtemps et l'idée même de perdre une partie aussi importante et identitaire de son anatomie suffit à lui donner chaud. Très chaud. L'angoisse n'était pas connue que pour ses sueurs froides après tout, et Constantine lui-même pouvait parfois être victime d'une petite montée de stress.

Navré d'avoir fini le nez dans votre poitrine de cette façon, s'excusa-t-il néanmoins en resserrant la cape sur ses épaules d'une main. L'acte n'était évidemment pas volontaire mais je ne tenais pas à faire montre d'autant d'impudence.

Si son sourire était assuré au possible, sa voix traduisait clairement son appréhension et Constantine dut se faire violence pour ne pas lui envoyer, en toute franchise, qu'elle était douée d'un réconfort aussi glacé que sa nation. Lui ? Amer ? À peine. Mais à défaut d'être tombée sur une adorable femme toute de douceur et d'attention, il pouvait au moins se conforter dans l'idée qu'elle était cruellement jolie. Glaciale mais jolie.
Elle n'était qu'à peine plus petite que lui, maintenue dans une posture qui hurlait presque ses compétences martiales et, si elle semblait aussi expressive qu'un merlan frit, il pouvait difficilement nier ses traits à la fois matures et curieusement juvéniles. Elle avait assurément dépassé la vingtaine depuis un moment, mais les années l'épargnaient étonnamment bien. Ou alors peut-être était-ce simplement grâce aux informations qu'il avait, qu'il savait qu'elle ne faisait curieusement pas son âge.
Ofelia. Vassale du roi de Pallas et femme aussi ferme que la loyauté qu'elle vouait à son souverain. Si elle avait été aussi délicate que jolie, Constantine en serait très probablement tombé amoureux. Au lieu de quoi, il se contenta simplement de noter que ses yeux étaient aussi vertigineux que ses lèvres, puis s'empêcha de divaguer un peu trop loin afin d'ajouter :

Je vous suis volontiers. J'aimerais conserver ce qu'il me reste de dignité.

Ses mots se ponctuèrent d'un petit rire nerveux et il continua :

Ceci dit... Vous pensez que vous pourriez m'obtenir un café ? Votre carrure n'est évidemment pas celle d'une simple domestique du palais, mais je crois qu'elles risquent de m'avoir un peu en horreur, pour l'instant. Et j'aime mieux ne pas faire honneur à la mauvaise partie de ma réputation.

Un harceleur sexuel, un coureur de jupons, un débauché, un macho, et toutes ces joyeusetés aussi fausses que cruellement déplacées. S'il était effectivement un amoureux des femmes, Constantine n'avait pas le souvenir d'avoir déjà osé en toucher une irrespectueusement sans son accord, et n'aimait pas non plus l'idée d'être perçu comme un pervers exhibitionniste. Il était galant, certes versé dans la flatterie et la subtilité mais galant. Et malheureusement abonné aux situations qui laissaient généralement penser le contraire.

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le 9/3/2018, 20:51

En toute logique Ofelia aurait dû frapper l’intrus, juste pour le principe. Mais il s’agissait du roi marchand. Un invité de son roi. Or ses désirs de violence n’avaient dans ce cas aucune importance. Pour le bien du royaume et des futurs contrats passés entre les deux souverains, elle devait juguler son envie d’abandonner là cet homme nu et d’aller s’occuper de l’entraînement des soldats. Elle n’en doutait pas un instant, la triste situation dans laquelle il se trouvait n’était absolument pas bonne pour les affaires de Pallas et -bien qu’elle ne soit absolument pas la mieux placée pour cela- il fallait qu’elle arrange les choses. Néanmoins elle n’avait pu s’empêcher de lâcher quelques mots soigneusement choisis à l’apparente innocence mais à l’ironie réelle... dont elle-même n’avait pas conscience. Elle n’était pas douée pour cela, parler aux gens dans un cadre autre que martial. Elle ne faisait pas preuve de tact, se contentait d’énoncer les faits tels qu’ils étaient, ou se taisait tout simplement par peur de vexer ou de choquer. Devait-elle confier cette mission à quelqu’un d’autre ? Sans doute, mais c’était son devoir de vassale de... « Navré d'avoir fini le nez dans votre poitrine de cette façon. L'acte n'était évidemment pas volontaire mais je ne tenais pas à faire montre d'autant d’impudence. »

En plus d’être nu et impudent, il était bavard. Cet homme n’avait rien de commun avec ceux qu’elle fréquentait au quotidien et qui lui vouaient un respect empreint de crainte... et de pitié. Lui cependant, ne la fixait pas comme les soldats de Pallas, ne l’admirait pas. Ne se complaisait pas dans un silence digne mais au contraire le meublait de banalités qui ne lui étaient pas habituelles. Incapable de trouver une réponse spirituelle et aimable, la vassale se contenta d’un silence prudent et regarda droit devant elle en marchant d’un pas rapide. Elle veilla pourtant à calquer sa démarche sur celle de « l’invité royal » pour ne pas le distancer, lui jetant de brefs coups d’oeil, légèrement contrariée par cet accident inattendu. Que penser de lui ? Il était... bien loin de ce qu’elle considérait nécessaire à la fonction de roi. « Je vous suis volontiers. J'aimerais conserver ce qu'il me reste de dignité. » Pas ou peu de dignité donc et pas de vêtements. Il n’était pas à sa place, pas à son aise ici. Sans doute Trithereon était un royaume plus adapté à ce genre de comportement... inattendu. Pas Pallas. Ici tout répondait à une stricte rigueur militaire, chacun respectait sa place et...

« Ceci dit... Vous pensez que vous pourriez m'obtenir un café ? Votre carrure n'est évidemment pas celle d'une simple domestique du palais, mais je crois qu'elles risquent de m'avoir un peu en horreur, pour l'instant. Et j'aime mieux ne pas faire honneur à la mauvaise partie de ma réputation. » La guerrière se figea et haussa un sourcil interrogateur. « Vous avez enfoui votre tête dans leurs poitrines à elles aussi ? Ou bien seulement présenté nu ? » ... elle n’avait définitivement aucun tact. Sans attendre de réponse, elle reprit sa route et le conduisit jusqu’aux appartements qu’on lui avait attribués. L’endroit était richement décoré, les murs ornés de pierres luminescentes qu’on ne trouvait qu’à Pallas. Un feu brûlait dans la cheminée et des fourrures bien chaudes reposaient sur le lit. Rien de semblable à ses propres quartiers qui respiraient une hygiène de vie spartiate et austère. Sans un mot, elle rajouta une bûche dans l’âtre et se tourna vers le roi marchand. « Je reviens. » Laconique, avare en paroles aimables, Ofelia n’était définitivement pas faite pour la diplomatie. Néanmoins ce fut avec détermination qu’elle attrapa le premier serviteur qui eut le malheur de croiser sa route pour débiter d’un ton monocorde la liste de ce qu’elle voulait, puis relâcha le pauvre homme afin de retourner auprès du roi marchand.

Quelques minutes plus tard débarquaient une dizaine de domestiques qui s’affairèrent avec une efficacité mêlée de tension, et repartirent aussi vite qu’ils étaient venus, laissant une cafetière au contenu fumant, une baignoire remplie d’eau chaude et une soupe brûlante.

« Rendez-moi ma cape. » La voix d’Ofelia s’était élevée, d’une neutralité effarante, voir même désespérante. Hum, sans doute devait-elle reformuler sa demande. A bien y réfléchir, ce n’était peut-être pas ainsi qu’elle devait s’adresser à un roi. « ... Vous devriez prendre un bain pour vous réchauffer. Et ensuite vous nourrir un peu. Vous avez brûlé beaucoup d’énergie à cause du froid, vous n’avez pas l’habitude. » Ses mots étaient maladroits, hésitants, comme si elle parlait une langue étrangère. Depuis trop longtemps elle avait pris l’habitude que ses ordres soient parfaitement compris par ses subalternes, que ses propos soient entièrement saisis par son roi qui savait exactement comment les interpréter. Mais là... Un soupir lui échappa et elle tourna le dos à Constantine afin de lui verser une tasse de café. Vraiment... cette journée aurait dû être beaucoup plus simple.

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le 10/3/2018, 13:09

— Vous avez enfoui votre tête dans leurs poitrines à elles aussi ? Ou bien seulement présenté nu ?

Visiblement aussi aimable que rassurante et, en définitive, remarquablement rancunière. Ou tout du moins, c’étaient là les seuls traits de caractère que Constantine était capable de lui accorder. Elle était aussi belle que décourageante. À la fois affirmée et pourtant bien trop déroutante. Est-ce qu’elle était vexée ou est-ce qu’elle n’avait juste pas envie de lui parler ? Quel comportement devait-il adopter ? Pour la première fois depuis longtemps, Constantine se retrouvait aussi démuni de mots que de vêtements. Il avait l’habitude de bavarder avec de nombreuses personnalités aussi différentes que surprenantes. De devoir adapter son caractère en fonction de ses interlocuteurs mais Ofelia, elle, constituait une première fois qu’il n’était absolument pas ravi de découvrir. Essentiellement parce qu’elle semblait parfaitement imperméable à tout ce qu’il pouvait lui dire.

— Non, répondît-il néanmoins dans un sourire navré. J’aurais volontiers tenté de me présenter autrement que nu mais j’ai du faire face à un incident relativement… Embêtant.

Il n’aimait pas réellement les mots qu’elle employait. Loin de là même. Il n’avait pas « enfoui » sa tête dans sa poitrine. Il n’avait d’ailleurs eu aucune volonté à le faire et s’y était retrouvé par un heureux hasard qui l’avait mené à la fâcheuse situation dans laquelle il se retrouvait désormais.
Pourtant, et parce qu’il ne voyait aucun intérêt à se justifier, Constantine ne prit même pas la peine de lui expliquer le pourquoi du comment il s’était retrouvé dépouillé de ses vêtements,  s’empressa simplement d’aller se caler près du feu brûlant dans la cheminée de la chambre qui lui avait été accordée. Ciel qu’il détestait le froid. Comment avait-il pu tenir les quelques années qu’il avait passées dans ce pays ?
Il n’était pas forcément adepte de la nudité, mais il aimait encore moins l’idée de devoir constamment s’emmitoufler.

— Je reviens.

Constantine ne lui accorda qu’un regard, attendît qu’elle sorte pour finalement souffler.
En d’autres circonstances, il aurait sûrement voulu la séduire, tenter de se l’approprier et réussir le challenge qu’elle semblait représenter tant pour sa fierté personnelle que pour les bonnes grâces qu’elle aurait pu lui apporter.
En d’autres circonstances, il n’aurait pas été totalement nu, enveloppé dans une cape qui ne bloquait qu’à peine le froid et d’humeur aussi exécrable que le climat de Pallas. Et plus le temps passait, plus il se disait que ce pays n’était définitivement pas fait pour l’accueillir, même provisoirement.

Alors, à défaut de s’y attarder, Constantine s’empara du contrat qui l’avait mené jusqu’ici et le feuilleta brièvement pour s’en assurer les avantages, juste le temps de se réconforter. Au moins, il ne repartirait pas les mains vides.
De fait, la soudaine activité dans sa chambre ne lui arracha pas plus d’intérêt que de raison et il attendît patiemment que tout soit fini pour finalement reporter son attention sur la vassale du souverain de Pallas. Ou tout du moins fut-elle celle qui l’obligea à relever le nez de son contrat, un sourcil haussé et l’air aussi surpris que déconcerté.

— Rendez moi ma cape.

À peine eût-il le temps de répondre qu’elle révisa elle-même ses mots pour lui indiquer, avec plus ou moins de fermeté, qu’il aurait mieux fait de vite se réchauffer. La maladresse qu’il entendît dans sa voix allégea un peu la légère méfiance qu’il lui vouait et Constantine se laissa aller à sourire une nouvelle fois, de façon aussi aimable et désolée qu’auparavant.

— Vous êtes une vassale prévenante. Votre roi a de la chance.

La flatter n’était sûrement pas utile mais, une fois encore, il n’avait là aucune idée de comment se comporter. S’excuser ne rimait sûrement à rien, pas plus que la remercier et ce fût sur cette pensée que Constantine dirigea ses pas vers le bain, brûlant, qui l’attendait.
Tout d’abord silencieux, il prît soin de déposer la cape qu’il avait jusqu’alors sur ses épaules près de la baignoire et se laissa couler dans l’eau chaude, le corps parcouru de multiples frissons absolument ravis.

— … Un bain brûlant est réellement le meilleur des réconforts, souffla-t-il comme pour lui-même.

Il frémit de plus belle lorsqu’il sentit ses muscles finalement se détendre de la tension qui les nouait, ferma les yeux et ne les rouvrit que quelques secondes après, pour les glisser sur Ofelia.
Il n’était pas réellement de meilleure humeur mais il se sentait bien moins ridicule et anxieux que quelques instants auparavant.

— … Vous ne devriez pas en faire autant, je devrais pouvoir me débrouiller. Je m’en veux déjà de vous en avoir autant demandé.

Il ne mentait qu’à moitié. S’il n’était pas contre l’idée d’être chouchouté, Constantine savait pertinemment que, de roi, il n’avait que le titre. Aucune couronne légitime ne siégeait sur sa tête. Et le comportement d’Ofelia, plutôt que de le réconforter, suffisait simplement à le lui rappeler.

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le 18/3/2018, 11:23

Si une chose était sûre, c’était qu’Ofelia était adaptée au royaume de Pallas et à aucun autre. Nulle part ailleurs on lui aurait pardonné son attitude froide et rigide, ses manières sans aucune délicatesse et ses mots manquant de tact. De cela, elle en avait terriblement conscience, dès qu’elle se retrouvait face à un étranger. D’habitude elle restait droite et silencieuse derrière son roi, prête à agir au moindre mot, au moindre geste. Elle se comportait un peu comme une arme que son souverain manierait par les mots, comme une arme qui agissait d’elle-même pour protéger l’homme auquel elle avait dédié sa vie. Le reste ne l’intéressait pas, n’avait pas la moindre importance à ses yeux. Elle avait abandonné l’idée d’une existence personnelle, d’une attache sentimentale, d’une vie tout simplement. Les jours se ressemblaient, formaient un long ruban aux aspérités qu’elle franchissait d’un pas égal et régulier, le fil se déroulait encore et encore. Ses jours et ses nuits formaient une mécanique parfaitement huilée qui répétait le même schéma encore et encore.

Aux yeux de la jeune femme, le roi marchand était un grain de sable capable de faire dérouiller la précise machine qui régulait sa vie. Et elle n’aimait pas l’imprévu. Depuis ce jour tragique où elle avait été brisée par un dieu et l’horreur de la guerre, Ofelia s’appliquait à tout prévoir. Ce mécanisme de défense avait viré à l’obsession, ce qui faisait d’elle une vassale efficace et prête à agir à tout instant... et une personne aux manières détestables et brutales se désintéressant de tout pour se concentrer sur son unique objectif. Ainsi, elle pouvait tout à fait comprendre qu’aux yeux d’un étranger elle pouvait passer pour une créature grossière et impolie. Si elle en ressentait une pointe de gêne, ne sachant pas comment se comporter, elle préférait se concentrer sur des objectifs simples dont un occupait en permanence son esprit : agir dans l’intérêt de son roi. Aussi Ofelia en était arrivée à la conclusion suivante : pour le bien du royaume et de son seigneur, elle devait « réparer » le mal qui avait été fait au roi marchand. Même si elle estimait qu’il méritait sans doute de se retrouver nu dans la neige et de perdre ses extrémités.

« Vous êtes une vassale prévenante. Votre roi a de la chance. » La guerrière haussa un sourcil et jeta un coup d’oeil à l’étranger, un peu dubitative. Est ce que son roi avait de la chance ? Elle n’y avait jamais réfléchi à vrai dire. Incapable de trouver quoi répondre, elle se contenta d’un « hm. » laconique et concentra son attention sur le café qu’elle versa soigneusement dans une tasse. Lorsqu’elle se retourna, Constantine se détendait déjà dans la baignoire et ce fut avec précaution qu’elle lui apporta sa tasse de café et la déposa sur une petite table à côté de lui. « … Vous ne devriez pas en faire autant, je devrais pouvoir me débrouiller. Je m’en veux déjà de vous en avoir autant demandé. » A nouveau, elle haussa un sourcil étonné et le fixa d’un air incrédule. N’était-ce pas son devoir ? D’agir dans l’intérêt de son roi, encore et toujours ? « Je ne comprends pas. » Elle avait choisi la franchise plutôt que le silence pour une fois. Consciente que son comportement aussi glacial que les sommets de Pallas pouvait heurter l’invité prestigieux, elle préférait être honnête.

« Je fais juste mon devoir. J’agis dans l’intérêt de mon roi. Je... ne comprends pas pourquoi vous vous en voudriez. » Ses mots étaient incertains, un peu confus. C’était bien la première fois qu’on lui disait plus ou moins qu’elle en avait assez fait. Elle n’en faisait jamais assez, du moins à ses propres yeux. Elle pouvait et devait faire plus, c’était... sa raison de vivre. Sans cela, que lui restait-il ? Le simple fait d’avoir du temps libre la contrariait, la paniquait même un peu, au point qu’elle trouvait toujours quelque chose à faire. Si elle tombait d’épuisement le soir venu, elle ne trouvait que rarement un sommeil tranquille, assaillie de cauchemars sans fin. Elle préférait se noyer dans le travail, avoir toujours l’esprit occupé par l’intérêt de son roi. C’était ce qui la faisait avancer jour après jour, mais elle avait fini par effacer le moindre intérêt, la moindre passion de son existence. Elle avait finit par considérer comme normal de dédier sa vie à un autre, d’en faire toujours plus. Et voilà qu’un étranger, un autre roi, remettait cela en question sans s’en rendre compte.

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le 18/3/2018, 13:24

« Je ne comprends pas. » La réponse ne le prit qu’à peine de court. En soi, le fait qu’elle s’attelle d’elle-même à son bien être personnel avec un détachement pourtant trop prononcé prouvait presque très clairement qu’il y avait tout un univers entre elle et Veena. Comment aurait-elle pu comprendre, de toute manière ? Parce qu’elles étaient justement différentes, il ne pouvait pas réellement lui expliquer que sa vision d’une vassale ne concordait pas réellement à celle qu’elle lui imposait actuellement.
Là où sa protectrice – et protégée – à lui ne se serait pas gardée de lui tirer les oreilles et de le menacer de bien pire la prochaine fois, Ofelia semblait faire preuve d’une mesure aussi remarquable que mécanique. Comme son inquiétude, en vérité. Son comportement était finalement aussi paradoxal que déconcertant et, quand bien même il était habitué aux caractères étranges auxquels il était parfois confronté, Constantine ne comprenait pas plus qu’elle la situation dans laquelle ils se retrouvaient tous les deux.

« Je fais juste mon devoir. J’agis dans l’intérêt de mon roi. Je... ne comprends pas pourquoi vous vous en voudriez. » « Pourquoi pas ? » Constantine lui lança un regard aussi curieux que dubitatif. S’il saisissait désormais un peu mieux la raison pour laquelle elle se dévouait tant à réparer une faute qui n’était pas la sienne, il n’en avait pas moins un mal fou à comprendre pour quel étrange motif elle semblait bien plus concernée par l’image de son roi que par sa propre personne. Il n’en méritait pas tant. Il n’en demandait même pas tant, au final. Le confort dans lequel il se trouvait à l’heure actuelle suffisait amplement à détendre un peu plus ses muscles que le froid avait rendus douloureux. De quoi raviver un peu plus sa bonne humeur tuée dans l’oeuf par le climat aussi glacial que les femmes de cette nation. « Vous êtes vassale, pas domestique, et vous n’êtes pas plus coupable que votre roi de l’incident qui est arrivé. Vous en êtes même partiellement victime, si vous me le permettez. »

Il n’aimait pas spécialement l’idée de se culpabiliser, pas plus qu’il n’aimait le cours que cette discussion prenait. Mais, et parce qu’il avait une image à entretenir, Constantine s’empara de sa tasse de café dans un sourire qu’il voulait reconnaissant, puis continua : « Pour être honnête, je suis même surpris de vous voir faire preuve d’autant de zèle. Ma propre vassale m’aurait sûrement jeté dans ce bain en me faisant savoir que j’ai bien mérité la situation dans laquelle je me suis retrouvé. » Sa voix sembla s’adoucir, imperceptiblement. Il ne tenait pas spécialement à revenir sur ses actes, ni à faire preuve d’ingratitude, mais il ne pouvait pas non plus accepter un altruisme passif lui-même justifié par le bien être d’un roi. Il n’aurait lui-même jamais accepté cela. « Je ne tiens pas à vous imposer mon avis, pas plus que je ne veux remettre en doute vos capacités de vassale. J’entends simplement que n’avez pas nécessairement besoin d’aller aussi loin dans… L’abnégation, dans le cas présent. Vous êtes parfaitement en droit de me reprocher ce que j’ai fait et même de m’insulter. Je vous ai manqué de respect en tant que personne. Pas en tant que vassale. Vous êtes une femme avant d’être une guerrière, non ? »

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le 1/4/2018, 13:06

« Pourquoi pas ? » Décidément, cet homme était déroutant en plus d’être excessivement contrariant. Etait-ce un trait commun à tous les souverains ? Sans doute, Ofelia devait bien avouer que parfois le caractère taquin de son propre roi était épuisant de son propre avis. Et il était contrariant, appuyant toujours là où c’était le plus douloureux, obligeant les autres à se confronter à leurs propres faiblesses. Pourquoi le laissait-elle faire au lieu de l’abandonner pour aller noyer ses regrets dans une taverne perdue au fin fond des montagnes ? Ah oui, elle l’admirait et lui vouait une telle loyauté qu’elle était prête à répondre à la moindre de ses demandes. Ce n’était pas le cas avec le roi marchand. Il ne prêtait pas à l’admiration, en tous cas pas selon les principes pallassiens. Certes, le fait qu’il se soit hissé au rang de roi alors même qu’il n’avait pas une goutte de sang royal pouvait prêter à l’admiration... si cela n’avait pas été le cas dans son propre royaume. Seule la puissance comptait à Pallas, mais si le roi avait réussi à occuper son trône aussi longtemps, c’était bien parce qu’il était doté d’autres qualités que seulement d’une force impressionnante. Oui Constantine et le souverain de Pallas avaient beaucoup en commun... seulement le roi marchand n’avait pas cette... sobriété que possédait celui à qui Ofelia avait voué son existence.

« Vous êtes vassale, pas domestique, et vous n’êtes pas plus coupable que votre roi de l’incident qui est arrivé. Vous en êtes même partiellement victime, si vous me le permettez. » La jeune femme haussa les épaules, l’air de dire qu’elle avait connu bien pire et que cela lui était indifférent. Tant qu’il ne tenait pas rigueur au royaume de sa mésaventure, alors elle se fichait qu’il se soit retrouvé la tête dans sa poitrine. C’était -comme il l’avait dit- un incident. Et ce n’était pas elle qui avait terminé nue dans la neige. Elle ne comprenait pas pourquoi il faisait preuve d’attention à son égard, voir même de... compassion ? C’était étrange et un peu désagréable. Comme s’il remettait en question son dévouement, comme si ce n’était pas normal qu’elle soit d’une loyauté sans faille à son roi et que sa dévotion ne connaissance pas de limite. « Pour être honnête, je suis même surpris de vous voir faire preuve d’autant de zèle. Ma propre vassale m’aurait sûrement jeté dans ce bain en me faisant savoir que j’ai bien mérité la situation dans laquelle je me suis retrouvé. » Un petit soupir échappa à la guerrière qui posa un regard presque choqué sur son interlocuteur. « ... votre vassale est... hum. Elle a fait grande impression sur notre roi mais également sur le prince. » Peut-être valait-il mieux qu’elle garde pour elle le fait qu’elle trouvait cela absolument scandaleux de traiter son roi ainsi. Mais peut être que Veena avait ses raisons. Après tout, son souverain manquait cruellement de retenue et Ofelia n’était pas certaine d’agir autrement si leurs positions étaient inversées.

« Je ne tiens pas à vous imposer mon avis, pas plus que je ne veux remettre en doute vos capacités de vassale. J’entends simplement que n’avez pas nécessairement besoin d’aller aussi loin dans… L’abnégation, dans le cas présent. Vous êtes parfaitement en droit de me reprocher ce que j’ai fait et même de m’insulter. Je vous ai manqué de respect en tant que personne. Pas en tant que vassale. Vous êtes une femme avant d’être une guerrière, non ? »  « Non. » Sa réponse avait fusé sans qu’elle marque la moindre hésitation. Elle avait depuis longtemps abandonné tout ce qui faisait d’elle un être sensible et doté d’amour-propre. Elle était un outil au service de son roi et cela lui convenait bien plus que de devoir se pencher sur le marasme inquiétant de ses émotions qu’elle avait enfermé à double-tour au plus profond d’elle-même. Mais elle se voyait mal expliquer cela à un homme qui ne semblait suivre que ses propres fantaisies. « Je ne vis que pour servir mon roi et mon royaume. Aussi ce que je pense n’a que peu d’importance. Je conçois être très différente de votre vassale, mais mon devoir passe avant tout et le reste ne compte pas. » C’était sans doute difficile à saisir pour un être aussi individualiste, qui n’avait sans doute compté que sur lui-même pendant une partie de sa vie. Mais ainsi était Pallas. « Notre royaume croit en l’unité, aussi un individu ne devrait pas considérer ses propres désirs au détriment du besoin du groupe. Que j’ai pu être brièvement contrariée par votre... apparition dénudée ne doit pas mettre en péril les relations de Pallas et Trithereon. Et de votre bien-être dépendent ces relations. C’est aussi simple que cela. »

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le 4/4/2018, 10:08

« ... votre vassale est... hum. Elle a fait grande impression sur notre roi mais également sur le prince. » Il ne s'en étonna même pas. Veena était exubérante – parfois même trop – mais douée d'une diplomatie qui le surprenait parfois bien assez pour lui rappeler qu'elle n'était pas juste une petite mage de Trithereon. Et qu'il valait mieux ne pas réellement la sous estimer. Elle venait d'Istus, après tout. Née au sein d'une famille noble elle avait, de fait, reçu une éducation sociale qui avait fait d'elle la jeune femme impitoyable en affaire qu'elle était aujourd'hui et Constantine lui-même aimait mieux ne pas avoir à traiter avec elle un jour. Parce qu'elle était sa meilleure force et sa pire faiblesse. Essentiellement parce qu'elle le connaissait bien assez pour pertinemment savoir sur quels tableaux il était capable de jouer. Et c'était bien en partie pour cette raison qu'il s'évertuait à fermement la garder à ses côtés.
Pourtant, et parce qu'il était bien conscient du manque de bon sens qu'était le fait de comparer une femme à une autre – même si l'une d'entre elle semblait dénuée de toute féminité –, Constantine préféra ne pas s'aventurer dans une discussion hasardeuse sur les qualités négociatrices de Veena, au profit d'un sujet finalement bien plus houleux.

« Non. Je ne vis que pour servir mon roi et mon royaume. Aussi ce que je pense n’a que peu d’importance. Je conçois être très différente de votre vassale, mais mon devoir passe avant tout et le reste ne compte pas. » La réponse lui arracha une brève grimace à peine cachée par sa tasse et il se contenta de patiemment attendre d'avoir ne serait-ce qu'une idée de ce qu'il devait répondre. « Notre royaume croit en l’unité, aussi un individu ne devrait pas considérer ses propres désirs au détriment du besoin du groupe. Que j’ai pu être brièvement contrariée par votre... apparition dénudée ne doit pas mettre en péril les relations de Pallas et Trithereon. Et de votre bien-être dépendent ces relations. C’est aussi simple que cela. » Il avait beau essayer, beau faire, beau tenter, il ne comprenait absolument pas. Les quelques années qu'il avait passées à Pallas lui avaient bien évidemment appris que leur nation était tout l'inverse de Trithereon et de l'univers dans lequel il vivait, mais elles n'avaient en rien su lui inculquer ces valeurs et, quand bien même l'idée lui aurait été exposée, Constantine l'aurait tout simplement rejetée. Il avait tout fait presque seul, jusqu'à maintenant, n'avait compté que sur lui-même et sa propre force et avait appris à ses dépens que le monde marchand était aussi cruel qu'individuel. Ses premiers amis étaient finalement devenus les fondations de son élévation et il n'avait désormais plus le moindre scrupule à sacrifier ses alliés les plus anciens dans son propre intérêt, lorsque l'initiative était nécessaire. Pourtant, et paradoxalement, il refusait fermement l'idée que Veena puisse faire passer le profit de la guilde avant sa personne – s'il ne le lui avait pas préalablement, et discrètement, ordonné. Mais dans les limites du respectable.  

Au final, il avait tout simplement l'impression d'être enfermé dans un cercle vicieux où il marchait constamment sur des œufs. Pallas était une nation de valeurs basées sur l'abnégation, de ce qu'il en déduisait. Il s'en fichait, en toute honnêteté. L'intérêt qu'il y portait n'était que commercial et ce débat n'avait de sens pour lui que parce qu'Ofelia l'intéressait en tant que femme. Fait qu'il se garda bien de démontrer alors qu'il reposait sa tasse de café sur le côté, les yeux rivés sur elle et le visage éclairé de son éternel sourire aimable. « Navré de vous avoir comparée à Veena. J'imagine que c'était déplacé de ma part au vu du mode de vie totalement opposé de nos deux nations. Néanmoins, je ne compte pas baser mes relations avec Pallas sur le comportement d'une seule femme. Je vous respecte et vous remercie de votre hospitalité, mais elles n'influeront pas sur les relations que je peux entretenir avec votre roi. Auquel cas, j'aurais également pu mettre un terme à notre accord simplement parce que j'étais vexé que votre prince ait amoché ma vassale. » Ses mots se ponctuèrent d'un rire gêné, à peine sincère pour qui le connaissait, néanmoins cruellement crédible, pour d'autres. « Et c'est en partie pour cette raison que j'aime mieux que vous ne fassiez pas preuve d'autant d'altruisme à mon égard. Je sais faire la différence entre une rencontre professionnelle et une rencontre... « privée ». Mais si vous tenez tant à faire amende d'erreurs qui ne sont pas les vôtres, vous y arriverez probablement mieux en acceptant de venir dîner avec moi. »  

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le 11/5/2018, 21:21

C’était le jour et la nuit. Deux conceptions différentes qui s’affrontaient sans pouvoir s’accorder. Ofelia ne parvenait pas à concevoir la vie autrement que par le prisme de son devoir. Trop douloureux de seulement imaginer une vie qu’elle vivrait seulement pour elle et personne d’autre. Que deviendrait-elle alors ? Cette perspective l’effrayait et elle refusait de l’envisager. C’était pour cela qu’elle ne comprenait pas le roi marchand. Se doutait-il qu’elle était terrorisée par sa façon de voir les choses, et non pas une femme simplement froide et ennuyeuse ? Sans doute pas. Personne ne voyait à travers le masque, personne sauf son roi et de rares proches qui avaient été témoins du drame qui l’avaient frappée. Et cela l’arrangeait. Elle décourageait les gens afin qu’on la laisse en paix, pour qu’on ne la sorte surtout pas de ce confortable état de machine où elle s’appliquait à ne rien ressentir.

Cela aurait dû le décourager. Il aurait dû la congédier avec agacement et elle aurait repris sa routine rassurante avant de se coucher épuisée pour grapiller quelques heures de sommeil volées aux cauchemars qui l’assaillaient. Mais il gardait les yeux rivés sur elle avec ce sourire si énervant, si déconcertant qu’elle rêvait de lui faire perdre -de manière violente de préférence- afin de se sentir mieux. Pourquoi ? Elle avait pris l’habitude de tenir les gens à distance, mais lui s’obstinait à se rapprocher. Et à finir la tête dans son décolleté. Est ce qu’elle en était contrariée ? L’évènement lui paraissait tellement incongru qu’elle avait encore de la peine à croire ce qui s’était passé. Mais un homme avait terminé la tête dans sa poitrine. C’était le contact le plus intime qu’elle avait vécu en plus de dix ans. Et ce qui l’inquiétait, c’était que ça ne l’émouvait pas plus que cela. Etait-elle encore humaine ou bien un bloc de glace avait refroidi définitivement son coeur ?

« Navré de vous avoir comparée à Veena. J'imagine que c'était déplacé de ma part au vu du mode de vie totalement opposé de nos deux nations. Néanmoins, je ne compte pas baser mes relations avec Pallas sur le comportement d'une seule femme. Je vous respecte et vous remercie de votre hospitalité, mais elles n'influeront pas sur les relations que je peux entretenir avec votre roi. Auquel cas, j'aurais également pu mettre un terme à notre accord simplement parce que j'étais vexé que votre prince ait amoché ma vassale. » Elle ne trouva rien à dire. Rien à justifier. Oh elle aurait pu protester en disant que le combat était justement le fait de sa vassale qui avait parfaitement saisi les traditions pallassiennes en proposant un duel à l’héritier. Malgré sa blessure, elle avait remporté l’adhésion du roi et du prince, ce qui n’était pas une mince affaire, et s’était ménagée une place de choix à la cour. Mais elle ne dit rien. Les gens pensaient qu’elle n’était que le bras armé du roi, qu’elle se contentait d’obéir mécaniquement aux ordres. Un vrai chien savant. Mais elle observait, étudiait, analysait en permanence. Elle ne parlait pas ou peu, c’était tout.

« Et c'est en partie pour cette raison que j'aime mieux que vous ne fassiez pas preuve d'autant d'altruisme à mon égard. Je sais faire la différence entre une rencontre professionnelle et une rencontre... « privée ». Mais si vous tenez tant à faire amende d'erreurs qui ne sont pas les vôtres, vous y arriverez probablement mieux en acceptant de venir dîner avec moi. » La vassale ne répondit pas, parfaitement immobile, le visage neutre à peine animé d’un regard étonné. L’incongruité de la demande la laissait sans voix. Un dîner ? Pour quoi faire ? Objectivement, elle ne parvenait pas à voir ce qui motivait la demande du roi marchand. Refuser était une option a priori plus sage. Mais si elle refusait, elle risquait de le vexer et elle ne pouvait pas prendre ce risque. « … je ne comprends pas pourquoi vous voulez dîner avec moi. Je n’ai pas de conversation. Je prends mes repas avec les soldats habituellement, ou dans mes appartements, seule. » Elle ne comprenait pas. Mais son devoir était clair. « J’accepte. » C’était sa mission après tout. Faire en sorte que tout se passe pour le mieux. Même si cela revenait à se socialiser… chose qui la mettait très mal à l’aise. Elle devrait… parler… tenir une conversation… si seulement il lui avait demandé quelque chose de plus simple, combattre une wyverne à mains nues par exemple.

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le 27/7/2018, 15:07

« J'accepte.»

Constantine s'octroya le droit de lui répondre d'un sourire presque trop charmant.

« Je ne désire pas dîner avec vous simplement pour votre talent à la conversation, si cela peut vous rassurer. »

Il se garda bien d'avouer qu'il doutait sincèrement de ses capacités à faire montre d'un semblant de sociabilité, au vu de la façon dont elle participait à leur discussion. Mais il lui fallait bien reconnaître qu'il n'en pensait absolument pas moins. De ce que Veena lui avait confié, Ofelia était aussi froide que potentiellement capable de lui plaire, et force était de constater qu'elle avait cruellement raison : Constantine se sentait l'envie furieuse de la courtiser mais se heurtait toutefois à un mur qui le dissuadait bien vite d'essayer. Sans pourtant le pousser à reculer. Tant parce qu'elle semblait user d'un système de défense en tous points différents du sien que parce que quelque chose en elle lui rappelait un souvenir aussi agréable que lointain. Son odeur. Ou sa voix peut-être. Probablement sa poitrine. L'éventualité encombra son crâne d'une multitude de questions dénuées de sens et Constantine s'empressa de les chasser pour se focaliser, une fois de plus, sur Ofelia. Sans regarder sa poitrine.

« Mais je ne vous invite pas en tant que vassale du roi de Pallas. »

Quand bien même un refus l'aurait probablement déçu, il était presque évident que l'idée même qu'elle s'y oblige simplement parce qu'elle répondrait ainsi à son « devoir » lui laissait un arrière-goût amer sur la langue. Il l'invitait en tant que femme, pas en tant que vassale.

« Je vous propose un rendez-vous, pas à une rencontre politique ou même négociatrice. De fait, vous êtes libre de le refuser si l'idée en elle-même vous met mal à l'aise. »

Il ne doutait pas le moins du monde du refus auquel il s'exposait. Il savait à quoi il se risquait mais faire preuve d'attention et de compréhension était l'un des premiers pas vers une relation un tant soit peu convenable. Et c'était ce qu'il lui fallait s'il tenait à s'en rapprocher.
La machinerie lui arracha un bref sourire satisfait et il se laissa un peu plus couler dans son bain sans la quitter des yeux, bien trop à l'aise pour se décider à en sortir dès maintenant. Il n'était que trop rarement guidé par de bonnes intentions, mais ses bassesses lui réussissaient généralement plutôt bien.

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le 15/8/2018, 15:51

« Je ne désire pas dîner avec vous simplement pour votre talent à la conversation, si cela peut vous rassurer. » Ofelia ne savait pas si c’était rassurant ou non, mais elle était légèrement soulagée de ne pas avoir à tenir une discussion intéressante. Elle n’avait rien d’intéressant à dire après tout. Mais s’il ne comptait pas sur une conversation passionnante, quel était l’intérêt de l’inviter à dîner ? Qu’attendait-il d’elle ? Plissant les yeux légèrement, la vassale examina avec attention le roi marchand, contrariée de ne pas réussir à se débarrasser de cette impression familière, sans parvenir à mettre le doigt dessus. Il était compliqué pour elle de se projeter dans une situation pareille. D’autant plus quand son interlocuteur persistait à la voir comme une personne digne d’intérêt. « Mais je ne vous invite pas en tant que vassale du roi de Pallas. » Le haussement de sourcil de la jeune femme fut sa seule marque de surprise, mais ceux qui la connaissaient bien diraient que c’était déjà exceptionnel. Elle était la vassale du roi de Pallas, elle n’était plus une personne à part entière depuis plus de dix ans. Pourquoi cela paraissait si compliqué à comprendre pour Constantine ? Elle n’avait plus de rêve ou d’envie, plus d’espoir, que des regrets et son devoir à l’esprit en permanence.

« Je vous propose un rendez-vous, pas à une rencontre politique ou même négociatrice. De fait, vous êtes libre de le refuser si l'idée en elle-même vous met mal à l'aise. » Elle devait refuser. Elle voulait refuser. Après tout, cela la mettait dans une situation qu’elle ne maîtrisait pas et c’était dangereux. Elle avait appris à tout maîtriser, à tout prévoir, pour le bien de son roi et du royaume. Et sans doute pour se protéger aussi, de façon inconsciente. Mais avait-elle pour habitude de fuir le danger ? Non, alors elle ne fuirait pas cette situation, aussi inconnue et inconfortable fût-elle. Et elle ne parvenait pas à oublier son devoir, ce devoir qui achevait de la convaincre qu’elle devait accepter. « J’ignore ce que vous attendez de ce… rendez-vous. Mais je ne reviendrai pas sur ce que je vous ai dit. J’accepte, bien que je ne sache absolument pas comment je devrais me comporter en ces circonstances. Mais n’oubliez pas que je reste la vassale du roi de Pallas quoi qu’il arrive. »

Elle n’était pas une lâche. Il y avait quelques années, elle était même « une vraie tête brûlée ». Elle avait appris dans la douleur à faire preuve de retenue et de circonspection. En revanche, elle était désormais peut être trop prudente. Analyser en permanence ce qu’il se passait, penser à mille et une choses : c’était tout bonnement épuisant. On s’adressait toujours à elle en ayant sa fonction à l’esprit. Avec le temps elle était devenue ce qu’on attendait d’elle : efficacité, rigueur, exigence. Et l’on ignorait la personne au profit du rôle qu’elle jouait. Alors oui, c’était effrayant. Mais peut être que c’était exactement ce dont elle avait besoin : qu’on s’intéresse à elle pour ce qu’elle était réellement. Au fond, peut être bien qu’Ofelia n’était pas tout à fait morte ce jour-là. Peut être qu’elle s’était cachée à un endroit qu’elle n’était plus en mesure d’atteindre toute seule. « Que suis-je sensée faire majesté ? »

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le 24/8/2018, 09:50

« J’ignore ce que vous attendez de ce… rendez-vous. Mais je ne reviendrai pas sur ce que je vous ai dit. J’accepte, bien que je ne sache absolument pas comment je devrais me comporter en ces circonstances. Mais n’oubliez pas que je reste la vassale du roi de Pallas quoi qu’il arrive. »

L'avertissement, plutôt que de l'effrayer, lui arracha un léger sourire satisfait.
Il n'en doutait pas. Assurément pas. Veena lui avait fait comprendre qu'Ofelia était une femme davantage définie par son rôle que par sa personnalité. Une véritable machine qu'il mourrait d'envie de découvrir sous d'autres aspects que celui qu'elle arborait. Pourquoi ? Par curiosité, sûrement. Par besoin de se dire, égoïstement, qu'il avait réussi à voir ce que d'autres n'avaient jamais vu. Et il n'allait pas le nier : en dépit de son visage fermé, elle n'en demeurait pas moins terriblement séduisante. Ses cicatrices ? Il ne s'en préoccupait pas plus qu'il ne les regardait. Ses formes parlaient pour elle, au même titre que les traits de son visage, et il aurait menti en avançant qu'il n'aurait pas volontiers profité d'une folle nuit dans ses bras.

« Que suis-je sensée faire majesté ? »

Vous déshabiller, ne pût-il évidemment s'empêcher de penser. Sa vassale l'aurait passé à tabac. Ofelia aussi, probablement. Ou alors aurait-elle tout naturellement pris la liberté de le noyer dans son bain ridiculement chaud, quand bien même il sentait l'air commencer à se rafraîchir autour de lui.
Sa peau halée se para d'un frisson désagréable mais Constantine garda fermement ses bras de chaque côté de la baignoire, rejeta doucement sa tête vers l'arrière afin de continuer à regarder la vassale de son hôte.

« Que voulez-vous faire ? »

Il ne tenta même pas de cacher le sourire taquin qui s'était installé sur ses lèvres. Le fait qu'elle ait visiblement fini par accepter sa proposition de son plein gré suffisait à le détendre un peu plus. Bien assez pour l'amener à agir de façon un peu plus familière avec elle. De toute manière, au vu de la position dans laquelle ils se trouvaient, il n'avait que son intimité à déplorer.

« Je vous avouerai que l'idée de dîner dehors ne m'enchante pas plus que de raison, je n'ai déjà pas envie de sortir de ce bain. »

Et il n'avait pas la moindre honte à reconnaître qu'il était frileux. Il venait du désert, avait passé la majeure partie de sa vie à Trithereon et se retrouvait, de fait, habitué à des températures bien plus agréables que le froid déprimant de Pallas.

« Je pensais à dîner ici, si cette éventualité vous va. Et si c'est le cas... J'imagine que vous aurez au moins envie de passer par votre chambre avant de revenir, non ? »

Il regretta sa question dès qu'elle fut posée. Il la voyait sans peine lui demander pour quelle raison elle aurait besoin de passer par ses appartements. Et il se voyait mal lui-même lui conseiller d'au moins se changer. En soi, il ne s'en souciait pas plus qu'il ne s'en offusquerait. Constantine avait beau aimer les jolies femmes coquettes et séduisantes, Ofelia était douée d'une féminité qui lui était bien assez propre pour lui donner un charme qu'il ne pouvait assurément pas négliger. Mais il ne tenait pas non plus à ce qu'elle en vienne à avoir l'impression de devoir l'assister dans tout ce qu'il ferait. Je devrais sortir de ce bain, pour commencer.

À regrets, Constantine se redressa alors en attrapant la serviette posée près de la baignoire et se sécha rapidement avant de retrouver le peignoir, doux et moelleux, qu'il avait laissé sur son lit. Et Ofelia ? Il le saurait, si ce genre de libertés la gênait.

« Vous êtes libre de faire ce que vous voulez ce soir, pour être honnête. »

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le 30/9/2018, 19:04

« Que voulez-vous faire ? » Ah, voilà une question qui ne trouvait pas de réponse. Vouloir, en règle général, n’était pas une chose familière à Ofelia. Ou du moins ne l’était plus. Elle étouffait le moindre désir personnel lorsqu’il naissait, afin de ne pas ressentir, se transformant peu à peu en bloc de glace inexpressif et incapable de communiquer autrement que par monosyllabe. Alors qu’elle cherchait désespérément une réponse, l’évidence la frappa : elle ne savait pas ce qu’elle désirait, elle n’avait aucune envie. Et le pire dans tout cela ? C’était qu’elle n’était pas plus perturbée que cela par cette révélation. Peut-être parce qu’elle se tenait encore et toujours à distance de ses pensées et de ses ressentis. « Je vous avouerai que l'idée de dîner dehors ne m'enchante pas plus que de raison, je n'ai déjà pas envie de sortir de ce bain. »

Si elle avait été plus démonstrative, Ofelia aurait lâché un soupir de soulagement. Constantine venait plus ou moins explicitement de lui indiquer quel choix faire. « Je pensais à dîner ici, si cette éventualité vous va. Et si c'est le cas... J'imagine que vous aurez au moins envie de passer par votre chambre avant de revenir, non ? » La jeune femme haussa un sourcil d’un air interrogatif puis hocha la tête en hésitant un peu. Oui évidemment. Elle avait encore sa chemise portée lors de son entraînement et un bain rapide ne serait sans doute pas de trop. « C’est une bonne idée. Je vais… » Elle s’interrompit, le voyant sortir du bain. En effet… il était peut être temps de sortir pour quelques minutes… « Vous êtes libre de faire ce que vous voulez ce soir, pour être honnête. » « Nous dînerons ensemble ce soir. Je ne recule jamais. »

Sans un mot de plus, elle s’éclipsa et rejoignit ses appartements d’un pas vif et nerveux. A la place d’un bain chaud, elle se contenta d’eau froide pour se laver sans sourciller. Au lieu d’un lit douillet surmonté de fourrure, une couche spartiate surmontée d’une couverture grise et austère. Pas de peignoir moelleux. Pas de chambre accueillante. Un lieu froid à son image… et pour la première fois, cela la dérangea légèrement. Le contraste entre la présence lumineuse du roi marchand qui emplissait la pièce toute entière, et ce lieu pourtant familier, était frappant. Pensive, elle attrapa une chemise et la reposa presque aussitôt. Elle n’avait rien qui aurait pu convenir à une telle situation. Elle avait bien porté une robe lors de la dernière réception -un peu contrainte par la malice de son souverain- mais s’en était débarrassée dès la soirée terminée. D’habillé, elle n’avait que sa tenue d’apparat d’un noir profond… et déprimant. Un uniforme de soldat de bonne facture mais qui ne convenait pas à un dîner avec un roi.

Un peu perturbée par ce manque de diversité dans sa garde-robe, elle se contenta alors d’une chemise propre et d’un pantalon de laine bien coupé. Rien de très féminin finalement. Elle se contenta de nettoyer soigneusement ses bottes et jeta une cape sombre sur ses épaules avec un soupir. Pourquoi donc le roi marchand tenait donc à dîner avec elle ? Elle n’était pas intéressante. N’avait pas de conversation. N’était pas spécialement jolie, d’ailleurs son air sévère et renfrogné n’incitait pas les gens à venir vers elle. Elle ne comprenait pas. Ce fut presque avec une pointe d’angoisse qu’elle retourna aux appartements de l’invité de son roi, hésitant à frapper à la porte. Elle ne reculait jamais. Attrapant un serviteur au passage (et repoussant par la même occasion le moment fatidique), elle demanda qu’un repas digne de leur royal invité soit monté. Pour deux personnes.

Et à l’air stupéfait qu’on lui présenta, elle se contenta de hausser les épaules et de tourner le dos à son interlocuteur pour se diriger d’un pas décidé vers la chambre du roi marchand. Frappant trois petits coups secs, elle n’attendit pas de réponse pour entrer. Elle n’avait pas reculé. Mais à présent, elle sentait qu’elle allait évoluer en terrain inconnu. Et cela ne lui plaisait pas du tout. « J’espère ne pas vous avoir fait trop attendre. »

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Ofelia
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